Memovelo

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Les frères DELORT : Fernand et André

 

 

 

 

            Ici, sur « memovelo.com », nous avons déjà tenté de cerner cette figure du cyclisme qui est celle des « frères à vélo ». En Aquitaine, quelques exemples célèbres comme les Lapébie, Verdeun et Darrigade, nous ont permis d’approcher ce phénomène de « couple » et, en particulier, la relation entre l’aîné qui a réussi et le cadet qui s’élance sur ses traces.

Nous retrouvons maintenant Fernand (né en 1936) et André (né en 1939), les enfants d’Emilien et Georgette Delort, ostréiculteurs à Andernos.

En maintes occasions, il nous a été soufflé : « Pourquoi tu ne ferais pas un « truc » sur les Delort ? » Et, ce n’est pas l’envie qui nous en manquait !

Mais, une certaine proximité me retenait : n’avais-je pas été le témoin direct, en 1961, de l’  « intronisation » de Fernand, gagnant coup sur coup deux courses que je connaissais bien : Bordeaux-Saintes et Lagorce-Laguirande, puis « admis » chez les professionnels en ce même mois de Mars. Ceci, l’année où je signais ma première licence de 4ème catégorie en F.F.C.

C’était impresionnant.

Une cassure un peu plus tard, dans le sillage de mon copain Maurice Laforest – peut-être chez Ricou à Gémozac – j’avais aperçu le petit frère, André.

 

 

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G.P. d'Esperaza, septembre 1963 : le nom des DELORT s'inscrit pour la troisième fois consécutive au palmarès de la "plus ancienne épreuve du Midi de la France" (depuis 1935). André qui vient de gagner succède ainsi à Fernand, déjà vainqueur en 1961 et 1962. Avec application, André répond au micro que lui tend l'animateur de la course. Au second plan, son frère, le visage marqué par la joie et l'effort, semble plonger dans ses pensées. La proximité des trois hommes est remarquable, presque comme s'il s'agissait de partager un secret. Derrière et autour d'eux, des hommes, et des femmes aussi, le visage grave, semblent  prêter attention...

 

  

            Entre eux, il y a presque quatre ans de différence : Fernand est né un 26 janvier (en 1936) et André un 24 novembre (en 1939). Il y a donc un moment où André assiste aux débuts de son frère en 1951 et il a alors 11-12 ans. Puis, en 1958, les deux frères sont ensemble dans cette équipe de Guyenne qui devient championne de France olympique sur piste à Bordeaux.

 

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1958 : André, le cadet , et Fernand, l'aîné,  sont réunis dans l'équipe de Guyenne qui remporte le titre de champion de France olympique sur piste sur la piste de Lescure.

 

La saison 1959 est celle où les deux frères se retrouvent au premier plan : en 1ère catégorie, l’un chez les « indés », Fernand, qui a effectué son service militaire et, l’autre chez les amateurs, André qui ne va pas tarder à intégrer le Bataillon de Joinville. Au Dorat, Fernand est 1er devant André, mais à Celles puis à Montguyon, c’est l’inverse. En début de saison, Fernand est, déjà, 2ème à Laguirande derrière Trochut et, en septembre, André gagne le G. P. de la ville de Tours.

            Puis, Fernand est professionnel trois ans, successivement, chez : 1961,Rapha-Gitane, 1962, Gitane-Leroux-Geminiani, 1963,St. Raphaël-Gitane-Campagnolo.

            Le Grand Prix d’Esperaza, en 1963, est peut-être la dernière  « rencontre au sommet » des deux frères. André vient de gagner cette course cotée et ouverte aux professionnels et, son frère, Fernand, qui s’est classé 3ème, n’est pas loin de mettre un terme à sa carrière :  « A 27 ans et demi ! » comme il le rappelle, aujourd’hui, avec un brin d’amertume dans la voix. De son côté, André « arrête » en 1970, à 31 ans.

 

 

Fernand DELORT

 

 

            Les journalistes qui découvrent – au début des années 60 – le « néo-pro », Fernand Delort, en dessine facilement le portrait : « le petit ostréiculteur d’Andernos » (Michel Costes) ou « le jeune Arcachonais au regard clair » (René de Latour), en tout cas « l’homme du Bassin » est un garçon « sympathique et bon enfant s’il en est ». D’entrée, ils s’accordent pour souligner « sa façon gouailleuse » et « sa gentillesse naturelle ». Ils ont appris que Fernand a gagné « son premier vélo en faisant les courses de son boulanger durant les vacances ». Pour eux, ce «  jeune routier râblé à la puissante musculature et à l’accent chantant » est « la nouvelle « perle » du cyclisme du sud-ouest ».

            Fernand a commencé le cyclisme en 1951 à l’US Andernos. C’est le 1er juin 1952 à Duras qu’il gagne sa première course : le IIIème Prix des Minimes, sur cycles Origan. Jusqu’au service militaire - effectué dans la Marine à Bordeaux – il doute d’être un sprinter, comme nous le révèle son frère, André. La course Bordeaux-Arcachon qui est, typiquement, une course qui se gagne plutôt au sprint (parcours plat et bref), lui échappe. En 1954, à 18 ans, il est dans l’échappée à 4, dont J. Sabathier gagne le sprint et Fernand fait 4. En 1955, il est 8ème(1. Nebut), encore 8ème en 1956 (1. Martinet) et 10ème en 1957 (1. Domagé).

            La prise de conscience de ses moyens en matière de sprint, le déclic selon André, a lieu lors de sa victoire à Libourne en 1957, pour le Prix des Journées commerciales. Cependant, il est déjà en 1ère catégorie à 19 ans. Dans l’équipe de Guyenne, championne olympique sur la piste de Lescure en 1958, il fait partie des « quatre » de la poursuite (avec Castera, Darnauguilhem et Nebut).

            Aujourd’hui, la détection et l’entraînement sont devenus « scientifiques » (et pas seulement eux). Le fameux rapport « poids-puissance » est devenu une donnée incontournable et quelque lecteur naïf pourrait s’étonner au vu des mesures publiées du gabarit d’un Lesca (1,70m, 70 kg) ou d’un Delort (1,72m, 70kg). A vélo, la performance dépend-elle du gabarit ?

Au-delà des leçons de la science, elles-mêmes évolutives (endurance-résistance, aérobie-anaérobie plus zone intermédiaire, fibres lentes et fibres rapides, VO2max puis lactates, Watts désormais plus précis que les fréquences cardiaques…), la recherche du bon profil de coureur – longtemps limitée à la trilogie « rouleur-sprinter-grimpeur » - reste, en grande partie, une énigme. Parfois, à la merci d’une prise de conscience ou d’un  coup de pouce de l’environnement (matériel et/ou humain).

