Memovelo

Memovelo

Jean RICOU

Pour supporter

Le difficile

Et l'inutile

Y a l'tour de l'île

Quarante -deux milles

De choses tranquilles

Pour oublier

Grande blessure

Dessous l'armure

Eté, hiver

Y a l'tour de l'île…                   ( Chanson et paroles de Felix Leclerc)

 

 

 

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 Oléron, pépinière de champions : après Marcel BON, 2ème de la Route de France 1951 (1er. J. Vivier), il y a eu Jacques OLIVIER, champion de France des débutants en 1952, puis Jean RICOU, "pro" en 1959-60-61. James DARODES (Grand "8" Pontois 1955, René Salomon à Jarnac 1957) est né , lui aussi à Dolus...

 

            Une île :

 

            Ancrée dans l’océan atlantique face à deux estuaires fluviaux (la Charente et la Seudre), l’île d’Oléron baigne aux larges des côtes de la Charente-Maritime, séparée au nord par le pertuis d’Antioche (île de Ré) et, au sud, par le pertuis de Maumusson (preqsu’île d’Arvert).

Reliée au continent par un pont routier depuis 1966, elle est aperçue par les caméras de télévision pour l’émission de « Fort Boyard ». Si le jeu télévisé date de 1990, le fort, lui, a été terminé en 1857. Cette fortification, voulue par Napoléon, protégeait Brouage et le grand arsenal militaire de Rochefort à cette époque où la flotte anglaise menaçait. L’ancienne capitale historique de l’île, le Château d’Oléron, est constituée par une cité fortifiée, d’abord résidence des ducs d’Aquitaine, puis des gouverneurs de l’île.

            Ce passé de fortification avec ces rôles militaire et stratégique et ce présent d’ouverture au tourisme et à la médiatisation ne peuvent cacher la véritable nature d’une île,  qu’en son temps, Pierre Loti a baptisée « la lumineuse » et « l’île aux parfums ».

C’est la plus méridionale des îles de l’Atlantique du littoral français avec un climat type « midi-atlantique » (selon l’expression du géographe Louis Papy, 1984). En conséquence, la végétation est constituée de lauriers-roses, eucalyptus, agaves et mimosas, qui fleurissent dès janvier. Les forêts de chênes verts (yeuse) aux essences méridionales rivalisent avec quelques pinèdes.

            Parmi les origines possibles du nom d’Oléron, il y a le verbe latin « olere », qui signifie « sentir » et, aussi, « olus » : l’herbe potagère. « Insula olerum » désignerait « l’île des herbes odoriférantes ».

Saint-Pierre d’Oléron est la plus grande ville, mais il y a, aussi, Saint-Denis, Saint-Georges, Saint-Gilles et Saint-Trojan. Autour de l’axe nord-sud de l’île, de nombreux hameaux, appelés « villages » et quelques lieux qui portent les noms de : Chassiron (le phare), les Saumonards (la forêt), Domino, La Brée, la Rémigeasse, la Gaconnière, Chaucre, Vert Bois… Sur la côte ouest, l’unique port de pêche de l’île, La Cotinière offre, en fin d’après-midi, le spectacle coloré du retour d’une centaine de chalutiers.

            C’est à Dolus, dans le canton du Château d’Oléron, que Jean Ricou est né le 23 septembre 1933.

 

 

           Une « petite jeunesse » :

 

 

            L’expression « petite jeunesse », c’est Jean Ricou lui-même qui l’énonce, lorsque je lui demande de me parler de ses débuts à vélo. Jean ne souhaite pas revenir sur cette période des débuts de l’adolescence où, avec son jeune frère Christian, rien n’est facile entre un père malade au retour de déportation (Jean a 12 ans en 1945) et une mère qui travaille durement dans l’ostréiculture. « Les ressources étaient maigres à la maison ». Avec une réelle sincérité, Jean regrette de ne « pas être allé assez à l’école ».

            Mais, Jean est déjà sportif. De « 14 à 17 ans », il est le gardien de but de l’Athletic Club de Dolus, club de football de 3ème série du Poitou. Il est aussi attiré par le vélo : « à 18 ans, j’avais une espèce de vélo… je me ramassais de ces gamelles… mais j’avais pas peur… on était un peu des paumés… on aurait pu être de mauvais sujets ». Avec son copain Guibert, « on s’entraînait tous les deux… du côté de la Rémigeasse et du Treuil, c’est lui qui m’a dit :  « Jean, il faut que tu fasses des courses ! » . Mais, Jean Ricou n’a pas les moyens de faire l’acquisition d’un vélo de course.

