Memovelo

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Lucien GONZALO (1913-1994)

 

 

 

 

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Lucien Gonzalo, coureur cycliste, international de rink-hockey et dirigeant sportif.

 

 

            . Du roller au vélo :

 

            En cet octobre 2017, « Vélo-magazine » (n°556) raconte que Sander Armée, ce grand coureur belge (1,89 m), « pro » chez « Lotto-Soudal » et vainqueur de la 18ème étape de la Vuelta, a été , auparavant, champion d’Europe juniors du « Marathonet » (roller-skating : patinage à roulettes) à Grenade-sur-Garonne en 2012.

            Ce n’est pas la première fois que l’on peut observer ce type de trajectoire sportive. A la fin des années 50 et au début des années 60, dans la région bordelaise, il y eut le cas de P. Bonnecaze de l’ASPTT de Bordeaux qui, à l’âge adulte, se transforma avec succès de bon patineur en bon coureur cycliste.

            En fait, ce transfert d’activité sportive n’a rien d’étonnant, car – indépendamment de la technique (patinage ou pédalage) – les groupes musculaires (les cuisses, les jambes) et la fonction cardio-respiratoire sollicités sont sensiblement les mêmes. Notre sujet, Lucien Gonzalo, opère ce changement à une autre époque (1929-1935) et dans l’autre sens (du cyclisme vers le rink-hockey).

            A la fin des années 70 et au début des années 80, la « détection précoce des talents », étayée sur un réseau de section « sport-études » devient la grande organisatrice des destinées sportives. Des transferts d’activité tels ceux de Gonzalo, Bonnecaze ou Armée se font rares. Désormais, on entre à l’école de sport quasiment juste après l’école maternelle et certaines trajectoires sportives s’étendent de 7 à 40 ans, soit plus de trente années de compétition parfois, et dans certains sports sur une plus longue durée encore.

            Par ailleurs - sauf peut-être pour ceux qui n’hésitent pas à voir le « sport » déjà chez les Grecs – le « sport » (mot anglais) n’a pas toujours été là. Pour ceux que l’Histoire intéresse ou passionne et qui en ont quelques notions (pré-histoire, antiquité, moyen-âge, âge classique, siècle des lumières, monarchie/république, histoire contemporaine…), le sport est un phénomène (social, culturel, peut-être politique puis, assurément économique) « vieux » d’à peine plus de 150 ans…

Un siècle est souvent présenté comme l’espace-temps de trois générations : grand-père - père- petit-fils. La notion de « génération », difficile à cerner, est - dans ce cas – rapportée à l’âge du Christ au moment de la croix, soit 33 ans. Nous, ci-devant, avons connu et connaissons deux des petites petites-filles de Lucien Gonzalo (Florence et Pascale), d’abord étudiantes dans la filière aujourd’hui nommée STAPS, puis enseignantes comme leur mère (Michèle) et sportives comme leur grand-père (Lucien), que nous avons vu jouer un France-Angleterre en 1957, à la salle Pinçon de La Bastide (aujourd’hui J. Dauguet).

 

 

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Les filles de l'UER d'EPS de Bordeaux, championnes de France universitaires de handball à Lyon en 1983 : en bas, Jacqueline Brigout (allongée), au-dessus d'elle (ballon en mains) Claire Agard, Dominique Trias, Pascale Darnis (tournée, les bras croisés) et sa soeur, Florence Darnis (N°8), les deux petites filles de Lucien Gonzalo, et Laurence Berger. En haut (de gauche à droite), Martine Teulier, Isabelle Petit, Anne-Laure Demias, Sylvie Pérève, Catherine Devaux et Hélène Magne.

 

 

 

            En 1950, l’ASPTT de Bordeaux se réjouit de la « magnifique saison de l’équipe première de rink-hockey » (R. Grégoire, in « PTT-Sports du Sud-Ouest, n°61) au cours de laquelle les titres de champion de France, la coupe de France et le championnat de Guyenne sont tombés dans son escarcelle. Dans un autre article de presse, M. Majuque écrit à propos du capitaine de cette équipe : « qui ne connaît pas dans le milieu du patin à roulettes ce garçon sympathique et si simple qu’est Lucien Gonzalo ? »

Or, Lucien Gonzalo a débuté par le cyclisme à l’A.S. du Midi (plus tard l’ASPOM) du temps des Roger Lapébie, Paul Maye, Virol, Chadelle, Meyroux, Minard, Marcel Verdeun au Parc des sports. Puis, il fut aussi le gardien de but de l’ASPTT de Bordeaux, international et capitaine de l’équipe de France de « hockey sur patins à roulettes ». Le « rink-hockey », sans être une pratique régionale (il y a aussi la région nantaise, la Vendée et le Nord… aujourd’hui, la Bretagne) est, déjà avant la seconde guerre mondiale, un sport bien implanté dans le sud-ouest (Biarritz, Bordeaux, Coutras, Gazinet, Gujan-Mestras…). C’est un sport collectif (5 joueurs), semblable au hockey sur glace, qui se pratique sur des patins à roulettes et sur une surface dure (ciment le plus souvent).

            Qu’il nous soit permis – sans jamais vouloir à aucun moment nous comparer au grand projet d’E. Todd dans « Où en sommes-nous ? » (Seuil, 2017) – de lui emprunter l’expression de « dynamique de longue durée des systèmes familiaux », pour retracer la trajectoire existentielle de Lucien Gonzalo (1913-1994) dans le sport et dans le siècle (XXème). Même si notre projet apparaît ainsi beaucoup plus modeste.

