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Jean-Claude ROBERT (1942-2019)

 

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La grande plage de Royan (la Grande Conche) et le boulevard F. Garnier. En médaillon, Jean-Claude Robert élève au Lycée de Royan, écoutant les conseils de notre jeune professeur d'EPS, sorti de l'ENSEPS, Jacques Brossard.

 

 

Jean – Claude ROBERT  (1942- 2019) 

 

 

Royan, boulevard Frédéric Garnier : c’est une longue ligne droite qui borde la Grande Conche (la grande plage de Royan), sur laquelle se sont disputées cinq arrivées d’étape du Tour de France (vainqueurs : Pagès en 1939, P. Baffi en 1957, W. Plankaert en 1966, Van Ryckeghem en 1968, C. Guimard en 1972). D’autres lignes droites ont servi dans Royan pour l’arrivée d’autres grandes épreuves : surtout l’avenue de Verdun pour le criterium de la côte de Beauté (Dolhats en 1959) et les premiers championnats de France de l’OSSU en 1960 (Guérin et Izier) et le boulevard du colonel Robert Baillet pour l’édition 1961 de ces mêmes championnats.

Sur le boulevard F. Garnier débute l’avenue Emile Zola sur laquelle se situe le Collège de Royan, ouvert au début du XXème siècle sous le magister du maire de la ville F. Garnier. L’établissement est devenu collège d’Etat en 1924 (principal M. Broussin, le père d’un futur professeur de médecine, handballeur du BEC, plus tard président du CROS d’Aquitaine). Le terme « collège » désigne alors un petit établissement de province, lequel en 1960, face à la vague démographique, devient Lycée.

Jean-Claude et moi, nous fûmes élèves de ce lycée, où nous avons terminé nos études secondaires. Au lycée, les élèves qui venaient de loin arrivaient par les bus d’Aunis et Saintonge, mais les résidents proches s’y rendaient à pied. La « promenade » - c’est-à-dire le large trottoir planté de tamaris longeant le parapet et la plage de Royan - était très prisée par les élèves (bientôt, les « baby boomers »…). Particulièrement, lors des fortes marées, quand les vagues venaient s’écraser sur le mur de pierres… et, bien sûr, le jeu consistait à ne pas être « douché ».

Sur ce boulevard, un jour à midi, ramené par mon père dans sa voiture, nous nous sommes arrêtés pour relever un cycliste qui venait de tomber. Il s’agit de Jean-Claude Robert. 

J’avais remarqué ce grand garçon qui n’est pas dans ma classe et, surtout, sa façon de faire du vélo. En l’occurrence, il s’agit d’ «un randonneur », mais la façon dont Jean-Claude l’utilise est plutôt sportive, particulièrement les braquets qu’il utilise me paraissent énormes.

Ce jour-là, si Jean-Claude est tombé, c’est par la faute de son dérailleur qui s’est pris dans ses rayons, bloquant la roue arrière. Nous ramenons l’accidenté chez lui à l’école Jules Ferry où sa mère est institutrice.

 

 

            Ce premier contact entre nous s’est poursuivi avec le constat que nous sommes tous les deux attirés par l’univers du cyclisme : les courses, les coureurs. Un autre point commun est l’intérêt que nous portons au sport en général. Nous faisons partie des licenciés OSSU. Jean-Claude est à l’aise dans l’épreuve de cross-country et nous jouons dans l’équipe de handball du lycée.

Cette rencontre se situe à la fin des années « 50 » et le monde scolaire – comme j’ai tenté de le dire dans «Maurice Laforest» - est encore (plus pour longtemps) partagé en (au moins) deux grands types de destinées : les études courtes et les études longues. Soit, d’un côté, les études primaires puis l’apprentissage et l’entrée dans la vie active et, d’autre part, le baccalauréat et la possibilité d’entreprendre des études supérieures à l’université. A Royan, les élèves sportifs qui rentrent tôt dans le monde du travail sont plutôt ceux qui pratiquent le cyclisme, la boxe ou l’haltérophilie voire le football et le rugby. Ceux qui se dirigent vers l’université emportent avec eux leur goût pour l’athlètisme et les sports collectifs. Sur les plages de la côte de Beauté, les estivants parisiens ont largement contribué à la diffusion du « volley-ball ».