            « C’est grâce à ma mère que j’ai pu faire du vélo. Elle s’est privée pour m’acheter mon vieux vélo du départ et a fait l’impossible pour me donner l’indispensable ». A 18 ans, il prend une licence au Pédale-Club Oléronnais. Pour sa première course à l’Eguille, il termine 9ème et gagne une prime de mille francs. C’est une grande joie. Puis, il est 6ème à Nancras et, lors de sa 4ème course, il « ramasse » quatre mille francs de primes.

            En 1952, Jean Ricou gagne 4 courses, dont à l’Eguille (le 29/6) où il devance Jean Toengi, le 5ème est Pierre Beuffeuil et le 6ème Christian Péraudeau, le frère du dirigeant du ROC.

            En juillet 1953, il gagne à St. André-de-Lidon devant Toengi et Beuffeuil, puis il renouvelle son succès à l’Eguille devant Lemaître et Beuffeuil. Lors de la réunion au vélodrome de Saint-Pierre d’Oléron, le 15 août, il remporte l’individuelle, fait 2ème du tour lancé contre-la-montre et, avec Toengi, ils sont les animateurs de l’américaine de 2 heures.

Les spectateurs ont-ils « senti le mérite qu’il a eu de forcer la victoire avec un matériel vétuste ? », toujours est-il qu’  « avec le bouquet l’Oléronnais fut soudain arrosé par une pluie de piécettes. Tous comptes faits, il y en avait assez pour acheter un vélo… un vrai, et bien équipé, cette fois ». (la Nouvelle République, 11/05/1958)

Deux événements marquent encore cette année 1953 : en septembre, il passe en 1ère catégorie et, sur la vélodrome de Cozes, une chute malencontreuse le projette sur le grillage. Il est alors relevé par un certain Jacques Péraudeau, lequel, quelques années plus tard, sera son dirigeant au Royan Océan Club.

 

 

            En 1ère catégorie avant le service militaire au Maroc :

 

 

            En trois mois, en 1954, il enlève 8 épreuves dont le G.Px. du Printemps aux Sables d’Olonne , à Luçon où il devance Lemaître et à Chef-Boutonne. Il finit aussi 5ème du criterium de Bourcefranc et confirme sa présence dans les sprints qui opposent les Charentais aux Bordelais, ainsi à Pons, le 23 mai, pour le IIème Prix G. Elie, qui donne le classement suivant :

1. R. Fedon 2. Ferrage 3. Alvarez 4. Bannes 5. Verdeun 6. Ricou…

Il effectue ensuite son service militaire pendant deux ans au Maroc dans l’armée de l’air, à Oujda. Courant 1956, il est libéré et, sous les couleurs du VC Gémozac, il ne tarde pas à renouer avec les classements et la victoire.

 

 

                     1956 – 1957 – 1958 : un retour triomphant :

 

 

            Au retour du service militaire, Jean Ricou signe au Vélo Club gémozacais, « un des solides bastions du réputé cyclisme charentais qui « sortit, entr’autres, Jean Trochut » (1931-1984, vainqueur d’une étape du Tour de France 1957, Charleroi-Metz). Alors, c’est grâce à M. Guindet qu’il est équipé par les cycles « Dilecta », dont il va porter le maillot jaune et bleu pendant trois ans.

Malgré une reprise de la compétition en juin, il remporte 5 victoires (à La Mothe St. Heraye, où il devance Epaud et, à Cercoux, où il gagne devant Trochut). Et, surtout, le Criterium des Espoirs charentais, une épreuve contre-la-montre de 68 km courue le 7 octobre à Angoulême, qui donne le classement suivant : 1. J. Ricou en 1h 42’47’’ 2. Trichard  3. Dudoigt  4. Vallée à 3’ 13’’ 5. G. Latour à 3’ 24’’ 6. J. Gras à 3’38’’ 7. Epaud  8 . Cadet  9. Toengi à 5’ 12’’…

Au journaliste, qui signe « L.R. », Jean Ricou déclare : « Vous ne me direz plus que je suis tout juste bon à sucer les roues ». Alors, le journaliste ajoute : « Peut-être n’est-il pas homme de course par étapes, mais finissant fort, il peut briller dans les classiques à condition de surmonter sa timidité dans l’effort ». Pour, ensuite, redonner la parole à Ricou : « J’ai souvent peur de ne pas tenir et je me réserve ».