            A l’US Andernos, deux circonstances semblent avoir joué un rôle influent. D’une part, le journal « l’Athlète » du 8 février 1956 l’annonce : « la publicité extra-sportive démarre dans la région avec l’équipe « Andernos-Stella-Dewachter » (du nom du grand tailleur de la rue Ste Catherine). D’autre part, le club enregistre la venue  de coureurs « expérimentés » : les frères Rinco (Pierre et Jean), Felix Merino et Roger Cruzin…, lesquels vont encadrer les jeunes parmi lesquels Fernand et André Delort. Alors, on peut relever quelques résultats significatifs de cet apport. En août 1956, le Prix des commerçants d’Andernos donne le résultat suivant : 1. Jean Rinco 2. J. Sabathier 3. F. Delort… En juillet 1957, le classement du IIIème G.P. du Porge est : 1. J. Rinco 2. F. Delort 3.A. Delort. Puis, en juillet 1958, au Prix de la ville de Cercoux, on relève : 1.F. Delort 2. J. Rinco 3. C. Castel. Cette année-là, Fernand Delort s’affirme par une dizaine de victoires dont le Grand Prix de la Tomate à Marmande. Il participe au 3ème Tour de Bretagne dans une équipe du sud-ouest « B », en compagnie de Coutant, Jouglin, Puig, Tachoires, Labadie et Cabrol. Cette épreuve est gagnée par Lino Negroni de l’équipe sud-ouest « A » dirigée par Julien Moineau. Fernand se classe 2ème de la 4ème étape à Lanvern gagnée par Ricou (sud-ouest « A ») après être revenu seul sur les échappés. Une autre deuxième place à Chevanceaux en septembre montre son insertion parmi les meilleurs de la région : 1. Claude Vallée…  3. Maurice Bertrand.

 

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Vieux-Boucau, 1958 :  1er, Fernand Delort de l'US Andernos, g.s. Dewachter . 

 

            L’ouverture de la saison 1959 est marquée par sa 2ème place au G.P. de Lagorce-Laguirande derrière le Charentais André Trochut, ex-professionnel et vainqueur d’une étape du Tour de France 1957, mais devant  3. Bergaud 4. Ben Brahim 5. Dejouhannet 6. Beuffeuil… Ce résultat, acquis dans une course difficle et ouverte aux « pros 2ème catégorie », est l’indicateur du rang obtenu par Fernand et il annonce – sans qu’on le sache déjà – les succès de 1961 et 1962 dans cette course, confirmés par la deuxième place derrière Beuffeuil, en 1963. Une victoire dans la deuxième étape du circuit du Bocage vendéen – assortie d’une 3ème place au général – ajoutée à celles obtenues au Challenge Sigrand à Rochefort, au Prix Lapasserie à Périgueux et au Criterium d’ Hossegor émergent d’un total de 15 vitoires.

            Le titre de champion de Guyenne conquis à Bazas devant René Abadie en 1960 confirme que Fernand Delort, bien que doué d’une belle pointe de vitesse, n’est pas seulement un routier-sprinter.En effet, un peu plus tard, à l’occasion de la victoire de Fernand –désormais « pro » - dans ‘l’Etoile du Léon », Julien Moineau qui « s’est toujours intéressé aux produits cyclistes du Bassin », tente de rectifier son jugement : « Delort était en difficulté dès qu’une côte apparaissait. J’avais néanmoins voulu le mettre à l’épreuve de la Route de France. Il s’y trainait… je ne croyais pas… d’autant qu’il avait décidé de se marier… Fernand s’est métamorphosé… il s’est affiné, a lutté avec davantage de cran et il a fini par s’imposer… il m’a étonné ».

 

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Cenon, 1961, La vieille Cure : deux "morphotypes" de grimpeur : devant Mastrotto et Delort derrière : Queheille et Bergaud… certes, tous les 4 du "sud-ouest" (ou presque), mais voyez la variété de nos..."produits régionaux" ! 

 

           Une deuxième vie de coureur a commencé pour Fernand. Elle dure seulement trois années chez les professionnels. Raymond Louviot, directeur sportif de « Rapha-Gitane », fait signer un contrat à ce «modeste indépendant girondin », « découvert » lors du Salon du cycle à l’automne 1960 où il « faisait pour ainsi dire du porte à porte pour louer ses services… »

Louviot avoue : « les sprinters m’ont toujours intéressé, … chez un athlète, c’est un signe de classe. Je rêve d’amener un routier-sprinter à la victoire dans le Derby… ce que Lapébie n’a pas pu réussir ».

On reste sceptique, mais il est vrai que « le sud-ouest est la terre d’élection des routiers-sprinters : les frères Lapébie , Paul Maye, Desbats, Dolhats, Darrigade… » Et, Raymond Louviot de désigner sa référence : « Georges Speicher, un coureur puissant, rapide et courageux ».

 

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Dans une brasserie proche des Quinconces, Fernand plaisante avec Robert Dutein avant le départ de Bordeaux-Paris 1962 (tout à fait à droite, son coéquipier Johannès De Haan).

 

 

            Ainsi, ne faut-il pas s’étonner de voir Fernand Delort  engagé deux fois dans Bordeaux-Paris (550 km dont, pratiquement, 300 derrière « derny »). Les deux fois, Fernand abandonne. Pourtant, en 1962 pour sa première expérience, Fernand conduit « la course pendant 80 km. Seul dans la plaine, il (accumule) « jusqu’à 6 minutes et demi d’avance ». Le futur vainqueur, « le Hollandais De Roo estima alors que la marge de sécurité allait être franchie ». Aujourd’hui, pour Fernand Delort, dans cette course ce sont « les 100 derniers kilomètres qui sont difficiles ». Il se souvient aussi des problèmes digestifs rencontrés, des malentendus avec des entraîneurs qu’il ne connaît pas suffisamment et qui ne l’écoutent pas quand il demande de ralentir ou qui lui propose de s’arrêter parce qu’ils sont pressés de rentrer chez eux !

            A la suite de ces expériences malheureuses, R. Louviot est peut-être déçu, lui qui voyait dans « le Français Delort un futur vainqueur du Derby ». Toujours est-il que Fernand n’a toujours pas compris pourquoi le manager Daniel Dousset lui propose alors de disputer le championnat de France de vitesse sur piste… Et Fernand –qui sort de Bordeaux-Paris ! – refuse. La conséquence, dommageable pour un coureur cycliste professionnel à cette époque, est l’absence de tout contrat pour la période estivale.