La propagation d’une discipline sportive est souvent due à l’action et au rayonnement de quelques personnalités qui s’y investissent longuement et largement. A Royan, c’est le cas de Jacques Péraudeau, dans le cadre du club omnisports : le Royan Océan Club. Le journal « l’Athlète », dans son édition du 6 août 1952 titre en première page sur le XXXIIème Bordeaux-Royan et présente une photo où sont réunis organisateurs et responsables : le président du R.O.C., M. Magné, M. Abadie vice-président de la FFC, M. Marpin du VC Saintais et Charles Bidon, le rédacteur en chef du journal. Au centre de l’image se trouve un jeune homme en bras de chemise portant un crêpe à son bras gauche mais souriant : il s’agit de Jacques Péraudeau, secrétaire du ROC, celui qui a contribué à relancer l’ancienne classique du sud-ouest, dont la première édition date de 1895.

 

 

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Jacques Péraudeau est au centre du comité d'organisation réuni pour Bordeaux-Royan 1952.

 

 

 

Jacques Péraudeau et les championnats scolaires et universitaires 

            Quelques années plus tard, Péraudeau est au centre de l’organisation des championnats de France de l’Office du Sport Scolaire et Universitaire (OSSU) qui ont lieu pour la piste sur le vélodrome Bellevue à Saintes et, pour la route, à Royan. En 1960, au début juin (la Pentecôte) « l’Athlète » salue cette « concentration unique de jeunes amateurs… l’élite des jeunes intellectuels épris de cyclisme ». Le regard porté sur cet événement peut paraître quelque peu euphorique. Cependant, plus de 60 ans plus tard, un autre regard porté sur les résultats relève quelques noms parmi les classés : Brux (Tarbes), Thual (Nantes), Izier (Crest), Alaphilippe (Limoges), Laforest (Royan)… retenons que cette année-là, Alaphilippe et Laforest échappés sont mal aiguillés à quelques kilomètres de l’arrivée… et c’est Izier, déjà champion de France des cadets qui remporte le titre chez les juniors et il sera professionnel en 1966…

Arrêtons-nous sur le compagnon (malheureux) d’échappée de Maurice Laforest qui s’appelle (tiens !) Alaphilippe. A ce moment, il s’agit de l’un des meilleurs coureurs du Limousin (UVL) doublé d’un étudiant en droit. François Alaphilippe (1941-2021) agrégé en droit (1972) est aussi le fondateur avec JP. Karaquilo du Centre de Droit et d’Economie du Sport, puis Doyen de la Faculté de Droit et Sciences économiques de Limoges. Enfin, entre 1989 et 1992, il est le président de la F.F.C.

J. Péraudeau a largement informé « l’Athlète » sur l’épreuve et il en a même publié la liste des engagés. Parmi eux, encore un nom : Jean Durry. Né en 1936, fils d’universitaires, J. Durry, au sortir du lycée Henri IV à Paris entreprend des études de droit. Mais, il est aussi coureur cycliste amateur au C.S. Montparnasse. En 1963, il est à la base de la création du musée national du sport. Il est aussi l’auteur de plusieurs ouvrages dont « La véridique histoire des géants de la route » (1973) ou encore « l’EN-cyclo-pédie » (1982).

 

En 1961, le R.O.C. et son meneur, Jacques Péraudeau, organisent à nouveau les championnats de cyclisme OSSU avec La Rochelle pour la piste. Sur des routes semblables à celles de l’expérience précédente et qui jouent sur deux décors différents : d’abord vers l’estuaire, puis à travers la forêt de la Coubre et en longeant la Côte sauvage. L’arrivée est jugée sur l’avenue du Colonel Baillet, longue voie pénétrante qui traverse Royan de Mons à l’avenue de Pontaillac, large de 11 métres. La ligne est tracée à hauteur du supermarché Coop et, aussi, du CET Champlain, lequel établissement fournit une dizaine « d’élèves-coureurs » à la compétition. De nombreuses autorités assistent à l’épreuve, parmi lesquelles Ulysse Suant, président du comité du Poitou de la FFC et futur président la dite-fédération.

 

 

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 Sprint à l'arrivée sur le boulevard du colonel Baillet : Chapelon net vainqueur devant Henry et B. Sainz.