 

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Cette photo (prise par Jean Garnier, instituteur charentais et photographe)   saisit parfaitement  Jean  Ricou en action. Quelque part sur le circuit du criterium de Bourcefranc, ce coureur de grande taille pour les années "50", dégage de la puissance et de l'efficacité au cours d'un effort solitaire.

 

  

 

            En effet, un déclic s’est produit, Jean va réaliser une grande saison 1957, qui se traduit par 18 victoires et le gain des Coupes Tournier (offerte par J. Tournier de Jarnac) et de la « Vittelloise », qui couronnent chaque année la saison cycliste en Charentes.

 

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 Dans les années "60", Jean Ricou sera encore honoré à Montlieu comme le meilleur coureur amateur charentais. Ici, en compagnie de MM. Tournier (la bouteille à la main) et Moisan (président de l'USM et beau-père d'A. Delort).

 

 Cela commence par le Prix d’ouverture à Barbezieux le 14 avril (2. G. Gaillot  3. Darodes) et cela s’achève l’après-midi de la remise des coupes, à Montlieu le 7 octobre, où, échappé solitaire pendant 90 km, il tient tête à : 2. Darnauguilhem à 1’30’’ 3. Ja. Pineau à 1’40’’ 4. Lebeau à 2’ 5. Urbaniack à 2’ 20’’ 6 . Phelippeau à 3’ 7. Lesca à 3’20’’ 8. Gonzalès  9. Pallu 10. Nardi …

Parmi ces 18 victoires, relevons celles obtenues à :

            Angoulême-St.Cybard : 21 coureurs au sprint : 1. Ricou 2.R. Verdeun 3. Toengi 4. Barraud 5. Lelli 6. R. Suire 7. Pras 8. Mesnard  9. JP. Gras 10. Mattavent.

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 "Quand deux oiseaux se battront le matin sous ta fenêtre

  Et que leurs cris aigus te sortiront du lit

  Ne cherche ni le piège, ni le mal qui les agite ainsi

 Regarde dans la rue, le printemps est venu…"  (Felix leclerc, "ce matin-là"),          

 sur la photo : Jean Ricou et Jean-Paul Gras. 

 

            . Prix des Remparts au Château d’Oléron, détaché (course qu’il gagnera 5 fois !)

            . La Rochette (où il gagne encore en 1958) : 2. Mesnard 3. Nowack 4. Pallu…

            . le Grand Huit Pontois, au sprint, (il gagnera aussi en 1958 et 1964)

            . la nocturne de St. Georges de Didonne, au sprint, (il gagnera cette course 4 fois)

            . G. Px. de Gémozac en deux étapes, qu’il gagne toutes les deux (2. Pallu 3. L. Rigon)

            . G. Px. du Marais Chaillezais : 2. Sauffisseau(VC Sablais)3. Chiffoleau (VC Yonnais)

Déçu par sa 4ème place au championnat du Poitou des « indés », remporté par R. Suire (Mansle), Jean Ricou se rattrape en partie en prenant la 7ème place du championnat de France disputé à Strasbourg (1. A. Allanic).

 

            L’année 1958 sera plus riche encore : 20 victoires. Au premier rang desquelles s’inscrivent:

           - Bourcefranc, le 6 avril : 2. Lesca  3. Joubert

                        - Brigueil-le-Chantre, le 5 mai : 2. R. Darrigade  3. M. Quentin

                        - Royan, le 3 août : 2. B. Robinson  3. L. Bobet

                        - Guiscriff, le 15 septembre : 2. N. Esnault  3. A. Audaire

 

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 Dans les petites rues de Bourcefranc : Jean Ricou mène devant Armand Darnauguilhem.

 

  

Soit 4 criteriums avec les « pros », dont un (Guiscriff) en Bretagne. Chez les « indés » et au plan régional, J. Ricou réalise deux grandes performances :

                        - le G.Px. des vêtements Thierry, à Bordeaux : 1er, les 190 km en 4h53’ 2. Jules Pineau à 2 lg. 3. Deloche à 3 lg. 4. Dihars  5. Perrin à 4’45’’ 6. Rinco 7. Castel…

 

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 Pont sur la Dordogne, les échappés du Grand Prix des vêtements Thierry emmenés par Jean Ricou, ici devant  Jean Deloche, traversent Castillon-la-Bataille.

  

                        - Bordeaux-Rochefort (3 jours plus tard) : 1er, les 186 km en 4h 53’ 2. Gaudin 3. Nebut 4. Deloche 5. Loiseau  6. R.Verdeun 7. Coutant 8. Domagé…

Soit 4 courses gagnées en huit jours, si l’on y ajoute Chaillé-les-Marais et Rioux-Martin.