 

            Mais, la carrière professionnelle de Fernand Delort ne se résume pas à ces expériences décevantes, ni à sa relative brièveté : 3 ans. Pendant ces trois saisons, Fernand gagne de belles courses et participe pleinement aux grandes classiques nationales et internationales. A tel point que l’on s’étonne de ne le voir jamais dans une grande course par étapes : pas de Dauphiné, pas de Midi Libre, pas de Tour d’Espagne et, surtout, pas de Tour de France. Il est vrai qu’en 1963, dans une équipe « St. Raphaël-Geminani-Dunlop » composée d’Anquetil,Stablinski, Eliott, Everaert, Geldermans, Ignolin, Lebaube, Novak, Rostallan Thiélin, il est difficile de dire de qui il aurait pu prendre la place, sachant que restaient à la maison les frères Altig, Annaert, Bergaud, De Roo, Maliepaard, Stolker , entre autres…

            Cependant, il n’est pas plus engagé dans le Tour d’Espagne. Certes, les places étaient chères, mais des promesses avaient été faites à Fernand. La direction de l’équipe, aussi, était bicéphale : Raymond Louviot et Raphaël Geminiani. Jacques Anquetil remporte cette 18ème Vuelta. Pourtant, 3 coureurs des 10 présents ne feront pas le Tour de France : Jacques Simon, François Le Her et Abel Dudal.

 

 

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 "Trois hommes dans un bateau" (Jerome K. Jerome, 1889) -  En juin 1963, chez Jacques Anquetil, à la veille du championnat de France sur route à Rouen-les-Essarts, Fernand en est témoin : Jacques a la main sur la barre, mais Geminiani est à la place du conducteur...

 

En juin, pas de Dauphiné non plus, mais victoire d’Anquetil tout de même. En juillet, Jacques Anquetil gagne son quatrième Tour de France.

 

            Mais, il est logique qu’un coureur cycliste professionnel désire faire le Tour de France,

Ce qu’un article consacré à Fernand appelle « cette consécration du vrai routier ». Et, dans son cas, ce désir était légitime si l’on veut bien considérer ses résultats et sa participation aux grandes épreuves que  sont : le Criterium National, le Championnat de France, Paris-Roubaix, Liège-Bastogne-Liège, Flèche Wallonne, Paris-Bruxelles, Paris-Tours… que nous avons rasemblés ci-dessous.

 

1961 : - Victoires :

                            St. Léon, Bayonne

                                   Bordeaux-Saintes (2. Fournier 3. Batan)

                                   Lagorce-Laguirande (2. Batan 3. Bergaud) (ces 3 courses encore indépendant)

                                   3ème étape du G.P. d'Eibar                                  

                            G.P. d'Esperaza (2. Sabbadini 3. Leduc)

                                   Etaules (2. Beuffeuil 3. Ricou)

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Saintes, vélodrome Bellevue, 19 mars 1961 : 1. F. Delort  2.R. Fournier  3. R. Batan  4. R. Verdeun  5.P. Gaudrillet  6. P. Beuffeuil  7. G. Thomas  8.J. Sabathier  9. G. Lebeau  10. J. Roques.

          - Grandes courses :

                                   3ème de Paris-Vimoutiers (1. Annaert 2. Mahé)

                                   6ème du Circuit de la Vienne

                                   6ème du G. P. d'Eibar

                                   20ème du Circuit d'Aquitaine (1. Thiélin)

                                   15ème de la Flèche Wallonne (1. Vannitsen)

                                   22ème Criterium National (Montlhéry, 1. Anquetil)

                                   25ème Paris-Tours (1. Wouters)

                                   27ème de Paris-Bruxelles et 1er néo-pro (1. P. Cerami)

                                   97ème de Paris-Roubaix (1. Van Looy)

 

         - Courses en circuit et criteriums :

                                   2ème à la Charité/Loire (1. Graczyck)

                                   3ème à Perros-Guirec (1. Le Buhotel 2. Walryck)

                                   3ème à Vergt (1. Rostollan 2. Elliott)

                                   3ème à Peyrelevade (1. Salvador 2. Bertrand)

                                   3ème à Figeac (1. R. Darrigade 2. Sabbadini)

                                   4ème à Guéret (1. J. Velly )

                                   4ème Saintes-Vélodrome avec Ricou (américaine : 1. Van Steenbergen-Severyns)

                                   6ème à Lubersac

 

 

1962 : Victoires:

                                 Lagorce-Laguirande (2. Beuffeuil 3. Ricou)

                                 Landivisiau, Etoile du Léon (2. Huiart 3. Fraisseix)

                                G.P. Esperaza (2. Tarri 3. Le Dissez)

                               Circuit d'Aquitaine, 1 étape + général (2. Luchsinger 3. Cauvet)

           Grandes courses :

                                 3ème de Bordeaux-Saintes (1. Manzano)

                                 5ème des 4 jours de Dunkerque (1. J. Groussard)

                                7ème des Boucles de la Seine (1. J. Groussard)

                               7ème de Paris-Tours (1. J. De Roo)

 

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                              11ème du Criterium national (1. J. Groussard)

                              14ème du Championnat de France (1. Stablinski)

                             15ème du Tour du Levant

                            46ème de Paris-Roubaix  (1. Van Looy)

                            65ème de Paris-Bruxelles (1.J. Wouters)

            Courses en circuit et citeriums :

                              2ème à St. Brieuc (1.J. Groussard)

                              2ème à Guérande (1. Walryck)

                             2ème à Limoges (1. Poulidor)

                             2ème à Meymac (1. Gil)

                             3ème à La Trimouille (1.Fraisseix)

                             3ème à Oradour/Glane (1.J. Groussard)

                             4ème à Beaulac-Bernos (1. Manzano)

                             5ème à Brigueil-le-Chantre ( 1. Le Hec)

                             5ème à Villiers (1. Elliott)

                             5ème à Feytat-Limoges (1. Fourgeaud)

                             5ème à Narbonne (1. Rentmeester)

                            10ème à Bourcefranc (1. Van Steenbergen)

                            13ème au Bol d'or des Monédières (1. Anquetil)

 

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Sur les Monèdières, Fernand escorte le duo Poulidor-Anquetil, accompagné aussi par C. Colette.

 

1963 : Victoires :

                                Bordeaux-Saintes (2. Gonzalès 3. Fournier)

                                étape Valence d'Agen-Toulouse du Circuit d'Aquitaine

                                Grand Prix de la Tomate à Marmande

                               Criterium de Montmorillon (2. Mazeaud 3. Ben Brahim)

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  Saintes, vélodrome Bellevue, 17 mars 1963 : R. Fournier (3), F. Delort (1), M. Gonzalès (2).

