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Jean-Pierre DULOU

 

Avant-propos - C'est grâce à Marie-Claude et Guy Dagot que j'ai rencontré Jean-Pierre Dulou et je les en remercie vivement. Depuis Brassens, je crois savoir ce qu'il faut penser de la "réputation", ce qui m'amène à dire que le docteur Dulou est le genre de personne que l'on ne rencontre pas tous les jours.

 

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Grignols

 

 


Jean-Pierre Dulou est né à Grignols le 13 septembre 1941. Il est fils unique, c’est un enfant du « Sud-Gironde». Ses parents sont maraîchers, ils tiennent un magasin, mais ils font aussi les marchés (Bazas, Langon, Casteljaloux, Grignols) où ils tiennent un banc de légumes et de graines.
A 13-14 ans, la radiographie détecte des traces de tuberculose. Il fréquente comme pensionnaire le lycée de La Réole où il obtient un bac « mathelem ».


Se pose alors le problème de la durée des études : d’abord orienté vers la chirurgie dentaire, il obtient le P.C.B. (certificat d’études physiques, cliniques et biologiques) et il décide d’entreprendre des études de médecine à Bordeaux. Il connaît alors la cité universitaire de Budos, fréquente des joueurs de rugby (Trillo, Morlaès…), sport où il a débuté à Grignols.

 

 

Le Rugby

 

 


Dans les années 50, à Grignols comme presque partout ailleurs, selon J.P. Dulou : « le sport : il n’y avait que cela ».
A seize ans, il débute aux côtés de son oncle, capitaine de l’équipe et âgé de 33 ans, Marc Bladier, le frère de sa mère, qui décèdera à 99 ans.

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L'équipe du C.A. Grignols, championne de la Côte d'Argent honneur et finaliste du championnat de France 1964-65. Jean-Pierre Dulou  est le quatrième en haut en partant de la gauche.

 

Le club du C.A. Grignols devient champion de France « Honneur » en 1964-65 mais, depuis 1961, Jean-Pierre a commencé à jouer le rugby universitaire à « Chirdent ». En 1966, il intègre l’équipe de l’U.S. Marmande et devient champion d’Académie avec la Fac’ de médecine à Bordeaux-Suzon.

Puis, le 27 avril 1967, en finale du championnat de France universitaire de jeu à XIII, les « carabins » bordelais triomphent du lycée de Villefranche de Rouergue 13 à 6.

 

 

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L'équipe de l'U.S. Marmande, saison 1967-68. J.P. Dulou  est le troisième en haut en partant de la droite.

 

En 1968-69, l’U.S. Marmande joue en deuxième division dans la poule « E » avec Fumel, Bergerac, Guéret, Bort les Orgues, la Teste , Gimont, valence d’Agen, Sarlat….

Pour Jean-Pierre Dulou, le rugby « c’est l’engagement pour les copains », l’esprit d’équipe et, alors, surtout le « rugby de clocher » que des clubs comme Langon ou Salles incarnent encore aujourd’hui.

 

 

Le Service Militaire


A 28 ans, en 1969, le « sursitaire » qui souhaitait finir ses études en cardiologie doit faire son service militaire (alors d’une durée de 18 mois). Après les « classes » à Souge, les E.O.R. à Libourne, il se retrouve en compagnie de deux autres « ex-étudiants en médecine » à l’hôpital R. Picquet à Bordeaux. Mais, le colonel Schmidt a « vent » de leurs sorties nocturnes et il connait alors quelques épreuves : Souge-Le Porge à pieds dans des Rangers neufs, puis il est confié aux fusiliers-marins à Lorient. Il trouve une « sortie » grâce à son animation de l’équipe de rugby. Non, sans avoir subi un « énième » bizutage lors d’un périple comme médecin à bord d’un « B.D.C. » (bâtiment de débarquement de chars), pendant lequel il passe trois jours à vomir… et plus deux mois de mer ! ( De Gaulle souhaitait fêter en Corse le bicentenaire de la naissance de Napoléon-Bonaparte !)