Quelques jours plus tard, il figure dans l’équipe du « sud-ouest A » dirigée par Julien Moineau pour le 3ème Tour de la Bretagne (indés), en compagnie de : Friou-Chaumont-Negroni-Loiseau-Nebut-Batan et Verdeun. Jean gagne la 2ème étape à Lorient et la 4ème à Lanvern. Il est aussi 2ème de la 3ème étape à Concarneau derrière Aubin. Lors de la 5ème étape, et alors que Michel Friou porte le maillot de leader, les coureurs du sud-ouest surveillent le 2ème au classement général, Roudaut. Une dernière fois, alors que Jean s’alimente, Roudaut en « remet une » et c’est Negroni qui prend sa roue. L’échappée va au bout, le Tour de Bretagne se joue là-dessus et Negroni l’emporte au général. Ricou est 11ème au final.

Cependant, d’autres belles victoires encadrent ces exploits : à Loubert-Madieu, à Melle, à St. Martin d’Ary, à Rouillac, alors qu’il renouvelle ses succès précédents à Barbezieux, l’Eguille, St. Georges-de-Didonne et encore, le grand « Huit »pontois.

            Un peu plus de deux saisons après son retour du service militaire, Jean Ricou a fait la preuve de ses capacités : il gagne au sprint à plusieurs ou dans une échappée, il gagne aussi tout seul.

 

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      Montlieu 1957 : Jean Ricou gagne en solitaire après 90 km d'échappée. Derrière, il y a "du monde"...

 

  

A ce moment, il apparaît légitime qu’il veuille  « tenter sa chance avec les pros au cours de la prochaine saison ». A 24 ans passés, il n’a plus beaucoup de temps à perdre.

 

 

            1959 – 1960 – 1961 : trois ans chez les « pros » :

 

 

 

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1958 : 3 de nos "meilleurs produits régionaux", 3 "indés" qui bientôt passeront "pro" : J. Ricou, F. Delort et R. Batan.

 

 

 

            Un article de la « Charente Libre », en date du 18 mai 1958, explique que Jean Ricou ne veut plus « laisser passer les occasions de faire parler de lui hors du plan régional ». On peut aussi lire cette opinion :  « nous sommes sans doute une région deshéritée, mais cela n’a pas empêché Pierre Beuffeuil, il y a deux ans, et André Trochut, l’an passé, d’atteindre la notoriété nationale ».

A Gémozac aussi, les proches de J. Ricou, surtout M.M. Gaboriaud et Guindet le poussent à passer « pro ». Deux maisons sont sur les rangs : Helyett et Mercier. Les « Anciens » le mettent en garde, comme l’avait déjà fait M. Parioleau en 1953, lorsque Jean était venu à Rochefort lui acheter son premier « vrai » vélo (un « Arliguie ») avec les « piécettes » de St. Pierre d’Oléron. Cet homme, qui avait terminé 2ème du Paris-Tours 1931 derrière A. Leducq, lui a parlé du « doping » et du recours au « petit bidon ». Alors, Jean choisit « Mercier » et Antonin Magne, auquel il témoigne encore beaucoup de respect. Pourtant, « Tonin, le sage » ne fera pas beaucoup courir J. Ricou, même s’il le garde pendant trois ans (2 chez Mercier et un chez Louison Bobet-BP). Jean Ricou s’interroge encore : « j’aurais pas dû passer pro », et il ajoute : « j’ai déçu », comme, déjà, il l’avait avoué à un journaliste : « j’ai déçu ceux qui avaient misé sur moi… »

 

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 Paris-Nice-Rome 1959 : au départ de la première étape, alors que Louison Bobet serre la main de M. de Belvefer (soi-disant le "père de la Gelée Royale) sous l'oeil amusé de Jean Bobet ("Monsieur Frère"), l'autre Jean (Ricou) a l'oeil plus sombre, un peu comme s'il appréhendait déjà "la suite des événements"... 

 

 

            En effet, engagé sur le Paris-Nice-Rome (du 4 au 13 mars 1959), dans l’équipe Mercier-BP en compagnie des frères Bobet, Aerenhouts, Truye, Privat et Gainche, il ne va pas plus loin que la première étape. Dans les faits, Jean qui a roulé sur un trou masqué par des feuilles, crève simultanément des deux roues. Dépanné certes, il doit cependant se débrouiller seul et, assez vite, il se retrouve à un quart d’heure, et il abandonne.