 (photo Jean Garnier)

 

 

En seniors, c’est Thual de Nantes qui l’emporte. L’homme est instituteur-stagiaire et a entrepris des études de physique. Pour la seconde place, le local, Maurice Laforest est devancé par un autre Nantais, Le Merrer. En juniors, Chapelon de Châlons-sur-Saône laisse le deuxième, Herny à plusieurs longueurs en compagnie d’un certain  Sainz Bernard (Saint-Maur) dont la destinée le conduira, plus tard, à être le conseiller des coureurs sous le surnom de « Dr. Mabuse »…

 

 

1960 

            

A 18 ans, Jean-Claude Robert a commencé à courir sous les couleurs du R.O.C. Le déclic pour ce garçon robuste et sportif a certainement été l’organisation de ces championnats scolaires à Royan.

Dès cette première année, il s'inscrit dans quelques classements comme à Saint Ciers du Taillon où il prend la 5ème place dans une « toutes catégories » derrière : 1. Gérard Doret 2. Claude Castel 3. R. Poirier 4. Portal… ou encore, à Saujon : 1. Fournier (Châtelaillon) 2. Beau 3. Pras 4. Souchon 5 . Vallée… 10ème. J.C. Robert. En septembre, il figure à Saint Claud à la 10ème place d'une épreuve destinée à classer les meilleurs espoirs du Poitou, qui est remporté par Michel Grain, futur bon coureur professionnel (en 1964 dans l'équipe Saint Raphaël-Gitane, l'équipe de J. Anquetil). 

 

 

1961

 

 

Nul doute que les championnats de France OSSU ont constitué un objectif de sa saison 1961, au cours de laquelle il totalise 3 victoires : à Semussac, Port des Barques et Sablonceaux.  Il fait partie des 50 coureurs (sur 150 partants) qui disputent le sprint pour le titre de champion de France OSSU sur le boulevard Baillet. Mais, les commissaires ne peuvent établir le classement au-delà de la 6ème place.  Jean-Claude est classé 7ème ex-aequo en compagnie de Gauvrit, Parenteau, Jagueneau, Gaborit pour les Charentais et Onfroy, Pinaud, Pommé et Schwartz pour les Girondins. 

Engagé dans le Vème Circuit des Gaves à Oloron Sainte-Marie, il se classe 10ème de cette course dont le podium est constitué par : 1er Joseph Paré 2. Carassay 3. Labarthe. En fin de saison, à Saint Claud, dans le Prix des Espoirs remporté par Andrault devant 2. Luc Trichard 3. Bileau, il fait « 7», mieux que l'année précédente.

 

 

 

1962

 

Christian Péraudeau affiche en 1962 son équipe de jeunes : les Laforest, Souchon, Cartron, Roullin, Robert auxquels s’ajoutent Mauget, Sartory, Durand et Drouillard. Les maillots portent désormais les marques des appuis extra-sportifs issus du commerce royannais : « L’homme chic » (J.P. Barrière) et les « meubles Le Tallec ».  Quatre places de deuxième encadrent l’équipée des Royannais aux championnats OSSU à Reims. Jean-Claude chute au 25ème kilomètre et il rejoint le peloton après 30 km de poursuite pour, finalement, prendre une neuvième place encourageante à 1’30’’ du vainqueur Grelin (Chambéry).

J.C. Robert est lancé sur la voie qui le mène au titre de champion de France universitaire en 1966 à Saint-Malo. Voici un tableau qui témoigne de sa persévérance et de ses capacités :

 

                                               1961 -  ROYAN : 7ème ex aequo

                                               1962 -  REIMS : 9ème

                                                1963 - RENNES : 2ème

                                               1964 – DINARD : 2ème

                                               1965 - …………….

                                               1966 - SAINT-MALO : 1er

 

 

Cependant, son activité s’exerce surtout au mois de juillet (après le bac.) : il se classe, ainsi, 5ème à la nocturne de St. Georges de Didonne (1. C. Vallée 2. J.M. Joubert, le 19/07) et, aussi, 2ème derrière François Cuch à Pessac-Ladonne (le 28/7). Trois fois 2ème encore : à Brouage, à Leoville, à Royan boulevard de la Marne, à chaque fois derrière son camarade de club : Le Guen.

