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Robert PEYRAN

 

 

                                                       Robert PEYRAN

 

 

                                                               Curriculum :

 

 

            Homme de quartier-Coureur cycliste-Père et Grand-père- Organisateur de courses

 

 

            L’homme de quartier :

 

                                                   

Robert Peyran, qui est né le 14 décembre 1933, habite toujours la maison où sa mère, elle-même, est née : 89, rue Solle à Caudéran. Nous sommes ici dans le Caudéran-Sud et, plus précisément, dans le quartier de Cardoze, où – selon le maire adjoint Pierre Lothaire – «  tout le monde se connaît et où il règne un climat d’autrefois ».

            Contrairement aux idées reçues sur le  quartier (certains considèrent Caudéran comme le « Neuilly » de Bordeaux), Caudéran n’est pas  qu’un quartier bourgeois, mais un quartier réellement populaire. Annexé à Bordeaux le 22/02/1965,  c’est une ancienne commune, qui a gardé un esprit de village qui perdure.

            C’est ici que Robert Peyran a été élevé par ses parents, c’est ici qu’il a signé sa première licence et fait ses premiers tours en course. Tout - ou presque – est dit.

Rien d’étonnant donc à retrouver Robert Peyran dans le n°5 de la collection « portrait de quartier » (Parc Bordelais-Pins Francs-Maréchaux-Bel Air/Balaresque-Cardoze-St Amand), éditée par le journal « Sud-Ouest ». C’est l’organisateur du criterium cycliste de Bordeaux-Caudéran de 1987 à 2003 que l’on y interroge. L’ancien coureur cycliste est aussi l’employé de la Mairie de Bordeaux qui, « fidèle à son rôle d’animateur », a organisé des courses cyclistes dans les quartiers de Bordeaux : Cardoze – St. Augustin – les Capucins – Bacalan. Celui qui est aujourd’hui le vice-président du comité de quartier de Caudéran-Sud (présidé par J. Dubrana) est encore celui qui a relancé, après un sommeil de 24 ans, le Cyclo Club de Caudéran, club qui avait été créé en 1937.

 

             Le coureur cycliste :

 

 

               La vie sportive active de Robert Peyran  commence en 1952, à l’occasion des fêtes du quartier de Cardoze où il s’engage avec sa première licence FFC, signée au Cyclo Club Caudéranais.

 Dans le quartier de Cardoze au début des années 50, Robert avec ses copains, Coupeau et Fillatreau.

 

C’est aussi l’année de sa première victoire. En juin 1952, il gagne à Pessac, dans le quartier « les échoppes – le vallon » le Prix Mariani.

 

 

 La "première", à Pessac, "les Echoppes- le Vallon", 1952

 

 

 Première victoire, un bouquet et trois "Miss". Derrière, la camionnette "Ragagnin"..?

 

            Pendant deux ans, R. Peyran poursuit son apprentissage dans ces courses que certains (qui n’ont rien gagné et d’autres qui y ont été nettement battus) désignent dédaigneusement par « 3 et4 ». En fait, tout le monde commence par là. Il y a aussi un classement des « 3  et4 » dans les « toutes » catégories, y figurer est généralement bon signe.

            3 succès viennent inscrire R. Peyran dans la catégorie des coureurs qui gagnent : Le Vigean – St. Médard en Jalles et le Tour du Bas Médoc en 2 étapes, en 1954.

            En 1955, le chasseur Robrt Peyran (matricule 4694 au 7ème régiment de chasseurs d’Afrique) s’éloigne pour 30 mois de service militaire, dont 15 en Allemagne et 15 en Algèrie. Les comparaisons entre générations qui vont encore bon train, oublient souvent de  considérer la durée et le contexte de cette période qui stoppe la progression du cycliste, à 20 ans, au moment le plus favorable. Aujourd’hui, difficile à imaginer !

            1957 : revenu de cette « aventure », désormais « indé- 2ème caté. », l’ex-soldat Peyran appartient au C.A. Municipal qui arbore sur ses maillots la publicité pour les « Meubles Bayle ».

 l'équipe du CAM -"Meubles Bayle" : Peyran, R.Lesbats, A. Grand, Cazalis.

 

            1958 : victoires à St. Valliers-le-Pérat (16) et à Nérac (47),  il termine 3ème de Bordeaux-Arès remporté par Christian Castera malgré une chute à l’arrivée.

 

 

           1959 : indépendant 1ère catégorie au CAM.

