Memovelo

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Henri Bellivier (1890-1980)

 

 

 

 

 

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 7 fois finaliste cu championnat de France de vitesse amateurs, Henri Bellivier fut trois fois champion de France et ce maillot tricolore, il le porta trois fois en 1913, 1920 et 1921. Le "site du cyclisme" l'honore d'une photo coloriée par B. Paris.

 

 

 Le championnat d’Europe à Bordeaux : 

 

 

Le 30 mai 1920, au Parc des Princes à Paris, le championnat de France de vitesse amateurs est gagné par Henri Bellivier, licencié au Vélo Club Levallois, devant G. Perin (Paris) et G. Paillard (Paris). On pourrait croire à une affaire entre Parisiens. Mais, Henri Bellivier avait déjà conquis ce titre en 1913 à Nantes. Il était alors licencié au Sport Athlétique Bordelais.

 

Le journal « l’Athlète » en date du 19 juin 1920 annonce la prochaine réunion au Stadium de Talence et pose la question : « vitesse :  Bellivier est-il le meilleur de nos amateurs ? » et rajoute : « Lanusse fut-il comme il le prétend irrégulièrement battu ? »

Or, le 5 juillet 1920, le championnat d’Europe se dispute sur le vélodrome du Parc à Caudéran. Il est possible de s’interroger sur cette compétition et ce titre et, plus, sur son organisation à Bordeaux, car il nous manque les noms des autres concurrents qui n’ont pu accéder à la finale.

Celle-ci donne le résultat suivant : 1. Charles Lanusse  (BSC) 2. Henri Bellivier (Paris VCL) 3. Albert Cantou (SAB).

 

Charles Bidon, le rédacteur en chef de « l’Athlète » rédige en 1948 (le 22/4) un article, dont le titre évoque la visite de Bellivier au journal : « Un quart d’heure avec Henri Bellivier ».

A ce moment, Bellivier est en déplacement à Bordeaux ayant quitté provisoirement la nouvelle mission qu’il mène au Maroc au titre de la FFC.

A l’ouverture de l’entretien, la conversation des deux hommes revient sur « l‘incident survenu à Caudéran en 1920 au cours de la finale du championnat d’Europe. Ch. Bidon raconte : « Ah ! sécrie-t-il (Bellivier) en soupirant, Charles Lanusse et Albert Cantou peuvent se vanter de m’avoir fait perdre ce jour-là un beau titre. Je ne m’en suis jamais consolé et je n’ai jamais compris comment Cantou avait pu aller à terre ». 

Ce retour en arrière (Bidon : « trente ans en arrière sous les acacias en fleurs du vélodrome du Parc ») ne dissipe pas nos incertitudes. Pas seulement dans le sport ou en sprint à vélo, nul n’ignore que « trois, c’est toujours deux contre un », alors pourquoi la finale à trois ? d’autant plus que, parfois, cela se joue à quatre… Un peu plus loin nous avons lu que Bellivier aurait perdu par la faute d’un « routier » (Cantou n’est pas un pur sprinter ou un pistard comme le sont Lanusse et Bellivier), (Albert Cantou (1889-1958) champion de Gironde des 100 km sur route en 1910, 2ème du Tour du Sud-Ouest en 1919 derrière Louis Luguet). 

 

 

 

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Les Jeux Olympiques à Anvers en 1920 ont reçu la participation d'une Equipe de France, dont on peut retrouver une photo dans le sujet consacré à Charles Lanusse-Réchoulet (. les Grands Anciens)          

Cet « incident » n’empêche pas ce petit monde de se retrouver à Anvers où se dispute entre août et septembre la VII ème olympiade. L’équipe de France de cyclisme en vitesse amateurs est en effet composée de H. Bellivier, C. Lanusse, G. Perin et G. Paillard. Dans cette compétition, c’est Charles Lanusse qui, repêché puis éliminé en demi-finale, a obtenu le meilleur résultat. Le podium est ainsi composé : 1. H. Peeters (N.L.) 2. H. Johnson (G.B.) 3. H.Ryan (G.B.). De son côté, H. Bellivier dispute aussi l’épreuve du tandem en compagnie de Georges Perin, mais le titre revient aux Britanniques Lance et Ryan. Cependant, lors du Grand Prix de Paris (amateurs), qu’il a déjà gagné en 1913 et 1914, Henri Bellivier termine deuxième derrière le champion olympique, le Hollandais Peeters.

 

 

 

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Peeters et Bellivier, Buffalo 1922.

 

Bellivier est un Girondin

 

 

Dans le journal « Haute Gironde » (4/7/2009), Christophe Meynard le dit être né à Saint-André -de-Cubzac, le 6 juin 1890. C’est cette date que reprend Wikipedia dans l’article consacré à Bellivier. De son côté, Charles Bidon dans l’interview cité plus haut (1948) le fait naître à Berson. Il semble acquis que ses parents sont employés aux chemins de fer et qu’il a son premier vélocipède à l’âge de 8 ans. Apprenti serrurier-forgeron, il achète à 16 ans sa première bicyclette de marque « Elvish ». On sait peu de choses sur ses premiers résultats, mis à part qu’ils ont lieu sur la route « dans les courses de village le dimanche ».