 

 

Médecin Généraliste

 

 


A partir de 1970, J.P. Dulou débute sa carrière dans la médecine civile. Après un premier remplacement à Astaffort (47), puis à Miradoux (32), le Dr. Dulou s’installe en Gironde à Caudrot, succédant au docteur Fauché parti radiologue à Bordeaux Dans le journal professionnel « Le Généraliste » (26/7/1990), Dominique Fricheux explique : « l’homme (Dulou) n’entreprend rien sans s’y investir totalement. Ainsi, quand il pose sa plaque et démarre dans l’exercice de la médecine générale, il oublie tout le reste, y compris de se bouger le corps. Résultat, il gagne une clientèle importante. »
Plus tard, il ajoutera quelques diplômes de spécialité : gérontologie-gériatrie, homéopathie, acupuncture (à Lyon), diététique et hygiène alimentaire, médecine du sport. Son dernier investissement – dont il nous fait largement profiter – est la micronutrition.


Bien qu’à la retraite aujourd’hui, J.P. Dulou a conservé sa permanence le week-end au SAMU de Mont-de-Marsan, dont il m’a assuré qu’ « elle le maintenait en vie ».

 

 

 

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A bientôt 83 ans, le Dr. Dulou est toujours prêt à vous prescrire la "bonne médecine". 

 


La vie professionnelle du Dr. Dulou est conjuguée, à partir de 1974, à la pratique du cyclisme et de son milieu sportif. Jean-Pierre qui a eu une jeunesse sportive (le rugby à Grignols, Marmande et en Fac’ de médecine) a plus que maintenu son poids de 3ème ligne et pèse 88 kilos. Privé d’une reconversion au tennis par la faute d’un poignet droit au scaphoïde définitivement clivé, il se met au vélo… en « s’y investissant totalement », malgré des débuts difficiles. Il choisit la voie fédérale et participe régulièrement à des courses. Petit à petit son niveau s’améliore.

 

 

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Les "Gentlemen", c'est une sorte de contre-la-montre à deux. Ici, à Caudrot avec Claude Magni en 1977.

 

Dans ce « Sud-gironde », entre les rives de la Garonne et l’Entre-deux-mers, qui a connu quelques très bons coureurs comme CIGANO, DUPUCH, LESCA, MERINO, NARDI et les frères CUCH, le « docteur-coureur cycliste » aura l’attention des générations suivantes dans les années 70-80 : Francis CASTAING, Claude MAGNI, Armand DE LAS CUEVAS, Jean-Marie MICHEL…
En pratique comme en théorie, il est alors vraiment un médecin du sport.

 

 

Le « Père Dulou » a quatre fils :

 

 


Jean-Pierre Dulou est le père de quatre garçons. Avec sa première épouse, Rose, il est le père de Ludovic (1972), aujourd’hui du côté de Hawaï, dont on peut admirer le « moovie » sur Google, sous le titre « L’albatros » (produit par Oxbow en 2021, sous-titre « l’odyssée du waterman Ludovic Dulou », https://www.surf-report.com/videos/surf/fort-boyard-charente-maritime-ludovic-dulou-france-waterman-foil-mascaret-documentaire-409215218.html) dans lequel on le voit chevaucher des « hollow board » renouant ainsi avec les origines du surf, puis domptant les vagues avec le « foil ».


Le second fils, Jean-Maxence, deviendra ingénieur agronome, spécialisé dans l’œnologie et le vin. Il entre ensuite chez LVMH. Désormais, il est installé à Hong Kong.


Julien est déjà le fils de sa nouvelle compagne, Christine, avec qui il est depuis 1985 et dont il devient le père adoptif. Julien a fait son tour de France des compagnons du devoir dans le métier de la menuiserie et fini son chef d’œuvre à Angoulême ! Il est aujourd’hui le directeur des régions PACA et Toulousaine des compagnons du devoir et du tour de France.


En 1997, arrive Raphaël, lequel, comme son frère aîné navigue, nage ou pagaie entre l’Australie, Hossegor, Capbreton.


Les quatre fils considèrent leur père comme « un médecin travailleur et sportif », mais ils ne l’ont connu qu’à vélo non dans le rugby.

 

 

« Docteur Dulou, coureur cycliste »

 

 

 

La première licence de coureur est signée dans le cadre du C.A. Bègles où Jean-Pierre fera la connaissance de G. Virol et de J.P. Barbe. Cependant, c’est dans le cadre de l’ A.C.C.S. (Amicale Cycliste du Corps de Santé) que J.P. Dulou va connaître ses premiers succès et se faire apprécier de partenaires réputés. Depuis 1970, l’A.C.C.S. est l’association sportive qui regroupe médecins, pharmaciens, dentistes, vétérinaires et kinésithérapeutes à travers la France. Une revue « Caducycle » en fait le lien en publiant 4500 exemplaires. A l’occasion d’un championnat de l’A.C.C.S. disputé en Gironde, Jean Eimer s’enthousiasme : « Quand les toubibs donnent l’exemple ». Le journaliste de « Sud-Ouest » dénombre quelques 110 praticiens (hommes et femmes) de 26 à 64 ans « fort peu soucieux de nonchalance ». Le médecin de la course est le docteur Belloc et Eimer conclue : « Molière eut aimé ces médecins ».