 

Grand Prix des Vins du Blayais : 4ème seul sous la pluie ...

 

           1960 : la « belle équipe » au Parentis-Sport avec une victoire à Beaumont du Périgord

 

 1960, sous le soleil (exactement) de Parentis avec le président Laluque et A. Bello et les frères Lopez.

 

 

 Une belle Miss pour une "belle" (course), Robert n'y va pas de "lèvres mortes"...

 

          1961 : en contact avec Raoul Rémy, il choisit la sécurité d’un emploi à la mairie de Bordeaux (le 15 mai 1961)

          1962 : licencié à la « Pédale Talençaise », victoire dans le Grand Prix de Bruges

                       mariage avec Henriette, le 08/12, de cette union  naissent : Christine en 1964 et Gilles en 1971.

          1968 : après une deuxième place à Gujan-Mestras,

  A Gujan-Mestras, avec le speaker Bannes, le vainqueur Nicot de Ste Foy et, peut-être, la petite (alors) fille de Raymond Poulidor.

 

le 18 août  Séméac, lors d’une chute un peu plus grave que les autres, il se fracture le poignet et met un terme à son activité de coureur.

            Pendant six ans, il se consacre avec sa famille à la restauration d’une vieille maison dans les Pyrénées, à St. Pé de Bigorre.

            En 1975, Robert Peyran reprend la compétition à quarante ans passés. « Popeye » (un surnom que lui a donné René Desbats) arrête définitivement en 1982, à 48 ans,

 

 

 

 titre d'un article dans "Sud-Ouest" signé JP. Billochon, qui dit : "surprenant Robert Peyran, beucoup plus connu dans les pelotons sous le surnom de "Popeye" et qui, après plusieurs années d'absence et de retraite, a retrouvé un coup de savate à vous faire trembler les gros bras fraîchement couronnés".

 

après un Bordeaux-Lugos et une 2ème place à Vézac.

 

 et tout finit par une deuxième place... (ici, Vézac 1982)

 

            Au total, environ 23 années de compétition cylistes et 8 clubs fréquentés : CC Caudéran – ASPOM-CCB – CAM Bordeaux – Pédale Talençaise – Parentis Sport – Le Bouscat – BVC et Mérignac VC.

            14 victoires et plus de 100 fois dans les 10 premiers. Soit un ensemble qui, en quantité et en qualité, témoigne d’une solide connaissance du cyclisme aquitain.

 

 "pour quelques bouquets et... une bise de plus" (Buzet/Baïse, 1958-59)

 

 

 

            Père et grand-père :

 

 

 

            Revenons à 1961 qui est l’année où tout (ou presque) se décide. Après quelques succès dans les courses, Robert ( qui va avoir 28 ans et qui a connu tous les petits boulots qu’il était facile de trouver à l’époque) devient employé de la mairie de Bordeaux. L’agent municipal sera tour à tour « fontainier, éboueur, goûte de lait pour l’enfance, employé à la cantine municipale puis de nombreuses années au Grand Théâtre, enfin au magasin scolaire. Sacrée cascades de tâches ! mais qui permet à celui qui en a l’échine d’acquérir une vraie connaissance des rouages et des services d’une grande cité.

 

            A la fin 1962, il épouse Henriette. L’agent municipal et l’employée de la manufacture de chaussures Souillac vont avoir deux enfants à élever : Christine, la fille, qui arrive en 1964 et Gilles, le garçon, qui naît en 1971.

Une situation que Robert connaît bien : son père était employé au « TOB » (tramway omnibus électrique de Bordeaux) et sa mère dans une fabrique de vêtements sportifs. Une mère d’origine pyrénéenne, ce qui explique la maison de St. Pé de Bigorre, village où sont enterrés les parents. Un père qui a joué au rugby à l’A.S. Caudéran avant la guerre et qui emmenait avec lui le petit Robert ( !) sur les terrains. Robert a conservé beaucoup d’intérêt pour le rugby, mais il est surtout passionné par le XIII.

 

            Reste le vélo et son emprise. Christine a épousé Jean-Louis Gomez, l’excellent coureur du C .A. Bègles (9 victoires en juniors 2), lui-même fils de coureur (Louis Gomez, le père, a couru avec et contre Latorre, Gavelle, Bramard ou Joulin…). Aujourd’hui, Jean-Louis dirige une entreprise horticole à Martillac (33). Christine et Jean-Louis ont deux grandes filles : Marie et Julie.