 

 

 

1963 

 

Jean-Claude s’expatrie. Il part à Lyon pour y entreprendre des études supérieures et il s’inscrit à l'Université Claude Bernard où il suivra un cursus scientifique jusqu’en 1967. Là-bas, il est hébergé par ses oncles, Louis et Marcel, les deux frères jumeaux de son père. 

 

 

 

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 Les ROBERT : (de gauche à droite), Paul, le père, Jean-Claude, le fils, Marcel, l'oncle.

 

 

Pendant quatre années, il mène de front ses études et son activité cycliste. Avec la même réussite, puisqu’au terme de 1966, il se voit proposer un poste d’assistant à la Faculté des sciences de Lyon. Il est alors le champion de France universitaire de cyclisme sur route.

Avant ce titre acquis en 1966, Jean-Claude qui est désormais licencié à l’ASVEB Villeurbane (Association Sportive des Entreprises du Bâtiment) a conservé son calendrier partagé entre les études en biologie végétale et le sport cycliste, mais aussi entre les courses dans le Rhône et la saison estivale en Charente.

L’ASVEB est un grand club omnisports qui compte 169 licenciés dans sa section cycliste, dont deux professionnels : Roger Pingeon et Jean Dumont, soit un vainqueur du Tour (1967) et un vainqueur d’étape lors du Tour 1968.

Entre 1963 et 1975-76, il court en « amateur senior 1ère Catégorie ».

Le 6 juin 1963, à Rennes, pour le championnat de France OSSU, il prend la deuxième place derrière : 1. Max Royer (Grenoble) les 120 km en 2h 50’ (2. J.C. Robert – Lyon) 3. Rénazé (Le Mans) 4. Jagueneau (Poitiers) 5. Sainz (Paris).

En juillet, pour le Grand Prix de Châteauneuf-Plaineau, il prend place parmi les dix premiers :

  1. R. Barrère 2. Pras 3. Vallée 4. Fontagnères 5. Guillot 6. Fourgeaud 7. Robert 8. Pailler

9. Lacrouzade…

Puis, à Jonzac- Mt. Carmel, fin juillet : 1. Favreau 2. Bareille 3. Fontagnères 4. Robert 5.  Poirier, et à Pessac : 1. Borda 2. Daguerre 3. JC. Robert 4. Domagé 5. Peyran… et, en août, 5ème à Meursac (1. G. Bayle) et à Marcillac de Blaye (1. C. Coutant).

 

 

1964

 

 

En 1964, à Dinard, pour le championnat de France OSSU, il se classe à nouveau deuxième. Le vainqueur s’appelle alors Jean-Marie Leblanc, étudiant en journalisme, il sera bientôt coureur professionnel chez «Peugeot-BP » et, plus tard, le directeur du Tour de France.

Auparavant, fin mars, JC Robert était au G.P. de Curac (1. R.Poulot 2. Palet 3. Memy 4. Brux… 15. Robert) dont les participants se souviennent de la ronde infernale qu’y avait mené le Pyrénéen R.Poulot, futur équipier de R. Poulidor sur le Tour, familier du ski de fond et de l’entraînement en altitude.

Lors de la partie estivale et charentaise de cette saison, Jean-Claude cueille le bouquet à Neuvicq de Montguyon – pas loin de chez Guy Epaud – devant « l’ancien » Claude Coutant (CAM) et Villeneuve (ROC). Il est aussi 2ème à Reignac de Blaye derrière Maurice Laforest et devant F. Campaner, tout comme à Corme Ecluse derrière JL. Bodin et à Montlieu derrière Brègue.

 

 

 

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Reignac-de-Blaye : à gauche Jean-Claude ROBERT et à droite, après la jeune fille ayant remis le bouquet,  Maurice Laforest et le speaker, M. Guesdon.

 

 

Le 16 juillet à Coutances, pour le championnat de France amateurs, il émarge à la 18ème place du classement final, dont voici les vingt premiers : 1. C. Raymond 2. P. Lemétayer 3. J. Dumont 4. G. Chappe 5. C. Bayssière 6. R. Delisle 7. L. Aimar 8. J. Jourden 9. D. Letort 10. C. Hue 11. M. Izier 12. JP. Anselme 13. JC. Theillère 14. P. Gutty 15. C. Robin 16. M. Marie 17. C. Boscher 18. JC. Robert 19. B. Guyot 20. N. Guzilacq.