 

            . origines familiales :

            Les parents de Lucien Gonzalo, Antonio et Donisia, sont originaires de la région de Valladolid (Espagne), mais ils se sont connus en France, où ils avaient émigré pour des raisons économiques. Ils travaillaient dans le même hôtel à Biarritz. C’est ainsi que Lucien Gonzalo est né le 28 février 1913 à l’hôpital de Bayonne. En 1924, naît Henri César, le petit frère de Lucien.

 

            . coureur cycliste (1929-1935):

 

 

 

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 1929 : à 16 ans, Lucien fait ses débuts sur la piste du vélodrome du Parc des sports.

 

 

            « La Petite Gironde », dans sa 22ème édition datée du 12 mai 1929, rappelle le résultat de la finale de la « Course à la Médaille » : 1. H. Mercet (BPC) 2. L. Gonzalo (UCA) 3. R. Allard (BPC). Le journal décrit ainsi cette finale : « Au coup de pistolet, Allard part en tête, qu’il conserve jusqu’à la cloche, Beylard s’échappe, mais dans le dernier virage les quatre hommes se déploient en éventail et fournissent leur effort dans la ligne droite, Gonzalo tassé par ses rivaux, se voit frustré d’une victoire possible et Mercet passe le premier la ligne d’arrivée ».

            Connue sous le nom « la Médaille », il s’agit d’une épreuve de prospection, que « l’inventeur du Parc des sports », Robert Hüe, a repris d’une tradition parisienne que lui-même a bien connu lorsqu’il était étudiant à Paris.

« L’Athlète » (du 04/12/1963) l’écrit fort justement : « la Médaille a ses filles de Province, écoles primaires du sprint ». Un an après l’ouverture du nouveau « Parc des sports » (1925), sur le domaine de Lescure, R. Hüe lance cette organisation sur cette belle piste de 500m et qui a lieu tous les dimanches matin de janvier à avril. Le premier vainqueur en est P. Mirouze du SAB. D’autres noms vont suivre : A. Luguet en 1930, G. Lapébie en 1933, P. Maye en 1934 (cf. ici, dans « histoire des courses »).

            A cette époque, ceux qui pensent et organisent le cyclisme conçoivent la piste comme le passage obligé dans la formation du coureur et la vélocité comme la qualité fondamentale. Cependant, il n’y a pas une piste partout. Nous revient alors en mémoire le témoignage que nous avait confié Guy Lapébie : « tous les soirs, il y avait 30 à 60 gars qui tournaient sur la piste de Lescure ». Témoin privilègié s’il en est, Guy Lapébie (futur grand coureur des « Six jours »), dont le père était cheminot à la gare voisine de la Médoquine, trouvait là son premier « terrain d’aventures ». Précédé, sans doute, par son frère Roger (futur vainqueur du Tour de France en 1937), lequel figure sur cette photo en première page de  « l’Athlète moderne » (18 mai 1927) parmi « les jeunes finalistes de la Médaille éduqués par l’Ecole des sprinters du Parc des sports de Bordeaux ».

            A la suite de ce résultat probant, Lucien Gonzalo est désormais présent dans les nombreuses réunions que la direction du Parc des sports propose sur la piste du vélodrome :

 - le 27/5, dans le cadre de la course des as derrière tandem humain, il participe à un match poursuite des espoirs sur 4 km :

            . 1. Equipe rouge (Mercet, Allard, Couturier, Chalon) en 5’ 29’’ 2/5

            . 2. Equipe bleue (Gonzalo, Delmas, Peyre, Mernet) en 5’ 48’’ 2/5

 - au mois de juillet, dans le cadre de la « Roue d’or » (épreuve de ½ fond qui voit la victoire du Belge Wynsdam), le Prix Troussens est une course par élimination qui donne le résultat suivant : 1. Couturier 2. Chefnondy 3. Peyre 4. Mernet 5. Gonzalo..)

 - au mois d’août, L. Gonzalo dispute avec l’UCA une poursuite olympique (4 coureurs) contre le BVC, puis le Prix Casnart (individuelle par addition de points)

 - pour la clôture du Parc des sports, le Prix d’automne (élimination, 1 coureur tous les tours) donne le résultat suivant : 1. Fourquet 2. Chanopain 3. Peyre 4. Castera 5. Gonzalo…

 

            1930 :

            La saison commence avec le Prix Fauchet qui se dispute au Vigean dans la côte des Cordiers. Il y a 62 coureurs au départ : 1. Rade et Bernard (tous les deux du BVC) en 34’’ 3. Marcel Verdeun 35’’ 4. Gonzalo (AS du Midi) 35’’ 2/5..

Puis, le 2 avril, le « Brevet militaire » : 1. Grossard (UCA, cyles Fontan) 50 km en 1h 25’ 2. Marcel Verdeun (UCA) 3. Vignes (CAR) 4. Descoubes (UCA)…. 50. ex. Gonzalo…

Le 11 juin au vélodrome du Parc des sports se dispute le IIIème Gd. Px. de la République, la « grandissime réunion » que remporte Lucien Faucheux. En série, on relève : 1. Kaufmann 2. Gonzalo 3. Lapèbie.

A Castres (33), le Grand Prix est gagné par Lapébie (AS Midi). Gonzalo y gagne sa série et se classe 4ème en demi-finale.

Le 16/7  , au Parc des sports, c’est la première réunion de propagande :

 - dans le Prix Octave Lapize (vitesse), Gonzalo est battu en demi-finale

 - dans le Prix Faber (poursuite), les « Jeunes Espagnols de Bordeaux » (Hocès, Cruz, Nieto, Gonzalo) rattrapent la « sélection bordelaise » (Mily, Verzès, Cazenave, Sallard) 3, 250 km en

4’41’’.