            Gilles Peyran (le « petit Popeye »), qui a eu deux enfants avec Chrystelle : Maxime et Eva, a été un junior prometteur. A 18 ans, il gagne à St. Augustin, « la course de mon père » (certes en 2,3,4 et juniors), course qu’il gagne deux fois. Son sprint lui permet de l’emporter dans les nocturnes ( Morcenx, La Bastide, Eysines, La Souterraine). En 1997, licencié alors à l’U.S. Dax, il gagne coup sur coup à Retjons et à St. Géours de Marennes . En 1998, il est champion de Gironde. Mais, à 20 ans, il n’a pas osé « essayer », lorsque son ami Frédéric  Guédon, devenu « pro » en Espagne, lui a proposé de le présenter aux dirigeants de l’équipe « CLAS ». Comme son père, il a choisi la sécurité d’un emploi à la mairie de Bordeaux. Cependant, Gilles garde de bons souvenirs de son passé « fédéral » parmi des coureurs qu’il appréciait : Bruno Bannes, Patrick Hourdebaigt, Gérard Ianotto, Didier Labourdette, Fernand Lajo, Didier Saumon… Des cinq semaines passées au Canada en 1996, où il disputa 7 critériums et participa à Québec-Montréal, une course de 251km gagnée par Champeymont.

Aujourd’hui, le fils de Robert, qui fait encore du vélo pour se distraire et conserver son poids (presque) de forme, peste sur la « petite mentalité » de certains licenciés « Ufolep », qui croient pouvoir entreprendre une carrière de coureur à 40ans passés…

Mais, à l’âge de 2 ans, il a perdu un œil à la suite d’une tumeur. Et, s’il a pu surmonter ce handicap sur le plan sportif, il s’est retrouvé privé de certains débouchés professionnels (pas de service militaire, pas d’emploi dans l’armée, la gendarmerie ou la police…) auxquels il aspirait.

 

            Autour du père, Robert Peyran, il y a donc un réseau familial traditionnel. Mais, le « bon père de famille » a aussi su l’élargir. « Popeye », qui a été l’ami de Roger Lapébie, est – peut-être – le dernier à avoir accompagné Guy Lapébie dans les débuts bordelais de sa fin de vie. Guy, fait chevalier de la Légion d’honneur en mairie de Bordeaux à 90 ans en juillet 2007, n’avait plus que deux véritables présences dans sa vie quotidienne : son amie, artiste peintre, et Robert. Pour ses obsèques à Luchon, le 11 mars 2010, Robert avait fait le voyage avec son ami Martial,  pour un dernier soutien.

 

 

  

            L’organisateur de courses cyclistes :

 

 

            L’éloignement du milieu cycliste est de courte durée. En septembre 1985, dans le cadre des fêtes de son quartier, Cardoze, avec l’aide de J. Dubrana, président du comité des fêtes de Caudéran-Sud, une course de cadets est organisée sous le patronage du Mérignac Vélo Club.

            En 1986, le 2° Prix cycliste de Cardoze, sous le patronage du CA Béglais, est ouvert aux seniors.

            En 1987, le 3ème Prix cycliste de Cardoze pour seniors est précédé d’une course de cadets et, toujours avec l’aide du CA Bèglais et de Pierre Mancisidor, le 26 juin 1987 a lieu le Grand Prix cycliste de Caudéran (ouvert seulement aux amateurs), dont le vainqueur est Marino Verardo.

            En 1988, « l’escargot sort de sa coquille » , le CC Caudéran renait et se donne Robert Peyran comme président. Le club avait été créé le 9 juin 1937 par un linotypiste nommé Pineau et le président d’honneur fut, à l’époque, Abel Argotte champion d’Europe de boxe.

 

 Tout de suite après 1936, la jeunesse caudéranaise a levé un peloton (ici, devant "la Pergola")

 

Après guerre, le président est un industriel caudéranais, Louis Labarrère, et il se maintient au sommet de la hiérarchie avec René Berton, Robert Desbats (deux "Tour de France), A. Mariani, G. Guiral, G. Cantou,A. Darnauguilhem, R. Cruzin, soit d’excellents coureurs nationaux et régionaux.

            Cette renaissance du « CCC » est accompagnée par la mise en place du Criterium cyliste de Caudéran (course « open » : 12 pros et 30 amateurs) en juin avant le Tour de France (premier vainqueur : Marc Gomez). Cette épreuve va se dérouler ainsi pendant 3 ans.