En septembre, aux 3 jours de Machecoul, il termine 3ème au classement général : 1. C. Vallée 2. Guillon 3. Robert.

 

1965

 

En 1965, s’il ne figure pas – pour une fois – au palmarès du championnat de France OSSU, il remporte avec ses coéquipiers de l’ASVEB Villeurbane : Dumont-Pingeon-Guillon-Tracol, le championnat du Lyonnais des sociétés sur route. En Charente, il gagne à Charron, il est 2ème à Ozillac et 3ème à St.Georges de Didonne (1. Moussard 2. Lacrourarie).

 

 

 

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L' ASEB, champions du Lyonnais 1965 du 100km sociétés : René Pingeon, J. Dumont, C. Guillon, JC. Robert.

 

 

1966

 

La saison 1966 est dominée par (enfin !) le titre de champion de France OSSU. Acquis à St. Malo. Un autre excellent résultat accompagne ce titre : la 4ème place au circuit «Rhône Presse » assortie d’une victoire d’étape et de la 3ème place du classement par points. Jean-Claude gagne aussi le Grand Prix de la montagne.

Présent au circuit de Saône-et-Loire, il s’y contente de la 35ème place. Dans le Rhône encore, J.C. Robert se classe 2ème à Orliénas et 3ème à Romanèche-Thorins.

En été, revenu en Charente-Maritime, il se classe dans les dix premiers au Guâ, en avril derrière : 1. Trochut 2. Daguerre 3. R. Darrigade 4. Ricou 5. Leduc 6. Ben Brahim 7. Gonzalez 8. Laforest 9. Brux 10. Robert… soit, quasiment, la crème  des coursiers du sud-ouest.

Avec son coéquipier de l’ASEB, Charly Guillon, on les retrouve en juillet puis en aôut, à Jonzac-Px. du Mt. Carmel : 1. Bordier 2. Robert 3. Guillon ; à St. Christoly-de-Blaye : 1. Guillon 2. Charbonnier 3. R. Lalanne 4. Mizor 5. Robert…, à Marcillac : 1. Pinaud 2. Robert 3. Bidart ; à Charron, le prix des Moissons : 1. Jagueneau 2. Berland 3. Matignon 4. Champion 5. Bileau 6. Robert…

 

 

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L'arrivée à Marcillac se joue au sprint : 1. Pinaud  2. Robert 3. Bidart

 

 

En septembre, Jean-Claude se classe trois fois dans de « belles toutes » de la fin de saison :

à St. Même Les Carrières : 1. Barjolin 2. Ricou 3. Leduc 4. Robert 5. Laforest 6. Bileau

à Marsilly : 1. C. Vallée 2. Gaudin 3. Angibaud 4. Lapeyrade 5. Robert 6. Bonnet 7. Joubert

à Jarnac : 1. François 2. Jagueneau 3. Robert 4. Coutant 5. Mauget 6. Laville 7. Apecèche.

 

 

1967

Au circuit « Rhône-Presse », il améliore le classement de l’an passé, finit donc 3ème et il gagne une étape. Lors d’une autre course par étapes, le Tour du Béarn, il se classe 13ème au général (1. Ocana 2. Mazeaud 3. Dupuch) et, dans le championnat du Lyonnais sur route, il se classe 2ème.

Avec Charly Guillon (2ème), ils dominent le Grand Prix de Wittenheim que Jean-Claude gagne, les 140km en 3h 33’ 26’’.

 

Dans le Sud-Ouest et, surtout, en Charente :

3èmè à St. Pierre d’Oléron derrière 1. Lopez 2. Fauquey ; 5ème à Bassens ; 7ème à St. Jean d’Angely (1. Gestraud…6. M.Danguillaume) ; 8ème à Pontet d’Eyrans (1. Merilloux 2. Guillon..) ; 4ème à Jonzac ; 3ème à Martillac ; 2ème à La Brède… Ses notes font état de 25 places dans les 10.

 

 

 

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Martillac 1967 : déjà 2ème l'année passée, Jean-Claude est 3ème, cette fois, derrière  Purgues (G.Bx.), le vainqueur et   Rigal   ( Pons) . A gauche, l'ancien Nomas et à droite,  Guesdon, le speaker.            