Dès 1976 à Grenoble, Jean-Pierre Dulou se mêle à ces confrontations amicales. Avec succès, car il compte désormais un nombre impressionnant de titres de champion de France et, même, de champion du monde. L’apogée de ces participations se situe peut-être à Carcassonne en 1985. Dans la presse, un titre le confirme : « Dulou, royal à Carcassonne ». 5 titres nationaux sont attribués pour quatre catégories de participants (moins de 35 ans, 35-45 ans, 45-55 ans, 55 ans et féminines). Trois épreuves leur sont ouvertes : contre-la-montre de 10 km., courses de côte de 13 km. dans le col du Poteau et une course en ligne autour de Carcassonne. La moyenne réalisée par J.P. Dulou dans l’épreuve du contre-la-montre est citée en exemple pour situer « le remarquable niveau de l’épreuve » : 43, 098 km/h (10 km. en 14’12’’).
En 1986, pour le cinquantenaire de l’U.S. Bazas, l’A.C.C.S. confie à cette cité l’organisation du championnat. La question se pose immédiatement : Qui succèdera à J.P. Dulou ? Et, la réponse se résume à : « Dulou, trois fois champion de France du corps de santé 1986 ». Cela s’est passé entre Langon, Damazan et Saint-Michel de Bazas.


En septembre 1981, J.P. Dulou, lors du championnat du monde du corps de santé disputé à Paris, remporte la poursuite sur la piste de la Cipale (3 km. en 3’55’’).

 

 

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 Plusieurs titres (championnats du monde, championnats de France) au titre de l'ACCS en poursuite sur la piste ont été remportés par JP.Dulou. Ici, à la Cipale, avec le maillot du BVC...!

 


Sur la route, il a déjà terminé 5ème d’un championnat du monde en Allemagne (1979).
En 1982, lors des olympiades du corps de santé, il glane 2 médailles d’or (en poursuite et au contre la montre) et une médaille d’argent en route.

 

 

 

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 Pour les Jeux mondiaux de la santé,  en 1982 à Cannes,  JP. Filou est médaille d'argent dans l'épreuve sur route.

 


Fin du mois d’août 1990, le Dr. Dulou est l’organisateur du 17ème championnat du monde qui sillonne la Gironde de Lerm-et-Musset à Caudrot en passant par Saint-Laurent du Médoc, Sauternes, la piste à Aire sur l’Adour et le contre-la-montre à Casteljaloux, l’épreuve sur route clôturant à Caudrot.

 

 

Les Gentlemen

 

 

 

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La compagnie de Jean-Pierre Dulou a été appréciée par de nombreux "pros" dans les épreuves de "Gentlemen" : au départ, ici, avec Zoetemelk .  

 

 

Ainsi que l’expression l’indique cette épreuve du cyclisme habituellement disputée en fin de saison associe un néophyte voire un vétéran à un coureur professionnel ou réputé pour un parcours chronométré. J.P. Dulou, outre son diplôme de docteur en médecine a – nous en avons eu un aperçu – assez vite démontré ses qualités de cycliste dans le contre-la-montre. Le côté amical de ces épreuves souvent associé au souvenir d’un ancien coureur traduit cette tradition du cyclisme qui, une fois la saison quasi-terminée, ne craint pas de célébrer, outre la compétition, l’amitié, le respect et la mémoire.


Associé à d’excellents routiers, J.P. Dulou y partage de nombreux succès :

. 1977 : à Caudrot-St. Christophe : 2ème avec Magni (1. Berthomé-Laporte)
. 1979 : à Paris : 1er avec Bossis
. 1980 : à Monts : 1er avec Gauthier
. 1981 : à Ivry-le-Temple : 3ème avec Bossis
. 1982 : à Albefeuille (Montauban) : 1er avec De Vincenzi (24,6 km. en 33’38’’)
. 1984 : à Lerm-et-Musset : 1er avec Dallenbach et en Suisse avec le même
. 1984 : à Marines : 4ème avec Andersen
. 1985 : à Ivry-le-Temple : 1er avec Thierry Marie (42,180 km/h)
. 1986 : à Ivry-le-Temple : 1er avec Thierry Marie (45 km/h)
. 1993 : le « Duo Testerin » : 1er avec Ianotto (catégorie 50/55 ans à 43,216 km/h)

 

 

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Avec Jacques Bossis, ils remportent l'épreuve de Plaisir (sic)...  