 

          Grandes courses :

                                4ème du Tour de l'Hérault (1. Valdois)

                                13ème du Criterium national (9 en côte, 12 en ligne, 12 clm) (1. Anquetil)

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Criterium national de la route à Montlhéry 1963 : départ du contre-la-montre. Jacques Augendre a écrit, en avril 1962, après sa victoire dans "l'Etoile du Léon" : "Fernand Delort, certainement un des coureurs les plus doués de la nouvelle génération… il possède un ensemble de qualités qui désignent les routiers d'élite…" 

                                13ème de Paris-Tours (1. De Roo)

                                14ème du Championnat de France (1. Stablinski)

                                20ème de Liège-Bastogne-Liège (1. Melckenbeck)

                               40ème de la Flèche Wallonne (1. Poulidor)

 

          Courses en circuit et criteriums :

                               3ème à Esparza (1. A. Delort 2. Beuffeuil)

                               3ème à Plouay (1. F. Picot 2. Le Mellec)

                               3ème à Soing-en-Sologne (1. Graczyck 2. A. Darrigade)

                               3ème à Hennebont (1. Le Bihan 2. Le Buhotel)

                               3ème à Narbonne (1. Maliepaard 2.A. Vera)

                               6ème St. Claud (1. Poulidor 2.Velly et De Roo)

                               8ème à Eymoutiers (1. Cazala  2. Mazeaud)

                               9ème course de côte à Lalinde (1.Wolfshohl)

 

               A la lecture de ces différents récapitulatifs de victoires et de classements obtenus, nous ne voulons choquer personne en osant poser les quelques questions suivantes : n'existe-t-il pas un nombre respectable de coureurs ayant participé au Tour de France et ne pouvant afficher un ensemble équivalent de succès et de classements ? N'est-il pas vrai que la participation à une course par étapes est parfois une excellente préparation pour un objectif ponctuel ? Par exemple, pour un Championnat de France ?

 

 

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Pratiquement jamais engagé dans une grande course par étapes, Fernand Delort a répondu présent dans toutes les autres grandes courses, dont il a pris le départ.

 

 

                A 27ans et demi , la carrière de Fernand Delort s'interrompt. Il a déjà signé le sous-seing pour l'achat de son magasin. Ce nouveau rôle dans lequel désormais les Andernosiens de passage apprendront à le connaître : Cycles - Pêche - Chasse.

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A l'inauguration du magasin de cycles de Basty cours Victor Hugo : J. Alvarez, F. Delort, R. Lapébie et M. Basty.

 

                    Puis, viendra l'heure de la relève. En 1978, le fils de Fernand, qui s'appelle Dominique, après avoir disputé la finale du Dunlop (Ch.Frce juniors) à Dax (17ème), est retenu pour les championnats du monde  aux Etats-Unis. Le journal "Cyclisme" (23 juin 1978) rapporte que : "ayant obtenu une dérogation du Cdt. Marillier", il a pu se mesurer, à 17 ans, aux meilleurs seniors sur les routes du Béarn et il a terminé "second à 35'' du vainqueur Michel Bernard… sur un parcours de 140 km…" et "il laisse à 2', 3' et même 4' la plupart des seniors !"

Dans la même publication, C. Bibal entonne le fameux "bon sang ne saurait mentir". Et, de citer d'autres cas qui ont précédé avec plus ou moins de succès celui de Dominique Delort : Guy et Christian Dolhats, Philippe Cazala, Alain Mastrotto...

 

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 "le père et le fils", version cycliste et andernosienne (belle photo de Guy Carlsen pour "Sud-Ouest")

  

               Naturellement, il a appris le vélo avec son père. Fernand a ainsi repris l'entraînement, puis participé à quelques "coursettes" dans lesquelles sa faconde et sa bonne humeur ont ramené les choses à de justes proportions.

Dominique sera champion d'Aquitaine et gagnera, entre autres, deux Tarbes-Sauveterre (1982 et 1984). En 1982, au Ruban Granitier Breton, il se classe 3ème de la première étape. Membre de l'Equipe de France amateurs (en compagnie de P. André, Y. Berlioux, J.L. Garnier, J.L. Moreul, A. Renaud et Denis Roux), il participe au Tour de l'Avenir 1983, gagné par Olaf Ludwig (RDA). Il s'y classe 38ème à 29'21'' au sein d'un peloton encore dominé par les coureurs de l'Est, où l'on relève les noms de quelques jeunes "pros", comme : P.H.Menthéour, M. Larpe, V. Lavenu, F. Castaing, V. Barteau, C. Mottet, Y. Madiot (5ème) et J.F.Chaurin(éème) et, aussi, M. Gayant, F. Vichot, J.C. Bagot, P. Kimmage...

Dans Bordeaux-Saintes que son père a gagné deux fois, Dominique se classe à deux reprises : 5ème en 1982 (1. Polloni) et 10ème en 1983 (1. Gilbert).

Soudain, en 1984, il stoppe une carrière jusque-là prometteuse.

 

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       Dominique D.

  

                    Désormais, Fernand Delort habite seul - avec quelques palombes - une petite maison dans un lotissement, à Andernos, à quelques pas de "là où j'ai tué ma première bécasse". Dans son salon, deux fusils suspendus contre le mur signalent la présence du chasseur. Et, deux cadres avec photos aussi : l'une représente sa victoire dans Bordeaux-Saintes  et l'autre, à l'entraînement avc son fils. Sous la carapace du personnage à la "force tranquille", une sensibilité bouge à la moindre évocation de son fils.

 

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Fernand Delort d'Andernos

 

 

 2 Bordeaux-Saintes,

        2 Lagorce-Laguirande,  

        2 Esperaza ,

 2 Tomate,

        1 "Etoile du Léon" et  1 Circuit d'Aquitaine...


 

 

 

André DELORT

 

 

 - le petit André grandit très vite :

 

 

            Une première photo en témoigne : 1955, Le Cap Ferret, en minimes, à peu près au même âge que son frère, André commence à courir. Il se classe 3ème et le vainqueur est un certain J.C Bale, qui sera bientôt champion de Guyenne de vitesse sur piste et vainqueur de Bordeaux-Arcachon en 1959.

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 les débuts du jeune André Delort, avec le casque par-dessus la casquette "Terrot" et, toujours,cette mimique faite d'ironie et de modestie à la fois...

 

            En avril 1956, sur le vélodrome de Lescure, André Delort gagne l’éliminatoire du 1er Pas sur Piste, ce qui le qualifie pour la grande finale parisienne. Celle-ci a lieu à la Cipale au mois de juillet. Cette année-là, un certain Roger Rivière devient champion de France de poursuite amateurs. André Delort remporte le titre de champion de France de vitesse débutants aux dépends de Demazet, par deux manches à zéro. Le journal souligne « sa classe » et « sa façon de courir ». Mais, André se rappelle encore les voyages en bus pour aller s’entraîner à Bordeaux et la « gamelle » ramassée une semaine avant la finale en déchaussant pendant la course au Porge. Ce qui fait que, sur les photos, il arbore un magnifique sparadrap sur l’arcade et un bandage autour du coude.