Jean a raté son entrée et cela va le marquer définitivement. Au Criterium National, il porte le n°82, mais il n’est pas classé. En avril, il est 27ème du Tour de l’Aude (5ème de la dernière étape). En mai, au 15ème Tour de l’Oise, gagné par De Haan, il se classe 12ème ex-aequo. Pour le reste, son activité ressemble à ce qu’elle aurait pu être s’il était resté independant. Deux victoires émergent cependant :

            - Prix des commerçants à Guéret : 1. Ricou 2. Leclerc 3. Hoffmann 3. Dejouhannet 5. Polo 6. Loustalot 7. Dolhats 8. Cohen…

 

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 Guéret, Prix des commerçants : J. Tamain, la Dame, le bouquet et Jean Ricou, le gagnant.

 

  

      - Prix de Saint-Pol de Léon.

En Bretagne, il est 2ème à Vannes, 2ème à Pont-l’Abbé (1. Pipelin) et 5ème au G.P. de Pouay (1. Crenn 2. Gainche 3. Le Buhotel 4. Cieleska).

Dans sa région, il gagne le criterium de Sainte-Foy la Grande, il est 3ème à La Couronne (1. Nielsen 2. M. Quentin), 4ème à Gouzon, 5ème à Bourcefranc (1. R. Fournier 2.J. Anquetil 3. J. Graczyk 4. R. Verdeun…).

 

            En 1960, il signe au ROC : « le ROC est un club jeune, animé par un homme de valeur, M. Peraudeau… il règne au club une franche camaraderie ». Il remporte 4 belles victoires : Pontrieux – Guérande – Périgueux-quartier St. Martin et à Gouzon, il est 1er devant Salvador et Bléneau.

En avril, il s’est classé 2ème derrière le Danois K. Lynge à Lagorce-Laguirande, puis second à Bourcefranc (derrière Beuffeuil et devant M. Bertrand), 3ème à Chef-Boutonne (1. R. Rivière 2. C. Colette). A Guéret, il est deux fois 3ème, pour le Prix de la Ville (1. Walkowiak 2. Cohen) et pour la Trinité (1.A. Dupré 2. Reynolds). A Montmorillon, il est encore 3ème, ainsi qu’à Barsac (1. Stablinski 2. Batan).

 

            Pour 1961, il est « parqué » avec trois Bretons : E. Le Bigault, S. Le Borgne et F. Pipelin dans la « succursale » des cycles Mercier, avec le maillot jaune, parements bleus, écussons BP, qui affiche « Louison Bobet-Hutchinson ». Louison Bobet, qui est sur la fin de sa carrière, porte désormais le maillot de la marque « Ignis ».

Jean Ricou gagne 4 beaux criteriums :

            - Chef-Boutonne : 2. Chaumont 3. Gonzalès

            - Belvès : 2. Pineau 3. Mazeaud

            - Piégut-Pluviers et Saint-Céré.

Le 1er juin, il est 2ème derrière Maurice Pelé, au Prix de Brigueil-le-Chantre et,  le 9 juillet, il est deuxième du Grand Prix de Rbérac derrière Federico Bahamontès  (3. F. Siniscalchi).

 

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 Ribérac, juillet 1961 : Federico Bahamontès, le vainqueur parle au micro tenu par Jean Tamain et Jean Ricou, second, regarde l'objectif "droit dans les yeux"...

  

 

En avril, au circuit de l’Even, il est 3ème derrière les Bretons :1. J. Thomin  2. F. Le Buhotel. A Montmorillon, il est aussi 3ème et à La Trimouille .(1. R. Fournier) il finit avec le peloton.

A Lagorce-Laguirande, il se classe 7ème d’une course gagnée par F. Delort, le lendemain de sa victoire dans Bordeaux-Saintes.

Au mois d’août, à Felletin, où Van Looy remporte le sprint « royal » : 2. A. Darrigade 3. Claud 4. Ricou.

En fin de saison, presqu’à domicile, il finit 3ème du G.P. d’Etaules derrière F. Delort (1) et P. Beuffeuil (2).

Les 27 et 28 mai, il a pris part au 28ème Tour de l’Oise (1.J. Alomar 2. Wasko 3. Puschel) et s’est classé 28ème au final.

 

 

            1962 – 1968 : retour chez les « indés »

 

            De retour chez les « indés », Jean court davantage et, même s’il retrouve un niveau qu’il connaît bien, pour l’année 1962, il est possible de relever une quarantaine de places dans les 5 premiers, dont 10 victoires :

            - Castillon-la-Bataille

            - G.P. de la Brèche à Niort (2. R. Verdeun  3. C. Colette)

            - à Soustons (Prix A. Tournié), à Loubert-Madieu, au Château d’Oléron, à Hossegor, à Saint-Martin d’Ary, à Montbron…

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      Saint-Martin d'Ary, 1982 : Jean Ricou s'impose devant  Eugène Fourgeaud.