Le 23/7 : Dubarry est champion de ½ fond de l’AS Midi en parcourant les 50 km en 1h21’5’’ 2. Hocès 3. Max Faure 4. Berthon 5. Hugues… 10. Gonzalo en 1h 23’

Le 20/8, pour la deuxième réunion de propagande (avant l’arrivée de la dernière étape de l’Etoile Amer -Picon , sur la piste du vélodrome), dans le Prix Tardieu les « jeunes espoirs locaux s’affrontent : Fabre bat Nieto, Ménard bat Sourbet, Cruz bat Mercet, Sourbier bat Gonzalo. En demi-finale : 1. Fabre (vainqueur final) 2. Ménard 3. Gonzalo.

Toujours au Parc des sports, lors de Paris-Bordeaux (victoire du Gros Caillou Sportif), Gonzalo en compagnie de Mar se classe 4ème de l’américaine des as, derrière : 1. Fabre-Sourbier  2. Rigaux-Mouillefarine  3. Lapébie-Dubarry.

Le 17/9 a lieu le Grand Prix de Bordeaux (vitesse : 1. L. Michard 2. Mogrand 3.Faucheux), dans le cadre de cette réunion, le Prix Edmond Jacquelin donne : 1. Descaut (Tarbes) 2. Ménard 3. Deligey 4. Gonzalo…

Puis, Gonzalo est champion de vitesse de l’Association Sportive du Midi devant Hocès, 200m en 14’’3/5.

Lors du Grand Prix de Bordeaux de ½ fond (Manera, Benoit, Wyndsan), se dispute aussi le Prix d’automne, tentative de record du tour de piste : 1. Ménard en 38’’ 2/5 2. Fabre 38’’3/5 3. Deligey 39’’ 2/5 4. Ogier 39’’ 2/5 5. Anglade 39’’ 3/5 6. Rade 39’’ 4/5 7. Gonzalo et Hocès 40’’. Le Prix de clôture (10 km) donne le classement suivant :  1. Anglade 2. Fabre et Ménard 4. Gonzalo.

           

 

            1931 :

            Dans le Grand Prix Fauchet, 3 étudiants du BEC occupent les trois premières places :

1. ex. Rade et Deligey en 35’’ 3   3. Odier en 35’’ 4   4. Fabre 36’’ 5. dead-heat : Gonzalo et Mercet, tous deux de l’AS du Midi en 36’’. Dans « l’Athlète moderne », on peut lire :  « Je m’en voudrais de terminer ces brèves appréciations sans mentionner la malchance survenue au coureur Gonzalo dans sa course. Le vaillant petit coureur de cette très grande société, l’Association sportive du Midi vit son pneu rendre l’âme avant le départ, chuta lors de son départ, fut freiné dans la côte par deux voitures qui se doublaient et eut des ennuis avec sa cuvette de direction à l’arrivée. Il eut toutes les guignes. Avatars vraiment dommages, car ayant fini 4ème l’an dernier… il est incontestable … que le classement de Gonzalo eut été supérieur ».

En mars, on retrouve Lucien Gonzalo engagé dans le brevet militaire du printemps, puis au Grand Prix Dilecta-Reboul et au circuit Saphores. Le classement final des courses de classement à l’AS du Midi est le suivant : 1. Mercet  2. Berthon  3.Dirson…7. Gonzalo…

En compagnie d’autres Bordelais (Fabre, Sourbier, Castera, Ménard, Da Ros, Paul Dubarry) Lucien Gonzalo court sur la piste du vélodrome Bellevue à Saintes.

Au mois de mai, il dispute le championnat de Gironde de vitesse au contact de Marcel Verdeun et de Paul Dubarry.

Début juin, à Castres, a lieu un Grand Prix de vitesse, qui donne le résultat suivant : 1. Lacoste (US Dax) 2. Da Ros (SAB) 3. Deligey (BEC) 4. Gonzalo (ASM)… Cette même semaine, dans « l’Athlète moderne », le « chercheur » écrit dans son « bloc-notes » : « samedi matin, au Parc des sports, la deuxième épreuve du challenge du sprint s’est disputée : gagnée par Lucien Gonzalo de l’ASM ; samedi prochain aura lieu la 3ème manche à 18 h. sur 500 m ».

Puis c’est le Grand Prix de la République au Parc des sports que remporte le Belge Scherens. Lors de cette réunion, L. Gonzalo prend la 4ème place dans la course de primes remportée par Marcel Verdeun derrière                              bg : 2. Rade 3. Castera jeune.

Et, pour le 3ème samedi : « le jeune Gonzalo a triomphé, les 500m en 35’’3/5, départ lancé.

 

  

 

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 1931, après quelques places de second, Lucien tient enfin son bouquet.

 

 

Sur la route, on annonce le Grand Prix de Caudéran et Gonzalo y est engagé avec le n° 43 dans le petit circuit. On relève, entre autres, André Pociello avec le n° 31 et Gérard Virol avec le n° 12...

Troisième semaine de juin, toujours au Parc des sports, c’est le Prix Cassignard (« titre doux au souvenir des Girondins » écrit « l’Athlète moderne » qui évoque la mémoire du « grand sprinter de Saint-Sulpice d’Izon). Et, le journal de passer en revue les prétendants : Fabre, Luguet, Mirouze, Rade, Hoçès, Gonzalo, Ogier, Dupouy, Castera, Mirande, Nieto… Il y aura, en plus, une course poursuite par équipe entre le Real Club Deportivo, le BEC et deux autres équipes bâties à partir de Castera, Debat, Gonzalo, Galey…

Lors du Grand Prix de Caudéran, il y a eu des chutes à répétition sur le petit circuit de 65 km qui réunissait 77 jeunes de 18 ans au plus. Et, le « Chercheur » informe que « le jeune Gonzalo qui s’est douloureusement blessé… et qui est soigné à l’hôpital Saint-André m’a fait parvenir de ses nouvelles. Il est actuellement aussi bien que possible et espère sortir sous peu de l’hôpital. En attendant, il me charge de faire parvenir ses amitiés à ses camarades et aux dirigeants des clubs cyclistes de la Gironde. Mes meilleurs vœux de prompt rétablissement au jeune Gonzalo ».