 

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 La Cipale, Paris-Vincennes, juillet 1956 : "1er Pas sur  Piste", André est champion de France des débutants devant Demazet.

 

            Avant ce premier grand succès sur la piste, André a déjà gagné sur la route :

 . le 27 mai le Prix du conseil municipal à Andernos puis, en juin, à St. Julien-Beychevelle,

 . en août, il tente sa chance dans Bordeaux-Arcachon  et prend la 10ème place de cette épreuve remportée par Martinet du SAB.

            En 1957, le journal peut déjà titrer : « Victoires des frères Delort au 5ème samedi cycliste ». André a gagné la « Médaille » devant Marcel Bannes (SAB) et Fernand a battu Bale dans le Trophée de vitesse, puis gagné l’individuelle.

En mars, déjà, André remporte la course de classement de l’US Andernos devant Fernand. Et, sur la route, il collectionne les victoires dans le Prix du conseil municipal d’Andernos, le Prix du comité des fêtes de Belin, à Lamarque et à Gujan-Mestras. Il est clair que le jeune frère de Fernand « va vite ». Dans Bordeaux-Arcachon, il finit 3ème derrière Domagé (1er et , déjà, 3ème en 1955) et Nebut (2ème et vainqueur en 1955).

 

 

 - désormais avec les « grands » :

 

            1958 : en mars, lors des samedis cyclistes au vélodrome, on retrouve les frères Delort : Fernand dans l’individuelle et André dans la « Médaille ».

En juillet, aux fêtes du Pouyalet, on note « une affluence record », mais aussi la victoire d’André Delort, 93km en 2h 20’10’’ devant Sevilla (Bruges), Gérard Doret (SBUC), Fernand Delort, 5. Vivensang 6. De Santi. A MIos, André (1er) devance encore Fernand (2ème).

Pour le championnat de France amateurs à Nancy,  André accompagne son frère dans une équipe de Guyenne composée également de Bandera, Nebut, Petré et Vicente.

La saison s’achève par la victoire, sur la piste, de l’équipe de Guyenne sur celle du comité de Champagne par 3 à 1. Seule la vitesse a échappé, car le Champenois Czernik dominait. Mais, la Guyenne l’a emporté en poursuite olympique (à 4) en 4’ 48’’ 1/5 et en poursuite à « l’italienne » (4km en 4’ 31’’ 2/5) où les « 8 » sélectionnés étaient alignés : les frères Delort, R. Verdeun, Darnauguilhem, Castera, Nebut, Bale et M. Bannes.

Andernos fête ses champions « olympiques » et, en octobre, M. Potot, président de l’Union Sportive d’Andernos, reçoit des mains de J. Chaban-Delmas la médaille de la Jeunesse et des Sports.

 

            1959 : André est parvenu en 1ère catégorie amateurs. Il porte maintenant le maillot frappé de la marque « Royal Fabric ». Fernand étant lui indépendant, les deux frères prennent part ensemble à des courses « toutes catégories »  et ils trustent les victoires et les places de second.

 

 

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 Montguyon, septembre 1959 : André et Fernand font "1 et 2", devant El Gourch, Gonzalès, Lesbats…  en tenue  "Royal Fabric", puis  fleuris par les Miss. 

Après avoir gagné le Prix de la Ste. Quitterie à Andernos (pour la 4ème fois !) et le grand Prix du CA  Béglais (2. Augustin, 3. Romero), André raconte sa participation à la course de Nay (64) et ses appréhensions devant le parcours accidenté. Mais, il y a l’ancien, Jean Rinco, lequel « drive » le jeune André (19 ans). Chaque fois la bosse passée, J. Rinco s’assure qu’André prend peu à peu conscience qu’il peut « aller jusqu’au bout ». Et, le classement à l’arrivée est : 1. André Delort, 130 km en 3h 12’  2 . Fernand Delort   3. Jacques Pineau  4. Rinco  5. Batan  6. Goya  7. Pontoni  8. Broustaud  9. Gibanel  10. Abadie. Et, comme si la lecture de ce classement ne suffisait pas à asseoir la nouvelle notoriété d’André, dans le mois qui suit, il gagne à Facture-Biganos devant M. Gonzalès (2) et J. Cigano (3).

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Entre Bassin et Landes girondines, André gagne à Facture-Biganos pour la St. Jean devant… Michel Gonzalès !

Au Dorat, « les frères Delort s’adjugent les deux premières places », c’est Fernand qui l’emporte (154 km en 3h 57’) puis, 3. Gabard 4.Guitard 5.De Santi 6. Tymen… Confirmation.

en août à Celles (24), c’est 1er André, 2ème Fernand. Entre temps, André a aussi gagné le Prix des commerçants, artisans et ostréiculteurs, chez lui, à Andernos.

Dans le championnat de Guyenne route/sociétés : l’équipe de l’US Andernos (Delort frères, Rinco, Castel, De Santi) s’incline devant celle de l’ASPTT Bordeaux (Deloche,Bonnecaze, Pascal, Loiseau, Dihars), mais devant celle du Guidon Agenais (Lesca, Pineau frères, Pontoni, Montheau).

André, qui a rejoint son frère parmi les meilleurs du sud-ouest, va terminer sa saison sur un très beau succès dans le Grand Prix de la ville de Tours : 108 partants pour ce 15ème G.P., sur le circuit de Grand Mont avec la côte de l’Alouette. Amigo lance le sprint de loin, mais il ne peut « éviter le retour in extremis du véloce André Delort… l’un des benjamins du peloton » !

 = 1. A. Delort (USA) 133 km en 3h 8’ 35’’  2. Amigo (Montluçon)  3. Sabathier (CC Béarn) 4. Decorter (Rennes) 5. Poulidor (AC Guéret) 6. Provost (Chantenay) 7. Gabard (Chatellerault) 8.Michel (Fougères) 9. Foucher (Rennes) 10. F. Delort (Andernos) 11. M. Bertrand (ASPTT Bx.)

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 15ème Grand Prix de la ville de Tours : 1. A. Delort  2. J. Amigo  3. J. Sabathier… derrière il y a du monde, notamment un certain R. Poulidor (5ème). André n'a pas encore 20 ans !

Ce résultat se passe de commentaires. Surtout, si l’on ajoute qu’en septembre à Montguyon, André l’emporte devant son frère, 3. El Gourch 4. Gonzalès… Pour clôturer, à Lussac-les- Châteaux, c’est Maurice Bertrand qui gagne, mais André est encore 2ème devant Amigo, Selic et … Poulidor.