Gabriel Belliard, dans le « livre d’or du cyclisme girondin » (1934), le signale parmi les coureurs ayant fréquenté les pistes bordelaises entre 1901-1910, parmi les derniers cependant avec A. Bougon et E. Baudoin, juste avant les Lanusse, Dumercq… Ce qui se conçoit pour un non-Bordelais. Bellivier a 20 ans en 1910.

Justement, le 25/9/ 1910, il se classe 2ème derrière A. Millox dans le Grand Prix de vitesse de Bordeaux.

 

A partir de 1911, il accède à la dimension nationale : le 11 juin, à Tours, il figure sur le podium du championnat de France de vitesse que remporte Albert Tournié (SAB) et devant B. Etcheverry (Bayonne). Il est indiqué licencié à Saint-André-de-Cubzac. La même année, il est deuxième du Grand Prix de Paris derrière Bey.

 

C’est le 15 juin 1913, à Nantes, qu’il obtient son premier titre national en vitesse amateurs :

  1. Henri Bellivier (SAB)  2. L. Berger (CASG Paris)  3. A. Grenier (CASG Bordeaux)

Le 21 septembre, à Vincennes, il gagne le Challenge National de vitesse avec le SAB, en compagnie de Lanusse et Pardiès.

 

 

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Trois champions de France de vitesse avant 1914 : (de G. à D. Hourlier, Fournié et Bellivier.

 

 

En 1914, il gagne le championnat de vitesse (amateurs) Guyenne et Gascogne organisé à La Réole : 1. Bellivier 2. Lanusse 3. Pardiès. Puis, au vélodrome du Parc, il devient champion du sud-ouest (amateurs) devant Lanusse (CASG) et Cantou (VC Lion), le résultat l’indique licencié au CASG.

Le 7 juin, il réalise 12’’ 3 au 200m lancé. Toujours licencié au CASG.

Le 5 juillet, il gagne son premier Grand Prix de Paris devant G. Ulysses (N.L.) et W.A. Ormoston (G.B.)

 

 

Le soldat, le cycliste et la « Grande Guerre »

 

 

1913 : le soldat de 1ère classe Henri Bellivier est « autorisé par décision ministérielle à participer aux championnats du monde de cyclisme sur piste qui se déroulent à Berlin.

1914 : parti au Danemark pour les championnats du monde, ceux-ci sont annulés en raison de la guerre. Il lui faut 21 jours pour regagner la France en passant par l’Angleterre.

Il est ensuite incorporé au 3ème régiment d’infanterie coloniale à Bordeaux, puis il est affecté au ministère de la Guerre.    

 Aux environs de Verdun, du côté d’Argonne, il contracte la fièvre typhoïde et il tarde à s’en remettre.

 

Au sortir de la guerre et après ses déboires, mais aussi marqué par la perte de nombreux camarades tombés au front, Bellivier reprend la compétition. En 1920, il se classe deuxième du Grand Prix de Paris (amateurs) derrière le champion du monde, le Hollandais Peeters, futur champion olympique. Cette épreuve qu’il a déjà remportée en 1914, il la gagnera une deuxième fois en 1921.

 


 
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 Henri Bellivier, vainqueur du Grand Prix de Paris en 1921, au vélodrome de Vincennes.

 

 

La même année, il est vainqueur du Grand Prix de Copenhague, épreuve par handicap dans laquelle il triomphe des champions scandinaves : Ellegaard, Andersen…et, il endosse à cette occasion la réputation de « terrible démarreur ». L’année suivante, il gagne le Grand Prix de Varsovie et se voit offrir un chronomètre en or avec sonnerie, « une petite merveille pour l’époque ».

 

En 1922, sur la piste municipale du vélodrome de Vincennes, il abandonne son maillot tricolore au profit de Lucien Michard (qui sera bientôt champion olympique (1924) puis du monde chez les « pros » (1928). En 1923, lors des derniers tours de piste au vélodrome du Parc, il est encore champion de Gironde (T.C.) devant Lanusse et Arsicaut.

 

 

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 Départ de la finale du championnat de France de vitesse amateurs : de g. à d. Cugnot, Morel, Michard, Bellivier

 

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 Vélodrome municipal du Bois de Vincennes, arrivée de la finale du championnat de France 1922 : 1. Michard  2. Bellivier.