 

 

 

Les Pompiers

 

 

 

Succédant à Didier Saumon (Bazas) devenu champion du monde des pompiers en 1985, J.P. Dulou devient en 1986 champion de France à Sète (2. J.L. Riberot 3. R. Griso) le 7 juin et, en juillet, il finit 2ème aux championnats du monde disputés dans l’île de Man en Angleterre. En 1987, à Caen, il termine 3ème derrière G. Rochet et R. Griso. A Rennes en 1988, il est encore 2ème derrière Ch. Duhamel. Et, aussi, en 1989 titre de champion de France à Arcachon, et en 1990 à Mont-de-Marsan…

 

 

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 Sur le podium du championnat du monde des pompiers dans l'île de Man en 1984 : 2ème JP. Dulou. 

 

 

Le Tour du Var

 

 

 

Autre moment privilégié dans la carrière de Jean-Pierre Dulou : le Tour du Var.
Disputé à l’origine en 4 étapes, Dulou fréquente cette épreuve réservée aux cyclosportifs depuis 1974. En 1978, il remporte la 9ème étape à Saint-Raphaël. En 1984, il emmène avec lui Jean-Pierre Barbe dans une équipe (Fismarc) composée de cinq médecins et deux dentistes. J.P. Barbe gagne deux étapes et termine 1er au classement général. J.P. Dulou, quant à lui, gagne 4 étapes (Fréjus, Hyères, Salernes, Touves).

 

 

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 Jean-Pierre Barbe (à l'extrême droite) et Jean-Pierre Dulou (3ème en partant de la gauche) et leur équipe, vainqueurs du Tour du Var 1984, avec Poirier, Ciavarino, Collin, Paolini, Baudouy au départ du Lavandou. 

 

En 1985, le Tour du Var ouvert à des équipes d’amateurs internationaux (Allemands-Suisses-Hollandais-Autrichiens-Français) compte 9 étapes de plus de 100 km. (Hyères-Le Lavandou-Draguignan-Salernes-Fréjus-Touves et Bandol). Jean-Pierre Dulou y gagne 3 étapes et, au final, il porte le maillot jaune.

 

 

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Jean-Pierre Dulou, vainqueur du Tour du Var 1985 avec son équipe.  

 

  

 

Quelques victoires…

 

 

 

Les championnats de l’A.C.C.S., les épreuves de Gentlemen, les championnats des pompiers et le Tour du Var ne résument pas seulement l’activité de coureur cycliste du Dr. Dulou. Nous avons essayé de distinguer ce type d’épreuves caractéristiques de la situation professionnelle de J.P. Dulou (débutant à 34 ans, médecin généraliste, amateur bientôt président de club voire organisateur…) des autres épreuves, soit celles relevant de la F.F.C. avec ses catégories (3 et 4, 2-3-4, toutes, puis seniors A et B) voire celles organisées par l’Ufolep.
Jean-Pierre Dulou nous a prêté deux carnets méticuleusement tenus, dans lesquels on peut relever les jours d’entraînement, les modalités des séances, les courses et leurs résultats ainsi que les kilomètres parcourus par mois et par an. Ces deux pièces nous offrent de précieuses indications sur sa carrière de coureur cycliste sur la période 1977- 1990.
Cependant, il nous reste une relative imprécision sur les débuts (1973-75 ?) et la fin (1990-96 ?). Une dernière victoire à Badefol d’Ans, le 16 septembre 1996 signifierait que Jean-Pierre a couru et gagné jusqu’à 55 ans…!
Nous avons pu grâce à une chemise intitulée « Quelques victoires… » recomposer le tracé victorieux de notre « médecin à vélo » :

1975 = « le Dr. Dulou gagne (avec Labout) les 24h de Caussade » (777,5 km en 24H. )
1976 = La Réole (nocturne), Villeréal, Barie…
1977 = Badefol d’Ans – St. Cloud, Barie (Px. François Cuch) 2ème René Lesbats, Préchac (2. Sauboua)
1978 = Caudrot criterium, Landes Girondines (145 km en 34h 45’)
1979 = Préchac, Lamarque, Le Porge

 

 

 

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 La victoire à Lamarque, dans l'intimité avec la jeune femme préposée à la remise de la gerbe et deux jumeaux (presque) témoins de ce moment "solennel"....