A 20 ans, André est performant (8 courses gagnées et 40 places dans les 5 premiers) à « un niveau supérieur à celui de son âge ». L’US Andernos clôture la saison « par d’amicales agapes », les parents Delort sont récompensés par la FFC et Jean Rinco gagne la dernière course à Pouillon.

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1956 : André entre ses parents , Georgette, la mère et Emilien, le père.

 

 

Le 15 décembre, André Delort débute son service militaire à Hourtin.

 

 

 - le service militaire pendant lequel Fernand passe « pro » :

 

            Après ses « classes » dans la Marine à Hourtin, André intègre le Bataillon de Joinville.Avec les autres « pré-sélectionnés olympiques » (=40, route et piste), il bénéficie d’un stage sur l’île de Bendor où - selon le journaliste – ils mènent « une vie de millionnaires ».

André est entré au club JPS-CSM Puteaux, sous les couleurs duquel on le retrouve dans les classiques parisiennes : le circuit du Valois (15ème), Paris-Briare (13ème), Paris-Chateauneuf (5ème)…

Quelques « perms » lui permettent de garder le contact avec les courses de sa région : il gagne encore à Andernos (2. J. Rinco 3. Cousseau) et à Pessac (2. Laville 3. Garbay) et il est 2ème au Prix du champ de foire à Cognac, gagné par M. Bertrand.

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Avec la maillot du JPS-CSM, André "bidasse" en perm' est venu batailler sur les routes de Jarnac-Champagne : autour de lui , on reconnaît : Bayle, Garbay, Pallu (derrière son épaule la tignasse de Maurice Laforest) et C. Mesnard.

            En 1961, pour le championnat militaire de l’Ile-de-France, il s’intercale (2ème) entre Daniel Salmon (1er ,Marine Paris et VC 12°) et Daniel Beaumont (3ème, Armée de l’Air,VC 12°). A Montpellier, sur 170 km, c’est Le Polard qui est champion de France militaire sur route devant Barthelemy Risso. André termine à la sixième place.

André Delort conjugue ainsi une présence dans les courses parisiennes tant qu’il est à Joinville (B.J.) : Circuit du Valois (3 étapes, 27ème), G.P. de Boulogne (1. Marcel Seurin ACBB… 5ème A. Delort) et, en fin de saison, les victoires au pays qui reprennent avec le G.P. de Chassaignes (VC St. Aulaye) en septembre : 2. Bonnecaze 3. Bertrand 4. Laforest 5. Deloche. En octobre, l’une des dernières courses, à Lussac-les-Châteaux (11ème édition) donne le classement suivant : 1. C. Gabard 133km en 3h 17’   2. A. Delort  3. M. Bertrand 4. Deloche 5. Bonnecaze 6. De Santi 7. Bidart 8. Dupré 9 . Rinco 10. Laville… soit un assez bon condensé des valeurs régionales de la saison qui se termine.

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Lussac-les-Châteaux : André (2ème) en sandwich entre le vainqueur C. Gabard (à gauche) et le champion de France des postiers, Maurice Bertrand 3ème (à droite)

 

            1962 : Indépendant maintenant, toujours porteur du maillot « Gitane-Leroux-VC 12°-Geminiani », André, à son retour du service, reconcentre son activité sur le plan régional :

 - en mars, 5ème du Prix Jean Bret à Mérignac (1. R. Delaunay), 4èmeà Verdille (. R. Delaunay)

 - en avril, il épouse Christiane Moizan, la fille du dirigeant de l’US Montlieu.

Puis, il est à Bourcefranc avec les « pros » (1. Van Steenbergen 2.Graczyck 3. Beuffeuil) et il gagne le sprint du peloton pour la 4ème place. A La Garde, il remporte devant son mentor Jean Rinco le Prix des commerçants.

 - en mai, il devance l’homme du début de saison Roland Delaunay sur le circuit du champ de foire à Cognac (3. Ricou 4. Castel 5. Deloche 6 Dal Sié…). Après avoir gagné le Prix du rasoir Phiipps à Langon, André Delort « le jeune frère du professionnel » gagne le 14ème Prix René Salomon à Jarnac. 23 hommes se présentent ensemble pour disputer le sprint final :

 1. André Delort 2. Couseau 3. Gonzalès 4. Verdeun 5. Mauget 6. Delaunay 7 . Batan 8. Ricou 9. Gabard 10. Fourgeaud…

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 Le Prix "René Salomon" à Jarnac : ils sont tous là !  (de g. à d.) M. Gonzalès, C. Cousseau, J. Ricou, C. Gabard, R. Delaunay, R. Batan, R. Verdeun, G. Mauget, A. Delort (cf. classement ci-dessus)

De la même façon, il remporte le sprint massif de Salles d’Angles (2. Walryck 3. Gabard 4. Ricou). Mais, au championnat régional des « indés », le 24 juin, c’est Cousseau qui gagne et André est à I/2 roue (3. Domagé).

Auparavant, André Delort a remporté le citerium de Chamiers à Périgueux devant Barrière et Gestraud.

A Beaulac-Bernos, en août, les frères Delort se retrouvent (Fernand est 4ème et André 5ème), mais la victoire va à Manuel Manzano. Une fois de plus, André gagne le Prix des commerçants, artisans et ostréiculteurs à Andernos devant J. Rinco.

    Et, pour finir la saison en beauté, il gagne successivement à Montlieu le 20 août, à Montguyon le 24 septembre, Bordeaux-Montlieu en deux étapes (30/9 et 1/10) et le Grand Prix de Lussac-les-Châteaux, 147 km en 3h 42’, 2. Paillier  3. Deloche  4. De Santi.

 

 

 - le leadership d ‘André Delort sur le cyclisme aquitain :

 

            Après le deuxième succès de Fernand dans Bordeaux-Saintes, André aligne deux victoires en avril : une deuxième fois, il gagne le Prix du rasoir Philipps à Langon (2. Gibanel) et le challenge Sigrand à Rochefort (2. J. Rinco).

Cependant, à Jarnac pour le Prix René Salomon, il doit se contenter de la deuxième place, certes devant Michel Gonzalès, mais derrière Adriano Dal Sié, le vainqueur 1963.

Déception vite effacée, d’abord par une victoire à Mirambeau (le 3 juin), puis par le bouquet remporté à St. Thomas-de-Conac (le 10 juin) devant Ricou, Coutant, Joubert et Guy Epaud.

D’autres bouquets viennent fleurir son palmarès : au Chateau d’Oléron (17 juin) et, surtout, un maillot de champion de Guyenne des « indés » le 30 juin à St. Médard-en-Jalles, devant B. Domagé.

En juillet, il gagne le criterium de la ville de Cérons devant R. Darrigade et J. Ricou.

