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les fratries cyclistes : Lapébie, Verdeun, Darrigade

À vélo, les cadets d’Aquitaine : histoire de trois fratries cyclistes (Lapébie, Verdeun, Darrigade) Jean-Paul Laplagne


Les formes sensibles de la carrière sportive


L’approche du fait sportif, si tant est qu’elle puisse échapper aux discours de la presse et à la mise en scène du spectacle, peut-elle prétendre à la saisie d’une autre réalité que celle qu’investit la science quand elle scrute les fibres musculaires, les architectures osseuses ou la composition du sang ? Et l’histoire du sport – si un tel domaine constitué existe pour l’historiographie française – peut-elle prétendre à tracer, au-delà des palmarès et des biographies, l’esquisse sensible d’existences certes repérables grâce aux performances réalisées, mais pleines aussi de réussites incomplètes voire d’échecs ou de souffrances ?

La recherche des « facteurs de la réussite sportive » (depuis longtemps entreprise, mais toujours insatisfaite) ne laisse-t-elle pas de côté (peut- être volontairement) d’autres déterminants, d’autres enjeux, bref d’autres « histoires » ?

Le sport cycliste est fréquemment considéré comme exemplaire pour la débauche d’efforts qu’il représente. À ce titre les « modernes » sciences du sport – particulièrement, la biologie – l’ont investi par leurs méthodes et par leurs discours et leurs mesures, pour en faire un objet d’étude et un champ d’application privilégié. Tout juste quelques textes ou encore des récits insistent-ils sur les notions parfois incertaines de volonté et de personnalité.

Nous voudrions montrer, à travers l’exemple de trois fratries cyclistes, combien cette pratique sportive est déterminée au plan culturel. Nous entendons par « culturel » : la famille avec le rôle des parents et la place dans la fratrie, les lieux et les modes de pratique avec les épreuves et les rituels ainsi que le rôle de ceux que l’on appelle les dirigeants.

 

Destins croisés et trajectoires incertaines

 

 

En 2001, Roger Lapébie (décédé le 12 octobre 1996) aurait eu quatre- vingt dix ans. Son frère Guy a aujourd’hui 85 ans. André Darrigade et Maurice Verdeun ont 72 ans tous les deux et leurs frères, respectivement, Roger 66 et Robert 67 ans. Tous les six ont été des coureurs cyclistes. Il y a parmi eux : deux champions du monde, un champion olympique, un vainqueur du Tour de France, quatre champions de France.
 Leurs carrières et leurs victoires illustrent le cyclisme en Guyenne puis en Aquitaine depuis l’entre-deux-guerres jusqu’aux années soixante. Il s’agit de trois fratries cyclistes.

La fratrie en sport n’est pas l’exclusivité du cyclisme. Cependant, si (comme on l’admet aujourd’hui) « le cyclisme est un sport individuel qui se pratique en équipe », le vœu rarement accompli des frères à vélo est celui de « courir ensemble ». Dans les trois cas de figure étudiés, une même différence d’âge (environ cinq ans) entre les deux frères autorise cet espoir. Pour- tant, des événements, des aléas ne permettent pas la réalisation du projet. À chaque fois aussi, le cadet – comme lancé sur les traces de l’aîné qui a réussi le premier – ne parvient pas à réaliser totalement le projet.

Il n’est donc pas question ici d’effectuer des comparaisons ni de forcer les ressemblances. En cyclisme néanmoins, le scénario se renouvelle de la trajectoire du frère cadet dont l’ébauche est toujours rapportée aux succès de l’aîné, mais qui jamais ne le rejoint totalement, comme si tout, au début, était possible avant que « la force des choses » n’impose la puissance de sa loi. Ce n’est donc pas l’histoire biographique de quelques champions, victoires ou records, parce que la stricte comparaison est impossible. Origines, trajectoires, espaces et temps diffèrent. Il ne s’agit pas plus de réhabiliter le cadet par rapport à l’aîné, mais simplement d’observer des séries de faits. Ce qui permet déjà de saisir à travers ces destins et ces chemins qui se croisent ou, parfois, se prolongent, cet autre aspect de la vie du sportif de performance : celui d’une tranche de sa vie, située entre l’enfance et l’âge adulte et la vieillesse, dont l’intensité excède tous les autres repères.

 

Piste et Route

 

À l’occasion de la Xe Fête fédérale de l’UVF organisée à Bordeaux du 2 au 9 septembre 1934, Gabriel Belliard (membre à vie de l’UVF et archiviste de l’UCI) rédige Le livre d’Or du cyclisme girondin(1). Maurice Martin, l’auteur du vocable « la Côte d’Argent », officialisé en 1907 par le congrès des sociétés de géographie pour désigner « touristiquement » les rivages girondins, landais et basques, celui que l’on connaît comme le « premier touriste de France », ne craint pas d’affirmer que « le cyclisme fut la base même, le point de départ de la grande évolution des moyens modernes de locomotion », et même qu’« il fut le point de départ du grand mouvement sportif actuel(2) ».