 

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 La passation de pouvoir : Henri Bellivier, tout sourire, serre la main du nouveau champion, Lucien Michard qui baisse la tête vers ce nouveau maillot... (les photos proviennent du site Gallica de la BnF)

 

 

Alors qu’au plan national, la relève est assurée par Michard, bientôt assisté de Faucheux, il s’efface, en 1925, au Parc des sports de Lescure devant Marcel Verdeun (Jeunesse sportive des Chartrons). 

 

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 Lucien MICHARD, futur champion olympique puis du Monde va dominer le sprint français avec Lucien FAUCHEUX (futur directeur du stade-vélodrome de Lescure) jusque dans les années trente. Viendra ensuite la période GERARDIN...

 

 

 

L’après-carrière, les années 1930

 

 

Dans le cadre du protectorat français du Maroc (1912-1956), Henri Bellivier devient le président du Comité du Maroc de la fédération française de cyclisme. Il est aussi membre du Comité directeur de la F.F.C., président du Club des Aquitains girondins et, bientôt,

Directeur du vélodrome de Casablanca .

H. Bellivier relance le Tour du Maroc, dont la première esquisse date de 1921 (par le colonel Sée sous le commandement du maréchal Lyautey).  En 1951, avec l’Union cycliste de Meknès et en collaboration avec « l’Echo du Maroc », l’épreuve a lieu du 9 au 15 mai en sept étapes avec deux jours de repos (1. Attilio Redolfi  2. Gino  Sciardis) .

En 1953, à Casablanca, H. Bellivier lance une course de six jours sur une piste en bois de 166m dans le cadre du salon du cycle et de la moto.

Au départ du Tour du Maroc 1955, il y a 85 concurrents, 17 équipes pour 10 étapes entre le 14 et le 24 avril. Sur sa lancée, H. Bellivier pose la candidature du Maroc pour l’organisation des championnats du monde sur le circuit d’Anfa : 11 km avec la côte du Lido. Il s’agit de « vanter l’œuvre de la France au Maroc ».

En 1957, quelques coureurs de la métropole se produisent au Maroc et Francis Anastasi (2ème de Milan-San Remo 1954) gagne le « Petit Tour du Maroc ». 

En 1958, dans le sillage de Drissi Sidi Mohamed dit « Ben Brahim » (6ème de Bordeaux-Eymet en 1955), de nouveaux coureurs marocains viennent courir en Guyenne. Ils sont licenciés au SBUC. Parmi eux, Mohamed El Gourch qui se révèle dans Bordeaux-Saint-Aulaye en deux étapes et qui gagne en 1959 le « Grand 8 baignois » devant Bonnecaze, Deloche et Friou. Futur vainqueur de 4 Tours du Maroc, El Gourch participera plusieurs fois à la « Course de la Paix » et au Tour de l’Avenir.

 

  

Ses qualités d’organisateur et d’animateur le désignent déjà en 1937 pour être le délégué d’une tournée de propagande de l’Exposition internationale de Paris aux Etats-Unis. Au-delà du cyclisme, il est à l’origine de nombreuses manifestations sportives : traversée du port de Casablanca à la nage, courses de moto-cross, de racers, de stock-cars, matches de base-ball.

A côté du sport-spectacle à l’américaine, il devient l’animateur de divers salons : arts ménagers et de l’enfance, vins et alimentation, automobiles, cycles et motos… A 73 ans, il dirige la foire internationale de Tanger, organise des voyages touristiques à l’étranger et des concours d’élégance…

 

 

De Saint-André de Cubzac (1890) à Ambilly (1980)

 

 

Si, depuis 2009, une rue de Saint-André de Cubzac porte son nom, il est plus surprenant d’apprendre qu’en Haute-Savoie un gymnase (celui du collège Jacques Prévert à Gaillard) dans l’agglomération annemassienne, après décision du conseil municipal en 1998, porte aussi son nom.

En effet, gaillardin depuis 1964, Henri Bellivier, lui le sprinter, avait choisi cette commune des Alpes pour s’y retirer. Il y est décédé le 14 mars 1980.

 

 

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Jusqu'au bout Henri Bellivier a conservé son "Elvis" de 1905, qu'il donne à la ville de Gaillard peu de temps avant sa mort, en 1977.

 

 

 

 

Nos remerciements vont à Christophe Meynard, journaliste à « La Haute Gironde », auteur de « Un champion cycliste natif de Saint -André », (4 juillet 2009) et, aussi de « Henri Bellivier (1890-1980) » dans « Femmes et hommes célèbres de Haute-Gironde », éditions Association des pays de Blaye et de Bresse, 2018. 

Et, pour ces deux articles :

-« A l’âge des souvenirs, Henri Bellivier, champion cycliste raconte une brillante carrière », le « Dauphiné » du 16 février 1976.

- « Henri Bellivier » , in « Sports », gaillard contact n°69

 

Christophe Meynard est président de l’ARHAL, l’association historique du Cubzaguais qui nous a confié ici quelques cartes postales et prépare une édition des mémoires autobiographiques d’Henri Bellivier.



15/01/2022
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