 


1980 = St. Julien-en-Born, Ozillac, Fauillet (1er des 3&4), Arcachon (2ème derrière Bruno Bannes, 1er senior B), Vérac, Grignols
1981 = Illats, Mimizan
1982 = Olivésie (Corse), St. Ciers/Gironde

 

 

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 Le triplé de la course à Saint-Ciers sur Gironde : 3 coupes et un béret et des témoins attentifs à l'objectif. C'est bien une course cycliste.

 


1983 = Castets-en-Dorthe, St. Michel-de-Rieufret, Saint-Médard en Jalles
1984 = Saint Fiacre, 2ème à Bourriot derrière Michel Landa
1985 = Langon, Le Porge, Puisseguin, Allons, Ychoux, Port Ste Foy
1986 = Langon-Bazas (116 km en 2h 55’,2ème M. Esquerre), Ychoux, Prayssac (nocturne)

 

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 "En mai, fais ce qu'il te plaît" : Jean-Pierre remporte Langon-Bazas devant Michel Esquerre

 

 


1987 = Bordeaux-Lugos ("Dulou la science… le médecin girondin… finit en solitaire sur un braquet de 53x12"), Barsac, Soulac, Bazas, Morcenx, Lerm-et-Musset

 

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 Dulou "coureur de classiques" : 4 octobre 1987, 1er de Bordeaux-Lugos. Dans la presse, on peut lire : "Dulou la science"..."le médecin girondin... finit en solitaire sur un braquet de 53x12". Nous ajoutons : à 46 ans ! 

 


1988 = Villandraut, 2ème à Lévignacq derrière Yannick Pouey et devant Ludo Grechi
1989 = … plus que des places…
1990 = Labouheyre, le 21 avril…
… parmi les coupures de journaux, nous retrouvons à côté de la victoire à Badefol d’Ans en 1996 (la dernière ?), une 2ème place à Pauillac derrière Niveau le 27 mai, une semaine après un Dax-Dax gagné par Marchegay devant 2. Kaszuba 3. Loubier… 6ème JP. Dulou.

 

Tous ces noms de lieux témoignent d’un territoire de « jeu » concentré sur les landes, le sud-gironde et le médoc. Néanmoins, il faut y ajouter quelques voyages dans les îles (Guadeloupe, Corse, Crète, Wight… le Maroc, la Réunion…). Les carnets comptabilisent les kilomètres parcourus à l’entraînement et en compétition et les totaux annuels démontrent le « mûrissement » de l’athlète :

 

- Saison 1977 = 10 273

-….. 1978 = 11 350
 -…… 1979 = 12 068
 -…… 1980 = 14 210
-…... 1981 = 11 500
-…... 1982 = 11 485
-…… 1983 = 13 415

-…… 1984 = 15 580

-..…. 1985 = 19 000

-…… 1986 = 11 810
-..…. 1987 = 14 040

 

Les modalités sont elles-mêmes variées : endurance, footing, derny, home trainer, musculation, pignon fixe, que demander de plus ? ah ! j’oubliais : Vélo !

 

 

 

Mauvais souvenir

 

 