 

 

 

Mais, le Tour des Charentes disputé au mois de juin le laisse amer, encore aujourd’hui. Jean gagne la 1ère étape (Angoulême-Limoges), il est 2ème de la 2ème étape (Limoges-Ruelle), puis 4ème de la 3ème étape à Rochefort, mais il gagne la dernière étape, un contre-la-montre entre Cognac et Cateauneuf. Cependant, il n’est que second au général de ce Tour gagné par R. Delaunay pour… 3 secondes (3. Vallée 4. Bodin 5. Ben Brahim).

 

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 Jean avec le maillot de leader de ce Tour des Charentes, qu'il va perdre pour 3'' et… un mauvais aiguillage !  

 

 

 

Jean Ricou est aussi 2ème du G. P. du Guâ, du criterium de Nantes (1. Stablinski), à Piégut-Pluviers, St. Séverin, au Prix des commerçants de Périgueux, à Nieul-le-Virouil (1. Broustaut), au Coux (1. Jugie) et à Montpon-Vauclaire.

3ème du G.P. de Lagorce-Laguirande (1. F. Delort 2. P. Beuffeuil), du criterium de Chef-Boutonne (1. Altig 2. Gonzalès), du Grand Huit Baignois (1. Pailler 2. Verdeun), à Verdille, à Charron, à Cambo, à Fougeyrolles.

4ème du G.P. de la Soirie à Charlieu (1.P. Ruby 2. M. Buzzi 3. M. Gonzalès).

5ème à Cérons, Royan, Bergerac, St. Christophe de Chalais.

 

            1963 : le 24 mars à Verdille, Jean  commence par une victoire (2. M. Bertrand 3. Rabaud). D’autres succès suivront :

            - à Figeac (2. Barrière 3. Coulomb)

            - à St. Pierre d’Eyraud (2. A. Dupré 3. P. Naud)

            - à la nocturne de St. Georges-de-Didonne (2. Barrière 3. R. Darrigade)

            - à Loubert-Madieu (2. Bello 3. R. Suire)

            - à St. Laurent/Gorre (2.A. Desplat 3. Deloche)

            - à La Forêt/Sèvre (2. Castel 3. Hervé)

En septembre, à Charlieu (1. J. Forestier) et à Piégut-Pluviers (1. R. Darrigade), Jean doit se contenter de la deuxième place. Il est aussi deux fois 3ème : à Cérons (1. A. Delort 2. R. Darrigade) et à St. Même-les-Carrières (1.A. Delort 2. C. Vallée). Avec les « pros » encore, il est 4ème à La Bastide d’Armagnac (1. R. Altig 2. M. Gonzalès 3. R. Batan),  puis 7ème à Brioude (1. G. Desmet 2. J. Marcellan 3. B. Beheyt). Le 25 mars, à Lagorce-Laguirande, en se classant 10ème, il est aussi le témoin de la victoire de son « pays » Pierre Beuffeuil sur F. Delort (dont on ne sait pas encore qu’il s’agit de la dernière année ), lequel l’avait battu l’année précédente et qui échoue ainsi à réaliser la « passe de trois ».

 

            1964 : Malgré une dizaine de victoires cette saison, il convient de retenir d’abord cette seconde place – pratiquement chez lui – à Bourcefranc, derrière Benoni Beheyt qui porte alors le maillot de champion du monde et devant l’Espagnol Perez-Francès, qui a fini 3ème du Tour de France 1963.

En juillet, à La Rochefoucauld, il doit se contenter de la 3ème place derrière R. Darrigade (1er) et Tymen (2nd), tout comme en septembre, à Saint-Romain en Charroux : 1. C. Gabard   2. Dagouret.

Cependant, en pays charentais et limitrophes, il règne :

            - 1er à Chirac (2. Besse 3.A. Dupré)

            - 1er à Brie (2. Bodin 3. Bileau)

            - 1er à Rouillac (2. Pailler 3. Laville)

            - 1er à Chaniers (2. Duclaud 3. Vallée)

            - 1er à Montmoreau (2. Perrotin 3. Daunat)

            - 1er à St. Même-les-Carrières (2. A. Delort 3. Joubert)

et aussi, les 2 jours de la Braconne ( 2. Bileau 3. A. Delort),  puis, sa première victoire dans le « Grand Huit Baignois » (2. de Santi  3. Barjolin).