Fin juillet, on peut encore lire : « le jeune Gonzalo qui s’était blessé grièvement au genou dans le circuit de Caudéran est aujourd’hui rétabli. Le chercheur s’en réjouit et lui souhaite de retrouver bien vite la bonne cadence ».

En septembre, l’Association Sportive du Midi fait disputer son championnat de ½ fond à La Brède. Il est suivi d’un banquet de 60 couverts (membres et amis de la section cycliste). A la table d’honneur, on remarque la présence de M.M. Bonnemazou, Dumoulin et Duboy de l’U.V.F. Le président Damestoy prononce un discours. Puis, viennent certaines épreuves : le 100 m plat où « Mme Lalet termine 2ème à une poitrine de Mme Lapébie et pour ceux qui la connaissent, on peut dire une belle poitrine… ( !)… M. Serre gagne la course à quatre pattes.. (et) M. Gonzalo père fit de son côté un cagaucho ( ?) téméraire, après quelques « quitès » (passes ?) serrées, il eut raison de son hicho (taureau) ».

En novembre, on apprend que « décidément, le Bordeaux Employés Club (le BEC.. !) veut faire parler de lui la saison prochaine. Ce sera le nouveau club de L. Gonzalo.

 

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 Dans "l'Athlète moderne", le "Chercheur" dévoile les projets des uns… et des autres.

 

 

 

Dans son numéro du 30 décembre, le journal « l’Athlète moderne » déclare avoir « reçu cette semaine une carte d’Espagne que m’a adressée le coureur du Bordeaux Employé Club, Lucien Gonzalo, vainqueur du challenge du sprint 1931. Profitant des vacances de fin d’année, le jeune Espagnol s’est rendu en Espagne afin de tester quelques dures côtes pyrénéennes et termine sa carte en adressant un salut à ses amis ».

 

            1932 :

            C’est l’année du premier Tour de France que dispute Roger Lapébie et qu’il termine à la 25ème place, après avoir gagné l’étape Gap-Grenoble. Au final, le vainqueur est André Leducq.

Par ailleurs, le monde du sport est agité par « l’affaire Ladoumègue » et, au même moment, l’athlète finlandais Paavo Nurmi est suspendu à vie par la F.I.A. pour avoir enfreint les règles de l’amateurisme.

Toujours dans le monde sportif, mais à Bordeaux,  la « Villa Primrose » est championne de France de hockey sur gazon, tandis que dans la ville les matchs de rink-hockey se disputent à l’Alhambra ou à l’American Park.

            Fin juillet, au vélodrome du Parc des sports, le Prix Cassignard est remporté par Marcel Verdeun devant : 2. Gonzalo  3. Luguet.

Au mois d’août sur cette même piste a lieu le Prix Pierre Dumercq dans le cadre du Grand Prix de l’été (1/2 fond gagné par Raynaud), dont le résultat est : 1. Luguet  2. Castera  3. Lucien Gonzalo.

En septembre, Gonzalo du Bordeaux Employés Club s’adjuge le Prix Ellegaard (vitesse sur 1000m). Il gagne sa série devant Castera, puis la demi-finale devant Rade. « La Petite Gironde » raconte la finale : « Gonzalo mène, emmenant Verdeun et Castera, lentement, et à la cloche pas de changement. Dans la ligne droite, Verdeun mène, aux 250m, Castera produit son effort, déborde Verdeun, mais Gonzalo accentue et gagne de peu. Arrivée très serrée :

1. Gonzalo  2. Castera  3. Verdeun.

Ensuite, dans le Grand Prix de Bordeaux ( gagné par L. Michard), il est éliminé en série : 3ème derrière Falk-Hansen et Honeman. Dans la même réunion, il finit 3ème du Prix Ludovic Morin (une course de primes).

Enfin, pour le Prix de clôture en deux manches, il est battu lors du premier sprint par Douat et Nieto, mais gagne la seconde devant Gaillard et Verdeun. Battu une nouvelle fois par Nieto, il n’accède pas à la finale, qui donne : 1.Meyroux  2. Castera  3. Verdeun.

 

 

            1933 :

            Créé en 1913 à Paris, le Brevet du cycliste combattant (train sur route, terrains variés, tir) se dispute en Gironde au début du mois de mars : 1. Vidal (BVC) qui l’emporte pour la 3ème fois  2. Gonzalo (BEC)  3. H. Latorre (BVC)…

Pour le Grand Prix d’ouverture au Parc des sports (1/2 fond avec Grassin, Raynaud et Wambst), Gonzalo gagne sa série dans le Prix Emilien Tauriac, mais il est battu en demi-finale par Da Ros.

Deux semaines plus tard dans le championnat départemental de vitesse, Gonzalo gagne sa série devant Cazaux, mais il est battu en demi-finale par P. Maye. Chadelle est champion devant Dubarry et Maye (M. Verdeun a été sorti par Dubarry).

En juin, pour le Grand Prix de la République (gagné par Scherens), Gonzalo termine 2ème du Prix Rémy Sicard (une course de primes) derrière Meyrous et devant Mousist.

Puis, c’est au tour du Grand Prix de vitesse de Bordeaux que va gagner L. Michard. Les séries sont gagnées par Scherens, Gerardin, Richter, Marinelli, Falk-Hansen et Michard devant : 2. Gonzalo  3. Ménard (Verdeun est battu par Engel en repêchage).