Mais, il n’y a pas que le vélo… Certes, l’exercice de la médecine libérale est déjà très exigeant, mais pratiquer aussi un sport de compétition nécessite un « deuxième » emploi du temps. Or, cette double activité conduit à un nouveau rôle également suggéré par la croissance du sport professionnel, qui appelle de toutes « ses forces une « médecine du sport ».
Ainsi en 1984, le Dr. Dulou reçoit à son cabinet la visite d’un « chasseur de tête » intervenant pour une écurie automobile et ses coureurs (RALT en F3 formule 3000). Cette « échappatoire » (cette échappée ?) du milieu cycliste le conduit comme médecin de cette écurie, l’année 1985. Il s’occupe du suivi médico-sportif de deux pilotes ; Mike Thackwel ( néozélandais) qui  fut souvent cité comme le plus jeune pilote à avoir participé à un GP de Formule 1 et John Nielsen ( Danois , qui fut élu sportif de l’année au Danemark ) .Ces deux pilotes qu’il a suivis toute l’année 85,  participaient à tous les grands prix de formule 3000 ( ancienne formule 2) et Nielsen faisait en même temps les 24h du championnat mondial. Jusqu’aux 24 heures du Mans 85,  où il est témoin de l’envolée de Nielsen  sur la ligne droite des Hunaudières sans casse , à part la voiture ( looping à 8 m de haut) . A son retour à Bordeaux, sa Mercedes lui a été volée. sur le parking de l’aéroport de Mérignac ! Voiture jamais retrouvée avec dans la malle son vélo préféré ! Nielsen qui remportera les 24h du Mans en 1990 sur Jaguar et fut vainqueur en 85 des grands prix de Spa et d’Estoril. Pendant cette année de suivi médico-sportif de ces pilotes , Dulou met au point un système d’hydratation du coureur pendant la course. En effet, il faut savoir que les pilotes perdent au cours d’un Grand Prix entre 8 à10 litres d’eau et se déshydratent ! Grâce à cette « invention » il n'y a plus de souci avec ce problème.
Certes, Jean-Pierre a toujours eu de belles voitures. Philippe Nardi nous a dressé le tableau du Dr. Dulou arrivant sur une course cycliste dans sa Porsche 911 avec le vélo de course sur le capot arrière. Cela ne passait pas inaperçu.
Mais, son accident de la route (août 1989) à bord de son Audi Quattro et en compagnie de Christine le blesse physiquement (omoplate, côtes, poignet et cheville fracturés, mais aussi fractures de trois apophyses lombaires) et l’atteint aussi moralement. Dans les documents qu’il nous a confiés, nous retrouvons la lettre du Pr. Plagnol du CHG de Langon (datée du 20/6/1990) indiquant avoir prescrit à J.P. Dulou un traitement pour une algodystrophie de la cheville gauche avec décalcification et pour aider à sa consolidation, ce qui explique la « positivité » de Jean-Pierre au contrôle anti-dopage. Car, l’affaire a fait grand bruit (y compris jusqu’au quotidien sportif national).
A la différence de la FFC, l’Ufolep ne souhaite pas « blanchir » son licencié.

 

 

 

Président de club

 

 

 

Déjà en 1985, une photo parue dans le journal, montre Jean-Pierre en compagnie de P.R. Villemiane, C. Magni et J.M. Michel. Le généraliste « hyperactif » a fait édifier et dirige une maison de retraite « Les Acacias » (80 lits en 1982) et il a aussi fait construire un hôtel « La plantation » (42 chambres, 2 étoiles), qui ouvre en 1985, dont il nous confie que cela n’a pas été le meilleur investissement qu’il ait fait. C’est là, en 1988, qu’il présente les coureurs de son club le « Sprinter Club de Caudrot », dont il est président et dont le sponsor est « Système U » grâce à Thierry Marie.

 

 

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 Présentation du S.C. Caudrot (g.s. "Système U"), environ une trentaine de coureurs et, ici, au premier rang accroupi au milieu P.R. Villemiane. Derrière lui à gauche, debout et en tenue de coureur, le président J.P. Dulou.


Au début des années 90, il y héberge quelques-uns des meilleurs cyclo-crossmen d’Aquitaine : Dumont et Paggiolo (1992), JP. Raymond (1993), D. Eyquard, champion d’Aquitaine à Rauzan en 1994.
A Roanne en 1995, pour les championnats de France (toutes les catégories), il présente trois sérieux candidats : Arnaud Labbe en « Espoirs » et Dumont et Eyquard en « Seniors ».

 

 

Avant de refermer le dossier Dulou

 

 

 

Aujourd’hui, Jean-Pierre marche vers les 83 ans. Outre sa présence le week-end au SAMU de Mont-de-Marsan, ils ont entrepris avec Christine d’ouvrir dans une maison traditionnelle des Landes de Gascogne « un lieu totalement dédié pour prendre soin de soi, se ressourcer, s’éveiller et s’émerveiller » : « La Source » à Bias à 6 km. de la plage de Lespecier (40) (site : dulou-la-source.fr).

Lorsque je m’aventure à lui demander où il puise toute cette énergie, il me répond thème astral : « Mars en Bélier » !

 

 

 


 


« Je suis le vagabond, le marchand de bonheur,
Je n’ai que des chansons
A mettre dans les cœurs
Vous me verrez passer, chacun à votre tour,
Passer au vent léger, au moment de l’amour…
(refrain)

« Vous êtes des enfants qui vous donnez du mal
Du mal pour vous aimez et du mal pour pleurer
Et moi j’arrive à temps, c’est bien normal
Pour aller réparer ce que vous détruisez… »

 

« Le marchand de bonheur », musique et paroles de JP. Calvet et J. Broussole, 1959.

 



22/06/2024
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