 

            1965 : En mai, Jean Ricou remporte Bordeaux-Périgueux devant J. Bégué (2), J. Suire (3), R. Darrigade (4), F. Siniscalchi (5)… Quelques jours plus tard, dans Angoulême-La Rochelle, il est second derrière A. Delort (3. Moussard). Revanche au circuit de la Trompette, le 28/4 : 1. Ricou 2. A. Delort 3. C. Gabard. Entre temps, Jean a gagné au Coux-et-Bigarroque (2.P. Barrière 3. Gervais), une course où il a déjà fait « 2 », deux fois (1962 et1963).

Encore une fois, Jean gagne au Château d’Oléron sur ce circuit des remparts qu’il maîtrise si bien, puis à Chalais (2. Duteil 3.A. Delort) et à Matha (2. Bileau 3. Angibaud).

En Gironde, il gagne à Vayres (2. Bileau 3. Leblanc) et au Verdon (2. J. Suire 3. Caneiro).

A Périgueux-St. Georges (3ème) et à Nérac (2ème), il butte sur le nouveau champion d’Aquitaine des « indés », Christian Leduc, comme cela a été le cas à La Rochefoucauld (3ème), à Targon (2ème) et à Montlieu (3ème) avec André Delort.

 

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 L'arrivée de Bordeaux-Périgueux 1965 : Jean Ricou devant Jacques Bégué, Jacques Suire, Roger Darrigade et François Siniscalchi...

 

 

            1966 : Le grand moment, cette année-là, c’est la victoire de J. Ricou dans la 3ème édition de Bordeaux-Bayonne devant Claude Perrotin.

En Charentes, Jean est souvent placé (excepté à Mosnac/Seugne où il gagne), comme à Chateauneuf (3ème derrière 1. A. Delort 2. M. Laforest) et à St. Même-les-Carrières (2ème entre 1. Barjolin… 3. Leduc). Il est 6ème à St. Michel/Charente (1. Berland 2. Barjolin), 7ème d’Angoulême-La Rochelle (1. Leduc 2. Trochut), 8ème à Montbron (1. Laforest).

Par contre, dans les Landes, il collectionne les succès : Seignosse, la Croix d’Hinx, Labatut, Capbreton…

 

            1967 : Quand Jean Ricou, au mois d’août, gagne à Chateauneuf/Charente le second est Maurice Laforest et le troisième, Jacques Gestraud. Ce résultat met en scène trois générations de Charentais (Ricou est de 1933, Gestraud de 1939 et Laforest de 1942). C’est l’avant-dernière saison de Jean, alors que monte une « nouvelle vague » : Campaner, Paranteau, Laforest, entre autres…

 

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 Montbron (la patrie de J.Pras) : les générations se suivent… devant C. Gabard, suivi par C. Vallée, puis J. Ricou, suivi par C. Jagueneau….

 Quant aux voitures, c'est : Frégate, Dauphine et DS...

 

 

 

            - Bouniagues (18/5) : 1. Laforest 2. Ricou 3. Paré

            - Chaillevette (8/6) : 1. Laforest 2. Ricou 3. Dal Sié

            - St. Christophe-de-Chalais (27/7) : 1. Laforest  2. Saint-Jean 3. Ricou

            - Aiguperse (21/8) : 1. F. Campaner 2. Beaufrère 3. Ricou

            - La Forêt/Sèvre (24/8) : 1. Laforest 2. Paranteau 3. Trochut

            - St. Même-les-Carrières (7/9) : 1. Laforest 2. Paranteau 3. Trochut

            - Savigné (21/9) : 1. Ricou  2. Laforest  3. R. Darrigade

            -Saint-Junien (28/9) : 1. Paranteau  2. Ricou  3. Mazeaud 4. Laforest  5. Gestraud…

 

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 1962 : de retour de chez les "pros", Jean se retrouve en campagne (charentaise sûrement) avec de "nouveaux jeunes" : ici, Francis Campaner, Michel Bileau et Roland Delaunay (en partie caché derrière J. Ricou).

 

  

 

            1968 : La « der » de Jean Ricou :

 

 

 

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 Pour sa dernière année de compétition, Jean Ricou est champion du Poitou et il gagne le "Grand Huit Baignois" (pour la deuxième fois).

 

           

            Le 26 juin, chez lui à Gémozac, J. Ricou devient champion du Poitou des « amateurs H.C. ». A Baignes, il gagne le « Grand Huit » pour la deuxième fois.