            Puis, le Grand Prix de Bordeaux qui se déroulait aux Quinconces disparaît et la municipalité propose son aide à Robert Peyran pour l’organisation d’un criterium cycliste international (20 pros et 12 amateurs sur sélection).

 

 

            Au début de l’année 2000, Robert Peyran – après 12 ans passés à la tête du club – se retire du « CCC » qui devient, alors, le Club Cycliste de Caudéran sous la présidence de C. Dalman.

Le débutant des années 50, devenu président du « CCC », est aussi, à partir de 1988, l’organisateur de courses dans les quartiers de Bordeaux : St. Augustin, les Capucins:

 

 


1988 = octobre : 1. Bouyssou (Marmande)

 

1989 =      "       : 1. P. Galy (Marmande)

1990 =      "       : 1. A. Gomez (Le Bouscat)

1991 =      "       : 1. C. Céard (CREPS Talence)

1992 =      "       : 1. S. Quadrati (CREPS Talence)

1993 =      "       : 1. J. Bogdanski (CREPS Talence)

1995 =      "       : 1. A. Gomez (Caudéran)

 


 

 

et Bacalan.

En 1996, le chef de file des coureurs du club est Gilles Chauvin, alors champion d’Aquitaine, entouré de P. Galy, A. Gomez et G. Peyran, le fils.

En 1998, Robert Peyran lance l’école de cyclisme (6-14 ans).

 

 

   Robert (au centre) veille, avec les "élus", sur l'"école de cyclisme".

 

            Il est aussi l’organisateur de 5 « Dax-Bordeaux »  entre 1992 et 1996 :

 


1992 : 1er, le 23 mai : 1. E. Loubère (Mont de Marsan) 155 km en 3h 58' (42,127 km/h)

    4. Jalabert... 9. Bannes... 10. G. Peyran

 

1993 : 2ème, 15 mai : 1. F. Arnaud (St. Jean de Mont) 187 km en 4h43' (39,658 km/h)

    3. B. Bannes (St Martin de S.)

 

1994 : 3ème, 21 mai : 1. G. Dubois (Mérignac V.C.) 190 km, 80 coureurs... 4. B. Bannes (St.M. S.)

 

1995 : 4ème, 20 mai : 1. Guillon (Bayonne) 185 km, 90 coureurs.. 2. Langella (Marmande)

 

1996 : 5ème, 18 mai : 1. Bellicaud (Bressuire) 177 km en 4h12'26'' (42,065 km/h)  


            Et, encore, la « journée de la bicyclette » sur Bordeaux-Nord (1. S. Dief  2. B. Bannes), en 1990. Le grand Prix de St. Pé de Bigorre avec l’appui de l’UV Lourdes, en 1991, revient à Cabou-Baradat (CC Béarn). Mais, aussi, deux cyclosportives au nom de « Roger Lapébie », en 1994 (225 km dans le Médoc, vainqueur : I. Pavlov) et en 1995 (dans l’Entre-deux-mers, vainqueur P. Galy).

            Le 5 septembre 2003, à bord de la péniche « Royal Garonne », R. Peyran présente la 16ème édition du critérium de la ville de Bordeaux-Caudéran. A ce moment, la course reçoit une subvention de 20 millions de francs et Robert va à la pêche aux sponsors pour doubler la mise.

 

 Cette photo prise lors de la présentation du 16ème critérium, à bord de la péniche "Royal Garonne" nous a semblé remarquablement poser la silhouette et l'empreinte de Robert Peyran, l'homme du vélo, sur fond de Pont de Pierre , de clocher et de façades, sur la ville de Bordeaux.

 

           Le jeune retraité de la Ville de Bordeaux, qui a vécu ses deux dernières années en situation de « cessation progressive d’activité » pour s’occuper de l’organisation du critérium,

laisse sa succession à son vice-président, Y. Manuau. Le critérium va retrouver le centre de Bordeaux et la place Gambetta. Mais, en 2012, il n’y a plus de Critérium de Bordeaux.

Attardons-nous, alors, sur ces propos tenus par le journaliste C. Grené dans le journal  « Sud-Ouest », sous le titre suivant :  « à bientôt 70 ans, Robert passe le relais » :

 

            « A Robert Peyran, un beau jour, il faudra que la gent cycliste élève une stèle, du côté de Caudéran tant qu’à faire, pour tout ce qu’il a mis d’ardeur afin que les amoureux de la petite reine ne soient pas orphelins. »



09/07/2012
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