En juillet, pour l’arrivée de l’étape du Tour de France au vélodrome du Parc des sports, un match poursuite oppose une équipe constituée par Chadelle-Verdeun-Meyrous-Dubarry à celle composée de Gonzalo-Dirson-Mousist-Dirsy, laquelle s’incline de 200m. On relève encore que dans le Prix Lucien Petit-Breton (un handicap), «  Gonzalo tente en vain de remonter le lot » (1. Meyrous).

Lucien Gonzalo court ensuite à Agen (où il gagne sa série devant Brustete), puis il devient le champion de vitesse de sa société (Bordeaux Employés Club) en battant Mousist et Dirson.

 

 

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Issue des archives familiales, l'image ne livre pas tous ses secrets : cela ressemble à un podium (les 3 premiers sans le socle), Lucien porte le même maillot que le premier (le Bordeaux Employés Club..?), les trois coureurs semblent poser dans la cour du quartier des coureurs au Parc des sports...

 

 

Au mois de septembre,  à l’occasion d’un « France-Etrangers » au Parc des sports, se déroule le VIIIème Prix Cassignard, que remporte Marcel Verdeun (SAB), « le sympathique coureur, loyal par excellence », les 200m en 13’’1/5, 2. Castera (SAB)  3. Gonzalo (BEC). Dans cette même réunion, le Criterium des routiers (une américaine de 50 km) donne le classement suivant : 1. R. Lapébie-Leducq  2. Verdeun-Castera  3. Aerts-Da Ros  4. Speicher-Archambaud  5. Gonzalo-Nieto… 43 km dans l’heure.

 

 

            1934 :

 

            La Xème Fête fédérale de l’Union Vélocipéqdique de France a lieu à Bordeaux. Dans « l’Athlète moderne », on cherche en vain quelques résultats de Lucien Gonzalo. Encore une fois, c’est le « chercheur » - justement - qui nous informe :

Le 16/5 : « Un militaire au quartier des coureurs… le jeune Gonzalo a fait, dimanche, en bleu horizon, une rentrée sensationnelle au quartier des coureurs du Parc des sports de Bordeaux. Mais,  les jeunes admiraient surtout les belles bottes sous lesquelles les mollets du petit sprinter peuvent jouer librement. Puisque je parle de Gonzalo, je le félicite de sa victoire dans le championnat de sa garnison et lui souhaite bon courage pour le championnat de France et les autres épreuves qu’il va disputer dès dimanche prochain à Tours. Les couleurs bordelaises seront bien défendues ! »

Lucien Gonzalo effectue donc son service militaire. Mais, c’est encore le « chercheur » qui nous informe en juillet (le 11/7) que « Lucien Gonzalo, de l’UCA (a-t-il changé de club ?), qui effectue son service militaire à Tours, avait mis dans ses projets de disputer les championnats militaires à Tours, ayant été délégué par ses chefs pour le faire. Mais voilà, l’engagement de Gonzalo ne devait pas être en règle car, lorsqu’il se présenta au siège de l’UVF, il lui fut répondu que la 9ème région dont il dépend devait être représentée par un nommé Blanchard et non par lui. Ainsi, Gonzalo fut mis dans l’impossibilité de courir ».

            1934 est donc une année où L. Gonzalo n’obtient quasiment aucun résultat.

 

            1935 :

 

            « La Petite Gironde » rapporte les exploits de deux jeunes girondins appelés à de plus hautes destinées : Paul Maye, qui devient champion de France militaire sur route et Guy Lapébie, que l’on annonce bientôt professionnel, si son directeur sportif au VC Levallois, Paul Ruinart ne lui choisit pas plutôt un avenir olympique à Berlin, l’année suivante. Deux coureurs que Lucien Gonzalo a fait plus que croiser sur la piste du Parc des sports.

Au plan local, Jean Fréchaud qui devient champion de France des aspirants à Annecy et Robert Laforgue, qui remporte -entre autres – Bordeaux-Royan, sont deux leaders du cyclisme égional licenciés à l’U.C. Arcachon, le club du président H. Longau. Arcachon qui, en juillet 1934, a inauguré son nouveau vélodrome de la « Côte d’argent ».

 

 

 

 

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En 1934, la nouvelle piste d'Arcachon est inaugurée. L'année suivante, Lucien Gonzalo y fera l'une de ses dernières courses….

 

 

C’est sur ce vélodrome que l’on retrouve au début du mois d’août Lucien Gonzalo à peine libéré de ses « occupations militaires ». Dans la course par élimination où prennent part 21 coureurs et que remporte Chadelle,  il fait partie avec Berton et Fréchaud des trois oureurs éliminés sur accident. Mais, dans la course de vitesse pour les régionaux il gagne sa demi-finale devant Benassac. Cependant, la finale donne le résultat suivant : 1. Fréchaud  2. Poirier 3. Douat 4. Gonzalo.

Un mois plus tard, il est au Jard-Mérignac, sur la piste routière où Robert Laforgue triomphe à la fois dans son match de défi et dans l’individuelle, et où Lucien gagne le championnat de vitesse du Bordeaux Employés Club « par 50 m en surprenant ses adversaires dès le départ ».

            En juillet 1935, un certain J. Broustaud, de Gujan-Mestras, devient champion de France de grand fond sur patins à roulettes. Lucien Gonzalo ne sait pas encore que le rink-hockey (plus que le skating) va devenir sa nouvelle « famille sportive »…

 

 

            . La mort de son père et la fin du vélo

 

 

 

 

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Lucien Gonzalo en tenue de peintre avec un compagnon : quelqu'un (qui passait par là…) a  appuyé sur le bouton de l'appareil et, grâce au soleil

l'ambiance de travail apparait détendue...