 

 

 

 

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Pontet d'Eyran : au centre, 1er Merilloux (maillot BERGER), à sa droite 2ème C. Guillon (maillot Peugeot), le troisième coureur est J.C. Robert (ASEB Villeurbanne), le copain de Guillon, classé 8ème. A la gauche de J. Claude, sa femme Françoise, tout à fait à droite de la photo, sa soeur, Annie  et à sa droite, Michèle, son autre soeur.

 

 

1968 

L’année 1968 est celle de la fin du journal « l’Athlète ». Cette publication, que certains aujourd’hui vilipendent, reste cependant pour la période de l’après-guerre (1946-1968) un trésor de mémoire. Certes, quelques résultats lui échappent, mais il s’agit de l’œuvre des dirigeants du cyclisme de l’époque : organisateurs, présidents et secrétaires des clubs, correspondants… Avec à leur tête, Charles Bidon, dont le premier article, le 6 juillet 1918, porte le titre suivant : « Rebâtissez le club cycliste amateur ! ».

Entre le 14 juillet et le 4 août 1965, « l’Athlète » suspend sa parution « suite au grave accident survenu à notre rédacteur en chef. A la fin de l’année, un nouveau rédacteur en chef (Jean Ménard) peut titrer : « Un nouvel « Athlète » est né ».

Mais, en février 1968, « Sud-Ouest et SOSA* »(SOSA = Sud-Ouest SPORT l’Athléte) sont en deuil, M. Jacques Lemoine est mort.

« Un Patron au sens latin le plus fort du mot « Pater ».

Dès lors, l’issue est connue et Jean Ménard peut titrer : « A nos amis » et ajouter : « ce n’est jamais de gaieté de cœur que l’on suspend la vie d’un journal ».

Ainsi, nous ne disposons que de quelques résultats de J.C. Robert au cours de cette saison. De Curac le 18 avril (14ème) à St. Jean d’Angely (5ème) le 11 septembre, nous piochons cette 5ème place à Jaugnac début juillet (1. F. Duteil 2. JP. Parenteau 3. Labourdette…), 2ème à Bassens derrière C. Moreau et devant Masseys, 1er à Meschers le 14 juillet, 2ème à St. Christoly de Blaye (1. Riquet), 4ème à Matha (1. Thomazeau).

 

 

 

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 Orignolles - Au moment de la remise du bouquet, le photographe, souvent, est convié à faire une photo de famille voire de société. Ici, le vainqueur, C. Guillon (à droite) et ses suivants, JC. Robert, Boussiron, Eyquard, sont entourés des pères, mère, soeur, organisateur et du maire de la commune.

 

 

 

Une VIE, des VIES ?

 

Mais, il est clair que l’existence de J.C. Robert prend désormais de nouvelles inflexions. Nommé en 1966 sur un poste d’assistant à la FAC’ des sciences de Lyon, il prend petit à petit racine dans la région et il s’établit à Balan (01). Dans le même temps, sa carrière universitaire le conduit vers le statut de maître de conférences en botanique.

Balan est une commune de la région Auvergne-Rhône-Alpes dans l’aire urbaine de Lyon, située au sud du coteau de la Côtière. Cette commune est bordée par le camp militaire de Valbonne (1872) et séparée de l’Isère (36) par le Rhône.

« Le Progrès » du 3 avril 2019 publie une fiche nécrologique qui dit « adieu à Jean-Claude Robert » et révèle que « ce grand sportif balanais » a marqué la vie locale depuis 1975. « Membre fondateur en 1978 du club d’athlétisme (ASCB) qu’il a animé avec Françoise Robert et dont il a été président. La commune lui doit son stade avec une piste d’athlétisme ».

 

 

 

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Jean-Claude ROBERT (2ème en partant de la gauche) avec quelques amis du club d'athlétisme de BALAN.

 

 

Certes, en 1977, il prend une licence « cyclo » au S.A.L. (Sport Auto Lyonnais). Comme beaucoup de sportifs amateurs, avec l’âge, il se tourne vers les activités et les épreuves d’endurance et, quelques temps après , vers la course à pied. Mais, le 3 avril 1979, il termine la randonnée Paris-Brest-Paris en 46h 38’. Il est le troisième cycliste randonneur à rallier Paris, dans cette épreuve où il n’y a pas de classement officiel. Sur cette lancée, Jean-Claude effectue avec succès les épreuves de Paris-Roubaix et Lyon-Mont Blanc-Lyon en 1984.