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Cérons, dans les "Graves" et entre les "brunes", deux frères de frères qui viennent de se disputer la victoire.
 

Ensuite, il aligne 5 victoires en août : à Targon (2. Broustaud 3. Dal Sié), à Montlieu (2. Barjolin 3. Le Guen), à Segonzac (2. Joubert 3. Barjolin), à St. Même-les-Carrières (2. Vallée 3. Ricou) et, particulièrement, le Grand Prix d’Esperaza, le 1er septembre, course cotée gagnée en 1961 et 1962 par son frère Fernand Delort. Le nom des Delort s’inscrit ainsi trois fois consécutivement au palmarès de cette épreuve remportée (entre autres) par Robert Chapatte en 1952 et par Louison Bobet en 1954. La presse (le Miroir des Sports) peut écrire : « tendance à devenir une histoire de famille ».

André s’est échappé avec « le Charentais Beuffeuil », donc entre ostréiculteurs, et Fernand, derrière a pris la 3ème place au sprint. Laissons le journaliste nous dire : « Il est gentil le petit André Delort, qui court encore sous licence indépendant, et quand il rejoignit la ligne d’arrivée après le sprint victorieux de son frère pour la 3ème place, il était partagé entre deux sentiments : la joie d’avoir triomphé et la peine qu’il causait à son aîné dont il connaissait le ferme désir d’inscrire une troisième fois le G. P . d’Esperaza à son palmarès. Mais, quand Fernand se précipita pour le féliciter, alors la joie déborda, discrètement certes, mais son émotion était telle qu’il tremnlait en suivant son frère qui le conduisait devant les officiels… »

            Ce même mois de septembre, dans le Xème circuit d’Aquitaine (remporté par le champion de Hollande Maliepaard) où Fernand gagne la 4ème étape sur le vélodrome de Toulouse, André termine 12ème au classement général. Les deux frères s’étaient aussi retrouvés lors du Grand Prix de la Tomate gagné par Fernand devant Sandona et où André prend la 3ème place devant Sabbadini, Roger Darrigade et Beaufrère.

Le 30 septembre, André Delort reste le maître sur ses terres à Montlieu devant un grand ancien, Maurice Pelé (vainqueur de Bordeaux-Saintes en 1958) et Roger Darrigade.

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Entre Maurice Pelé (à g.) et André Delort , le deuxième et le premier de la course à Montlieu, en 1963, il y a 11 ans d'écart ...

La course a été endeuillée par l’accident survenu à un coureur attardé, Claude Dupeux de Parthenay (26 ans).

 

            1964 : L’année 1964 est marquée par deux événements : la naissance de Patrick Delort, le fils d’André et de Christiane et le retrait de Fernand Delort des courses cyclistes. C’est aussi une des deux années les plus fournies en victoires (19) au palmarès d’André.

Cela commence par une série sans faille : Verdille-Mosnac-Langon et Péreuil, et cela s’achève par le « bouquet de la saison cycliste », le G.P. de Lussac-les-Châteaux, et une probante victoire face aux « caïds » du centre : 2. Dejouhannet 3. Tymen 4. Dagonet 5. Cieleska….

Entre temps, André a ajouté à son palmarès : Nantes-La Rochelle, le 31 mai 2014                                                                                    le Circuit de Saumur, le 14 juin

                                                                        le Prix de la ville de Cholet, le 6 septembre

                                                                        le G.P. de la Tomate, le 20 septembre

Une dizaine d’autres succès : Dolus, Chasseneuil, Montmoreau, Loubert, Chalais, Andernos, St. Junien, Cercoux, Montlieu… ont consolidé une suprématie régionale déjà bien établie.

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Coupe Tournier 1964 : au centre de la photo, M. Tournier, le dotateur et, à gauche, Jean-Marie Joubert et André Delort le vainqueur, à droite, Claude Gabard, M. David, Lalue (Nersac) et M. Moizan, le beau-père d'André. Une autre légende dit : "André Delort, licencié à Andernos, mais enfant d'adoption du pays…" 

 

            1965 : Encore une vingtaine de succès, mais une déception aussi.

André qui a bien préparé les choses, se présente dans les meilleures conditions au championnat de France des « indés », à Bully-les-Mines. Ce maillot, qui a souvent été porté par des coureurs du sud-ouest (Sabbadini, Lesca, Ja. Bianco, Vallée, Mazeaud…), est l’objectif d’André, qui s’est rendu sur place quatre jours avant et qui a bien étudié le parcours. Au fil des kilomètres, d’échappée en regroupement à l’avant, ce sont finalement 21 coureurs qui se présentent pour  le sprint final. Le stratège André a déjà inventorié les forces et les faiblesses en présence, mais la piste qu’il a privilégiée, un instant se referme. Instant fatal ! il échoue à la deuxième place… Peut-être, le grand regret de sa carrière.

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Bully-les-Mines, 1965, championnat de France des "indés" : 1. Guilbert  2. Delort 3. Benet.

            Pourtant, la saison est riche en succès :

            La Garde, le 28 mars : 2. Ben Brahim 3.Ricou

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 La Garde, 1965 : André devance encore quelques anciens : Mohamed Ben Brahim (2ème) et Jean Ricou… sur la droite Maurice Laforest (de 3 ans plus jeune qu'André).

 

       Coux, le 26 avril

            Bouniagues : 2. Cristofoli 3. Guiral

            Agris : 2. Palet 3. Deloche

            Dolus : 2. Lalue 3. Fontagnères

            Chateauneuf/Charente : 2. Joubert 3. Onfroy

            La Rochefoucauld : 2. Ricou 3. Andrault

            Targon : 2. Ricou 3. Suire

            Biran : 2. Lescure 3. Ricou

            Andernos : 2. Batan 3. Campaner

            Cholet : 2. Vallée 3. Champion

            Piégut-Pluviers : 2. Gabard 3. Ben Brahi           

            St. Martin d’Ary : 2. Joubert 3. Gabard

            Montlieu, le 4 octobre : 2. Mazeaud 3. Ricou

            Le Gibeau, le 11 octobre

De ce tableau se détachent : Angoulême-La Rochelle gagnée en mai et le Grand Prix de la Tomate, pour la deuxième année consécutive : 175 km en 4h 51’, 2. Joubert 3.Mazet 4. Perin 5. Frigo 6.Aranzabal 7. Gibanel 8. Riberot…

S’y rajoutent quelques deuxièmes places comme dans Bordeaux-Bayonne, le Champ de foire à Cognac et le criterium de St. Aigulin.

 

            1966 :  Changement de tunique, André porte désormais le maillot violine des « Mercier-BP-Hutchinson ». Le bilan affiche 11 victoires :

A Orthez, le 22 mai, il est à nouveau champion d’Aquitaine sur route (2. M. Leblanc).