 

 

 

            La fin de sa carrière cycliste correspond à la mort de son père en 1936. Antonio Gonzalo était artisan peintre et Lucien travaillait avec son père, lequel était un gros fumeur et serait décédé d’un cancer du poumon. A 23 ans, Lucien se retrouve « soutien de famille »,son petit frère, Henri, est alors âgé de 11 ans. Le travail le mobilise désormais et, pourtant, le sport lui manque. Un camarade de régiment, Guy Fougeret, qu’il rencontre à l’American Park (sorte de parc d’attractions ouvert en 1910 sur le domaine de l’établissement « Moulin Rouge », soit à l’emplacement où se situe aujourd’hui la cité administrative de Bordeaux) lui suggère le « patin roulant ».

            Les années 1930 sont des années de gloire pour le patinage à roulettes à l’ASPTT de Bordeaux. En 1932-33, Eugène Cagniac conquiert le titre de champion de France d e vitesse. En 1933, Gaston Duverdier, celui de ½ fond sur route. Ce même Duverdier, l’année suivante, devient champion de France de grand fond (50 km). Il établit un record du monde en parcourant 20 km sur route en 36’ 05’’.

En 1938, d’autres titres et d’autres records seront conquis et établis par des « postiers » : Aurélien Gadou, Marcel Couty et Edgar Dufort. Et, cette même année, un autre « postier » André Grégoire est le premier hockeyeur sélectionné en équipe de France pour le championnat d’Europe de rink-hockey à Anvers.

            S’il semble admis que Lucien Gonzalo « ne patinera jamais très bien » (M. Mazuque), il est vite « embauché » pour l’équipe seconde à laquelle il manque un joueur. On lui trouve un poste où son manque de culture « skate » se voit moins : gardien de but. Pour son premier match contre Biarritz (perdu 4 à 6), son comportement est jugé « honorable ». Ensuite, sa progression – étonnante – lui offre une première sélection en équipe de France, en 1937 contre l’Angleterre à Herne-Bey.

 

 

 

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En 1937, un an après ses débuts dans le rink-hockey, Lucien Gonzalo est sélectionné pour la première fois en équipe de France.

(cette photo nous a été confiée par Francis Gonzalez, un autre "postier" -"Naissance des sports en Gironde"- que nous remercions, ici).

 

 

 

            En 1939 à Mérignac, Lucien Gonzalo, peintre-décorateur, épouse Marie-Simone Bosq, employée de bureau. Ils auront trois enfants : Annie née en 1941, plus tard professeur d’EPS, Michéle, née en 1944, professeur d’espagnol puis documentaliste au lycée hôtelier de Talence etRobert, né en 1946, artisan peintre à Coutras et international de rink-hockey comme son père.

 

 

            . l’investissement dans cette nouvelle activité sportive et la guerre (1939-1945)

En 1938, il est déjà secrétaire du club. Et, durant la guerre, la plupart des dirigeants ayant été faits prisonniers, il s’occupe du club. Selon sa fille, Michèle, Lucien Gonzalo n’aurait « jamais vu un Allemand » pendant cette « drôle de guerre ». Mobilisé en mai 1939, il était de retour des Ardennes un an plus tard, sur son vélo de vaguemestre.

Ensuite, il devient secrétaire de la ligue et, à la fin de la guerre, il est élu président de son club. Cet investissement, qui l’avait amené à poser sa candidature à la fédération, a trouvé la « porte fermée »…           

 

           

. Les « postiers » bordelais sont champions de France de rink-hockey

 

Gonzalo L. 4.jpg

 

L'équipe première de l'ASPTT Bordeaux de rink-hockey en 1946 : en haut puis en bas et de gauche à droite :

Fougeret - Servan - Gadou - Chieze -  Gonzalo - Mazuque.

 

 

            En 1948, c’est « l’ambiance des grandes soirées à la patinoire Simiot » pour la finale du championnat de France de rink-hockey qui oppose deux clubs girondins : l’ASPTT de Bx. et Gazinet. La « coquette salle » est trop petite et l’auteur du compte rendu en vient à « regretter l’absence d’un établissement plus vaste réservé aux sports de salle » (il n’est pas encore question du « marche Victor Hugo »).

La rencontre se déroule « à une cadence record » et « le résultat reste indécis jusqu’à 10’ de la fin (4 à 3). Les « résiniers » de Gazinet, qui étaient les tenants du titre, ont « fait de la dentelle » et leur attaque s’est heurtée à Gonzalo « particulièrement brillant ». Au final, ils perdent 3 à 6.

Cette même année, Lucien Gonzalo participe avec l’équipe de France à la Coupe du monde qui se déroule en Suisse, à Montreux.

 

 

            . A ce premier titre vont succéder trois autres (1949-1950-1951)

 

           

             1949 : la finale se joue encore à la patinoire Simiot et, cette fois, le challenger est le Sporting Club Audomarois (Saint-Omer), qui manifeste une « prudence exagérée ». C’est une « erreur tactique » et, à 30’’ de la fin les deux équipes sont encore à égalité (2 à 2) quand Bermejo marque sur un tir de loin. Gonzalo, « considéré à l’heure actuelle comme un des meilleurs goals du continent » (…) « a eu chaud à plusieurs reprises ». ASPTT Bx. bat St. Omer 3 à 2.

La Coupe du monde : « Campeonato Mundial de Hoques em Patins » a lieu au Portugal, à Lisbonne. Lucien Gonzalo, capitaine de l’équipe de France y est désigné comme le gardien de but de la sélection européenne.

 

 

Gonzalo L. 2.jpg

 

Les champions de 1949 :  Lucien Gonzalo, le gardien de but est au premier rang au milieu, à gauche sur la photo, c'est Chieze et, à droite, Servan.