  

 

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 Après Paris-Brest-Paris (1977) et Paris-Roubaix (1984), Jean-Claude ROBERT en reprend pour du dénivelé avec Lyon-Mont Blanc-Lyon en 1984.

 

  

Cette nouvelle orientation donnée à son activité sportive se double d’un engagement politique. En 1983, il est élu à la mairie de Balan et il le restera jusqu’en 2014. A partir de 2008, il devient le premier adjoint du maire, Bernard Gloriod.

A partir de 1985, il prend part à de nombreux triathlons, trials, cross ou gentlemen avec son épouse Françoise, ses enfants Christelle et Cédric et son oncle Marcel. Triathlons : à Avignon, Aix, Lyon, au Leman (4ème en vétérans), à Bourg-Bouvent, Mauzac, Vienne ; Trial du 6000 D (12ème en vétérans) ; Cross du Mont Blanc (28ème en vétérans)…

 

Survient alors « le décès subit de son fils Cédric (20 ans) lors d’une épreuve sportive, alors qu’il était étudiant en classe préparatoire au lycée du Parc. Il en sortira très marqué bien qu’entouré par les siens. Sa retraite sera active et il mettra à la disposition des membres de la section « marche » du club de l’amitié, en compagnie de Rose, sa seconde épouse, tout son savoir en biologie et ses connaissances en botanique.

 

 

 

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 Dans le gymnase  municipal, "l'édile" J.C. Robert (le premier en partant de la droite) honore de sa présence une cérémonie festive.

  

 

« Alors qu’il fêtait un anniversaire entre amis, le 30 mars 2019, il s’est effondré et n’a pu être réanimé ».    (Le Progrès, 3 avril 2019).

 

 

 

 

 

mes remerciements vont à Rose Robert et Ghislaine et Charly Guillon pour la mise à ma disposition des documents de Jean-Claude.

 

 

 

 

 Royan, 1er mai 1961, Championnat de France de l'OSSU.

 

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( photo DP. Laplagne)

 

 

Quand je regarde cette photo, je ne sens pas peser sur moi les un peu plus de 60 années d'écart entre ces deux moments. Rassembler quelques informations (pas toutes, loin de là !) pour écrire quelques lignes à propos de Jean-Claude ROBERT ne répond à aucune pression nostalgique. Plus de quatre ans avant le décès de Jean-Claude, j'étais entré en contact avec lui pour réaliser ce travail et, à peine deux ans avant sa disparition, il était passé avec sa seconde épouse, Rose, me rendre visite à St. Médard d'Eyrans.

 

Ici, le choix d'un sujet se fonde sur le vécu et le sentiment que le travail est justifié parce qu'il est porteur de "leçons de vie". Les performances et la hiérarchie toujours discutables sont, selon moi, difficiles à isoler de la qualité de l'individu, homme d'abord, homme toujours.

 

Ma connaissance du "milieu" est certes relative, mais elle est bien réelle parce qu'elle est en prise avec les années de jeunesse que résument ces mots : passion - amitié - curiosité - partage - sincérité.

A 40 ans, Philippe Gilbert, qui prend sa retraite, donne au journal "l'Equipe" (22/12/22) un entretien, dans lequel il raconte que "récemment, un jeune coureur m'a dit qu'il ne savait pas qui était Johan Museeuw" à quoi il ajoute : "ça m'a choqué : comment est-ce même possible d'oser le dire ?"

 

Au cours des deux dernières années, onze coureurs qui se sont prêtés à ma curiosité et ont accepté de s'offrir à celle des visiteurs de "memovelo" sont décédés : A. Bernard, F. Brizon, M. Brux, J. Cigano, B. Daguerre, J Deloche, F. Delort, R. Peyran, J. Ricou, J. Rinco, R. Verdeun.

Ainsi que l'affirme P. Gilbert : "C'est vrai que c'est important de connaître son sport, ce qui s'est passé avant nous..."

 

Je remercie C. Bannes, A. Dal Sié, Y. Nebut de m'avoir aidé à dérouler cette chaîne de connaissances et toutes ces expériences humaines

 

 

 

 

 

 

 

  



28/12/2022
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