Ailleurs, le « brassage » des générations se poursuit :

            - Mosnac/Seugne (18/4) : 1. Trochut   2. Laforest  3. Ricou  4. Paranteau

            - Genouillé (24/4) : 1. Laforest  2. Ricou  3. Mériaux

            - St. Bonnet/Gironde (22/5) : 1. R. Lalanne  2. R. Darrigade  3. Ricou

            - La Rochette (6/6) : 1. Mériaux  2. Archambaud  3. S. Lapébie  4.Ricou 5. Jagueneau

            - Calès (19/6) : 1. Ricou  2. Paranteau  3. Beuffeuil

            - St. Même-les-Carrières (4/9 ) : 1. Laforest  2. Trochut  3. Beuffeuil  4. Ricou

            - Bergerac ( ?/9) : 1. Fages  2. Beuffeuil  3. Ricou  4. Laforest  5. Gonzalès

            - Aiguillon (11/9) : 1. Laforest  2. Ricou

            - Cozes (1/10) : 1. Laforest 2. Champion 3. Ricou  4. Beuffeuil.

 

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      Sur les courses et dans la vie, les RICOU étaient trois : Jean, Simone et Karim. Simone est décédée en 1998.

  

 

            Et « l’après », Jean ?

 

 

            Ayant débuté à l’âge de 18 ans les compétitions cyclistes, la carrière de Jean Ricou s’étend sur 18 années (1951-1968). Ainsi que l’écrit  la « Nouvelle République » du 11-5-1958 : « notre cyclisme régional connaît en Jean Ricou « un nouveau maître ».

La Charente-Maritime, qui s’enorgueillit alors des succès chez les « pros » de ses « Tours de France », Pierre Beuffeuil et André Trochut, voit en Jean Ricou son « troisième homme ».

 

            Aujourd’hui, Jean pense : « je n’aurais jamais dû passer « pro »…, mais, au vu  de ce qu’il réalise en 1957 et 1958, qui donc devrait passer « pro » ? Certes, en 1959, Jean a 26 ans. Certes, Antonin Magne ne le fait pas beaucoup courir (Criterium National, Paris Valenciennes, Paris-Bruxelles…, courses qu’il ne termine d’ailleurs pas). Pourtant, « Tonin le sage » le conserve dans ses équipes trois ans. Mais, Jean ne garde visiblement pas un bon souvenir de ce passage : « j’en ai tellement vu ! », dit-il, maintenant.

            A plusieurs reprises, Jean veut parler de ce que l’on nomme désormais le « dopage », un sujet dont, ici, nous ne voulons pas faire notre « commerce » (il n’y a d’ailleurs pas de boutique, ici). Nous l’écoutons nous dire : « je suis un homme sain, pas un ange ». Nous l’entendons nous dire : « A Saint-Pierre, sur le vélodrome, j’avais battu R. Altig dans l’épreuve de vitesse… mais, avec son frère, qu’est-ce qu’ils nous ont mis ensuite dans l’américaine ! »  Il s’interroge encore : « Cet Altig, quand même, à Chef-Boutonne il est intouchable et , le lendemain à Chaniers, il transpire de partout et il avance plus.. ? »

Mais, il se laisse aller aussi à l’admiration : « Anquetil, quel beau coursier !... ça tombait les jambes, quel beau coureur ! »

Lui, Jean Ricou, raconte : « je faisais du boulot… hé ! les gars, il faut se mettre à rouler, là ! » Il y avait des courses « où j’allais chercher tout le monde » et, même, « parfois, j’emmenais le sprint (et) j’allais faire la place quand même ».

Reste l’étonnant fatalisme qui émane de cet homme au gabarit encore imposant, au front (toujours ?) bronzé et au sourire généreux. A plusieurs reprises, il ponctue ses déclarations par la formule : « c’est comme çà, c’est comme çà »…

            En 1968, il en a « un peu marre » de s’être « privé », comme il l’a fait pendant 15 ans. Il devient représentant pour une société qui vent des liqueurs et des spiritueux. La maison dans l’île a été vendue, il est resté à Gémozac, mais il est toujours amoureux d’Oléron et de la pêche. Il nous montre les photos des bars qu’il a pris et de son voyage aux îles Marquises.

 

Ricou 1.jpg

 Fils de l'île, Jean est un passionné de la pêche : ici, avec un beau bar (!!!)...

  

Parfois, il entraîne à la pêche, en lui faisant porter ses gros moulinets (sic), son copain Beuffeuil.

Mais, le dimanche, Jean emmène Colette danser… A Vert-Bois, par exemple.

 

 



04/03/2015
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