En haut (toujours de gauche à droite) : Martin, Bermejo et Gadou. 

  

 

            1950 : Toujours, à la patinoire Simiot, la salle est comble et « l’ambiance extraordinaire ». Pour la troisième fois consécutive, les « postiers » bordelais enlèvent  le championnat de France de rink-hockey aux dépends, encore, de Gazinet, 2 à 1 cette fois.

L’arbitre est M. Gelloz et les deux équipes ont la composition suivante :  

 - ASPTT : Gonzalo - Chieze - Servan - Andrieu - Bermejo

 - Gazinet : Coulouble - Davant-  Chollet - Camin - Cazalat

Une nouvelle fois, même si ce n’est pas lui qui marque les buts (Cazalat-Servan-Bermejo) « Gonzalo est le grand artisan de la victoire de son club : très maître de ses nerfs, la tête froide sous l’orage ».

Et, l’ASPTT réussit « la passe de deux » en enlevant la Coupe de France. La finale a lieu au « Stadium V. Hugo » devant une belle galerie qui laisse 160 000 francs de recette. L’adversaire est nantais, ce sont les rink-hockeyeurs du Roller ACBL, qui s’inclinent « malgré leur ardeur et leur cran magnifique », 3 à 0.
P. Lautrey (l’envoyé spécial du « Résistant de l’Ouest ») relève aussi :

 - « faute flagrante de Gonzalo légitimant un penalty en faveur des Nantais, mais l’arbitre (M. Grisset, de Gujan-Mestras) ne dit rien »

 - « Gonzalo (commet) une nouvelle faute mais l’arbitre refuse le penalty pourtant patent »

 - « Gonzalo (toujours lui) évite le but par miracle…

Malgré tout, le journaliste en convient, les Bordelais sont « dignes du titre qu’ils détiennent » et  « le Roller ACBL ne put rien contre eux ».

 

            Le journal « l’Equipe » décerne à l’ASPTT de Bordeaux le titre de « meilleur club français 1950 ». Ce succès est, bien sûr, renforcé par ceux de l’équipe première de rink-hockey, laquelle, tour à tour, gagne le championnat de France, la Coupe de France et le championnat de Guyenne en l’espace de 8 mois.

Mais, le club, dont la première mouture fut « l’Union Cycliste des Postes et Télégraphes de la Gironde » (1898), prend un « nouvel essor » après la « Grande Guerre » (cf. "1898-1998, centenaire de l’ASPTT Bordeaux"). Les nageurs avec à leur tête Rebeyrol, dans les années 20, avant les patineurs dans les années 30, puis les cyclistes (1946 et 1947) accèdent au titre de champions de France. Le bulletin de l’ASPTT de Bordeaux, « PTT Sports du Sud-Ouest » (n°61, 1950) ne manque pas de souligner les mérites des dirigeants et autres responsables de la gloire des Postiers. Le club qui compte 27 sections et 2883 adhérents fête ses champions et distribue des médailles d’honneur.

 

            . 1951-1957 : les dernières années internationales du gardien de but           

           

            Le 2 octobre 1951, Gaston Bénac écrit un article dont le titre interpelle le lecteur : « Saviez-vous que l’Espagne possédait un titre de champion du monde ? »

Lucien Gonzalo est alors âgé de 38 ans. Il est le capitaine et gardien de but de l’équipe de France de rink-hockey qui dispute, à Barcelone, la coupe du monde. Et, l’Espagne remporte cette compétition dans son Pavillon des sports et devant 12000 spectateurs. La France se classe troisième et – n’est-ce pas mieux ainsi – on peut lire dans la presse : « el veterano  Gonzalo, es la figura indiscurible del « cinco »… « uno de los mejores porteros del mundo… »

En effet, Lucien Gonzalo est désigné comme le gardien de but de l’équipe continentale qui doit affronter les « champions du monde » espagnols :

                                    - but : L. Gonzalo (Fr.)

                                    - AR. : René Chieze (Fr.)

                                    - 1/2 : Serga Mosello (It.)

                                    - AV. : Marcel Vervloetd (Bel.), Enrico Panagini (It.), Pierre Mermet (Suisse) – remplaçant : Hulme Ronald (Angl.)

La même année, il est à Montreux le capitaine d’une sélection européenne (Gonzalo-Ossau-Cergol-Monney-Zamora) qui affronte le Portugal.

            En 1954, le rink-hockey français participe pour la première fois de son histoire à une manifestation internationale omnisports : les Jeux méditerrannéens. L’équipe de France s’y classe troisième.

            En 1955, la Coupe du monde a lieu au Portugal.

            En 1956, l’équipe de France dispute la Coupe latine avec Gonzalo dans les buts. L’ASPTT Bx. est, une fois encore, championne de Guyenne.

            Et, en 1957, Lucien Gonzalo met fin à une carrière internationale de 20 ans après la Coupe Latine et deux matches : contre l’Angleterre et contre la Suisse. Surtout, après un dernier titre de champion de France acquis aux dépends des Nantais. Pierre Lautrey, le journaliste nantais, s’efforce au constat : « Gonzalo, sensationnel, n’a rien perdu de sa valeur malgré ses 42 printemps, expérience et vista ». Mais, il ajoute : « arbitrage satisfaisant dans l’ensemble, parfois « dirigé » par l’astucieux Gonzalo ».

 

                      . 1958 – années 1970 : dirigeant, père, entraîneur et… grand-père

 

 

            En 1958, les élections au Conseil d’administration de l’ASPTT de Bordeaux mettent en place le Président d’honneur : Henri Lequesne (inspecteur principal des P. et T.) et les vice-présidents : Duphil-Van de Velde-Mandart-Dumas-Joignière-Prolongeau et Gonzalo.