A Guerande (44), le 14 août, il devance Paris, Baudouin, Dupont, Ricou, Trochut, Joubert…

Le 1er mai à Bouniagues, pour le G.P. des vins de Bergerac, il réédite son succès de 1965, 2. Campaner  3. Perin, 4. Ben Brahim 5. Archambaud…

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13ème Grand Prix des vins de Bergerac, à Bouniagues, le 1er mai 1966 : le jeune champion de France amateurs-juniors, Francis Campaner, s'est incliné devant André, qui réédite ainsi son succès de l'année passée , dépassant  Yves Gourd, vainqueur en 1954 et 1956. 

Le 14 juillet, à Chateauneuf/Charente, sur le circuit du Plaineau, il renouvelle sa victoire de 1965 : 2. Laforest 3. Ricou 4. Barjolin 5. Castaing…

Chez lui, à Andernos, le 21 août, il gagne pour la 4ème fois : 2. Batan 3. Campaner 4. Capdeboscq…

A Saint Romain-de-Charroux (Civray) le 25 septembre : 2. Ben Brahim 3. Darrigade 4. Joubert 5. Ricou 6. Broustaud  7. Guitard 8. Barjolin 9. Paillier 10. J. Thomas 11. Vallée…

A St. Hilaire-du-Riez (Vendée), au circuit de la Trompette à La Rochelle, au Château d’Oléron et encore une fois à Montlieu-La Garde.

Le 4 septembre, il se classe 2ème du criterium de Brioude derrière André Darrigade, mais devant Eddy Merckx 5ème.

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Coupure du journal "La Montagne" qui montre le sprint à l'arrivée du criterium de Brioude : André Darrigade l'emporte, André Delort est second. Derrière Eddy Merckx se classe 5ème. Manquent sur le cliché : 3. Brux 4. Theilliere... 

            1967 : Il est à nouveau champion d’Aquitaine, à Langon le 25 juin devant Roger Darrigade. Et, il gagne aussi le criterium de Pleslin (Côtes du Nord), Bordeaux-Bouteilles-St. Sébastien, à Aunac, Trie-sur-Baïse, Andernos et St. Romain-en-Charroux. A Beaulac-Bernos, il est 2ème derrière F. Campaner du criterium, dont le 3ème est J. Janssen et le 4ème, J. Anquetil.

 

 - la maladie de l’huître et les deux dernières saisons (1969 et 1970) :

 

            La trentaine approchant, André Delort qui ne se sent pas de travailler dans la boucherie de son beau-père à Montlieu, se replie sur Andernos, décidé à reprendre ce métier d’ostréiculteur qui lui vient de ses propres parents. Mais, l’année 1968 est le début d’une maladie qui va contribuer à la disparition de l’huître portugaise, laquelle avait déjà remplacé l’huître plate sur le Bassin d’Arcachon.

Tout en continuant malgré tout à travailler, André reprend une licence et son vélo. Fin 1969, il remporte encore les Prix de Breuil-Bernard, La Monzie-et-St. Martin et, le 24 août, le Prix des artisans, commerçants et ostréiculteurs d’Andernos pour la … 5ème fois !

En 1970, il ouvre une dernière série de succès au Château d’Oléron, le 22 juin. Série qui passe ensuite par Montendre, La Forêt/Sèvre, Marcillac, le Prix de la ville de St. Nazaire (6septembre), Millac le 13 et se termine en beauté par le bouquet de vainqueur dans  Angoulême-La Rochelle (185 km), le 20 de ce mois.

            Pour André Delort, comme pour son frère Fernand, un héritier, en l’occurrence son fils, Patrick, prend la relève. Sans hypothéquer une suite possible aux « frères Delort », qui s’intitulerait « les cousins Delort », celui qui, en d’autres temps et d’autres lieux, a commis une histoire du Grand Prix cycliste de Lagorce-Laguirande, n’hésite pas à rappeler ici la victoire de Patrick Delort dans cette course en 1989. Ce que la feuille imprimée « Cyclisme » résume par cette formule : « un assidu récompensé ». La formule est juste, car Patrick s’était auparavant classé : 8ème en 1984 et 1985, 3ème en 1986 et 2ème en 1988. Alors licencié à l’US Bouscat, il l’emporte en 1989 devant Philippe Mondory, l’oncle de sa future épouse, elle-même brillante cycliste, Esther Mondory.

 

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En haut d'Arthus, lors du G.P. de Lagorce-Laguirande 1962, disputé sous la pluie et remporté par Fernand Delort devant P. Beuffeuil. Ici, ce n'est pas Fernand mais bien André qui mène devant Pierre Beuffeuil visiblement plus à l'aise que Delaunay (à g.). 

- Les campagnes* d'André Delort : 

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* le mot "campagne" est à entendre selon plusieurs sens : certes, au plan militaire (ou stratégique) comme dans "les campagnes de Napoléon ", mais aussi au plan géographique, comme, ici, "l'axe Montguyon-Ile d'Oléron"…  ou encore, comme le chantaient "les Compagnons de la Chanson" : "Verte campagne"...

 

étant bien entendu par ailleurs que figurent aussi (et, peut-être surtout)  à son palmarès :

 

3 titres de champion d'Aquitaine sur route 1963-1966-1967

3 Grand Prix du rasoir Philipps à Langon 1962-63-64

2 Grand Prix de la Tomate à Marmande 1964 et 1965

2 Angoulême-La Rochelle 1965 et 1970

Nantes-La Rochelle 1964

2 Grand Prix de Lussac-les-Châteaux 1962 et 1964

Grand Prix d'Esperaza 1963

Grand Prix de la ville de Tours 1959

Grand Prix de la ville de Cholet 1964

Circuit de Saumur 1964

Grand Prix de la ville de St. Nazaire 1970

Circuit des remparts à Guérande

les criterium de Chamiers 1962, St Thomas de Conac 1963, St Servan 1964, St Hilaire du Riez 1966,Pleslin 1967,

les Prix de St Junien 1964, Montmoreau 1964, La Rochefoucauld 1965, Biran 1965, Trie/Baïse 1967...

 

 

"Je suis le vagabond, le marchand de bonheur,

 Je n'ai que des chansons à mettre dans les coeurs, 

 Vous me verrez passer, chacun à votre tour,

 Passer au vent léger, au moment de l'amour...

 

…vous êtes des enfants qui vous donnez du mal

Du mal pour vous aimer et du mal pour pleurer

Et moi j'arrive à temps, à temps c'est bien normal…"

 

 

Le marchand de bonheur , Broussolle et Calvet, 1959.

 

 

                        

 

 

 

         

 


 

 

 

 



20/05/2014
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