Lucien Gonzalo avait déjà connu l’engagement et les responsabilités d’un dirigeant au niveau du club et de la ligue. Il avait déjà participé au Conseil d’administration. Désormais, il est aussi président du comité de Guyenne de roller-skating (de 1953 à 1962). Puis, il sera membre du comité directeur de la FFRS, où il préside la commission des jeunes. Il est aussi sélectionneur.

            En 1961, Lucien Gonzalo est fait « officier du mérite sportif ». Le bulletin des « PTT- Sports du sud-ouest » salue cette nomination « de notre ami (...) membre du club depuis près de 30 ans (…) sa carrière de joueur et de dirigeant (et) toujours cité en exemple pour son magnifique esprit sportif ».

            Au milieu des années soixante, une nouvelle génération de « postiers » prend la relève. L’ASPTT Bx. devient championne de France juniors au Palais des sports de Lyon en battant le « Metallo-Sports de Nantes » (6 à 4). Parmi les buteurs on relève le nom de Gonzalo. Il s’agit de Robert, le fils de Lucien, né en 1946. Les juniors des PTT seront encore champions de France l’année suivante :

                                             - 1. ASPTT Bordeaux

                                              - 2. R.S. Gujan-Mestras

                                             - 3. La Vendéenne (La Roche-sur-Yon)

                                            - 4. S. C. Coutras-Baudou

                                            - 5. Metallo-Sport  Nantes

A l’occasion de ses premières sélections en équipe de France, Robert Gonzalo va nouer de nouvelles relations. Ainsi, en 1970, alors que le « Mundial » va se disputer en Argentine (1. Espagne 2. Portugal…. 6. France), une coupure de presse locale désigne « 5 de l’U.S.C. à la Coupe du monde en Argentine » (U.S.C. = U.S. Coutras). Il s’agit de : Garreau, Petrini, Fonfrède, R. Gonzalo et J.P. Bardineau. Le fils de Lucien n’est plus « postier », mais « coutrillon » désormais. Cependant, comme ses grand-père et père, il est entrepreneur en peinture.

 

 

                          . Andernos-les Bains

 

 

            Bien avant de prendre la retraite, Lucien Gonzalo a fait l’acquisition d’une petite maison dans le quartier du Mauret à Andernos. Acquisition modeste : quatre murs et un âne, que Lucien paye 500 francs de l’époque et qu’il baptise « Simplette ». Mais, qu’il va re-bâtir. Et, selon Pascale, l’une de ses petites-filles, « tout le monde s’y retrouve l’été ».

A l’approche de l’âge de la retraite, L. Gonzalo qui a toujours travaillé, s’arrête, pressé par une angine de poitrine. « Simplette » est vendue. Ensuite, Simone et Lucien s’installent dans une nouvelle habitation, toujours dans le quartier du Mauret, rue des rouge-gorges. Une tradition s’est mise en place : celle du repas en famille, tous les dimanches. Selon Pascale, aujourd’hui « tous ceux qui étaient chez papi et mamie se retrouvent à Noël et pour la fête des mères. Nous sommes trente maintenant… »

            Cet « espace-temps », nommé « retraite », que l’époque actuelle, soucieuse de calculs économiques, revisite de manière comptable, nous remet en mémoire la vision prophétique de Joffre-Dumazedier, publiant en 1962 dans la revue française de sociologie : « Vers une civilisation du loisir ? ». Aux « 3D » (délassement-divertissement-développement) du sociologue visionnaire, nous sommes tenté de faire correspondre les « 3 P du temps de retraite de Lucien Gonzalo : peinture-pétanque-pêche.

            A douze ans, encouragé par l’instituteur, Lucien a tenté le « concours des bourses », qui aurait permis à cet enfant de famille modeste de poursuivre des études secondaires au lycée. Mais, cela s’avère impossible, L. Gonzalo découvre alors qu’il est « espagnol », bien que né à Bayonne… Il débute alors sa vie professionnelle en compagnie de son père peintre-décorateur. A la Philomatique, le soir, il suit des cours de décoration au terme desquels il est amené à produire une « œuvre ». Sur quelques planches de contreplaqué, il peint des « faux bois » : chêne, noyer…

Cependant, il sera surtout verrier. A ce titre, il est de ceux qui aménagent le hall de la gare Saint-Jean. Sa petite-fille le décrit, cheminant dans les rues de Bordeaux avec sa « charrette à bras ». Au-delà du métier, les articles, qui recensent son activité de sportif et de dirigeant, n’oublient pas de mentionner la médaille vermeil décernée par la ville de Bordeaux pour son exposition d’aquarelles (1951).

A Andernos, il peint beaucoup et reproduit minutieusement des cartes postales. L’œuvre dont il est le plus fier est la reproduction d’une image de la cathédrale de Milan.

            Il y a aussi la pétanque et, en 1971, le titre de champion de Gironde du 3ème âge assorti d’un diplôme de la fédération française de pétanque et de jeu provençal. Et, les copains, toujours les copains, parmi lesquels Gadou et Charlopin sont les plus assidus.

            Enfin, la pêche qui, sur le Bassin et en fonction des marées,  est le passe-temps de beaucoup. A condition de respecter quelques rites : chercher les vers dans la terre avec la pelle, puis monter dans la petite barque pour s’en aller cueillir  griset ou loubine sinon l’anguille au toc.

 

            Lucien Gonzalo décède le 29 mars 1994.

 

 

 

Tableau Pascale.jpg

 

2014, Pascale, la petite fille termine son "oeuvre"…   interrogée sur le titre donné, elle balance : "chacun y voit ce qu'il veut !"

 

 

 

 



26/11/2017
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