Préfaçant Le livre d’or du cyclisme girondin, il considère le travail de G. Belliard « sous des apparences de régionalisme » comme « une contribution nationale (...) à l’histoire si intéressante du sport français tout entier ». En effet, Bordeaux est, avec Angers et Grenoble, l’un des grands foyers du cyclisme français. En Gironde, quelques pionniers propagent la « vélocipédie » comme d’autres, plus tard, propageront le rugby. G. Belliard écrit : « C’est dans le Sud-Ouest aux routes admirables, aux coteaux riants et pittoresques, aux sites enchanteurs, que le cyclisme grandit et prospéra jusqu’au jour où il envahit la France... Paris se trouvait dans l’ombre à cette époque- là(3). » Les premières courses sont organisées dans quelques villes à partir de 1867 et1868. Une première réunion de courses, hommes et dames, est donnée au Parc bordelais les 1er et 2 novembre 1868.

Fondé en 1878, le Véloce club bordelais fait disputer sa première course en 1879 de Bordeaux à Pessac. En 1885, ce club compte 415 membres et, durant plusieurs années, il occupe la première place parmi les clubs français. L’Union vélocipédique de France est fondée à Paris le 2 juin 1880 et parmi les douze sociétés représentées, il y a le club de La Réole. Le Véloce club bordelais n’adhère qu’en 1883 à cette première « fédération » qui compte en 1913 : 518 sociétés. Entre 1868 et 1924, il y a à Bordeaux successivem ment sept pistes ou vélodromes, de la première piste temporaire puis piste d’entraînement du Véloce club au Parc bordelais en 1868 à celle plus définitive du Parc de Lescure en 1924, en passant par toutes sortes de constructions : provisoire aux Quinconces, en salle à l’Hippodrome, en ciment avec virages relevés à Caudéran ou à Talence. Entre la fin du XIXe siècle et l’entre- deux-guerres, la plupart des villes de moyenne importance en Gironde ont leur piste (Arcachon, Barsac, Blaye, Castelnau-Médoc, Langon ; La Réole (3), Lesparre, Libourne, Lormont). Autant dire que dans ses débuts, le cyclisme à Bordeaux en particulier ne se pratique pas seulement sur la route. Ainsi, le 4 mai 1884, la réunion organisée sur la piste provisoire des Quinconces, où se produisent les deux champions français F. de Civry et C. Terront, enregistre 22 000 entrées. Inauguré en 1886, le vélodrome de St. Augustin est une piste permanente, la troisième du genre en France après Dax et Montpellier (1885).

Certes, le 23 mai 1891, à cinq heures du matin et par un temps menaçant, devant un petit groupe de curieux parmi lesquels le Dr. Philippe Tissié(4), à la Bastide juste après le pont de Pierre, vingt-huit concurrents prennent le départ du premier Bordeaux-Paris (572 km). Ce n’est plus la piste, mais la route pour ce que l’on appelle bientôt un « ville à ville ». Mais, c’est bien encore Bordeaux avant Paris et, surtout, avant la grande et mémorable course Paris-Brest-Paris gagnée par C. Terront devant l’un des fondateurs du Véloce club bordelais, Jiel-Laval. Puis, en mars 1893, on inaugure le vélodrome du Parc sur la commune de Caudéran. Pendant trente années (dernière réunion, le 30 septembre 1923), cette piste va attirer les meilleurs coureurs de vitesse et de fond du monde entier faisant de Bordeaux une des capitales du cyclisme sur piste.

 

Le vélodrome

 

Le vélodrome du Parc des Sports de Bordeaux-Lescure, où vont débuter tour à tour les trois fratries ici étudiées, est officiellement inauguré le 24 avril 1924. D’une distance classique (500 m), cette piste est considérée comme l’une des meilleures du monde pour l’harmonie de ses courbes, l’étude par faitement réussie de ses raccordements paraboliques et le grain du ciment. Les plans de la piste sont établis par A. Duprat, éminent architecte bordelais, et R. Hue, associés à cette époque. La pose de la première pierre du Parc des Sports est effectuée par Henry Paté, Haut-commissaire à l’éducation physique, en mars 1923.

C’est autour de la personnalité de Robert Hue (1894-1958), architecte passionné de cyclisme, qu’un foyer d’activités se développe, la municipalité de la ville de Bordeaux lui confiant l’exploitation de la piste à partir de 1930. En 1932, MM. Abadie, Hue et Reboul fondent le « centre d’entraînement du Sud-Ouest » : une école de cyclisme est ouverte à tous les coureurs licenciés de l’UVF ou l’UCI avec de nombreux avantages ; outre l’utilisation des installations, l’accès gratuit à des massages, des visites médicales, des conseils du manager…  Marcel Verdeun, le père de Maurice et Robert, figure à plusieurs reprises au palmarès des championnats de vitesse (1925 et 1930) et du Prix Georges Cassignard (1926, 1932, 1933). Mais, en septembre 1933, lors du « critérium des Routiers » (50 km a l’américaine), ce sont les « Pari- siens » R. Lapébie et A. Leducq qui devancent les « Bordelais » M. Verdeun et P. Castera.

Les frères Lapébie, Roger et Guy, dont les parents habitent le quartier de la Médoquine, proche du vélodrome, ont commencé sur cette piste. En 1935, le directeur du Parc de Bordeaux-Lescure, R. Hue leur écrit : « Mes chers petits » et en mai de la même année, s’adressant à Guy (« Mon cher Guytoune ») : « Tes résultats à la Piste municipale m’ont rempli de joie. J’ai vu que tu n’avais pas oublié “le coup de pied” du pistard. » Guy en témoigne : « La piste, c’est le conservatoire, la détente ; le sprint, c’est l’adresse, tenir sa ligne, les bonnes manières...
 tous les soirs, il y avait cinquante à soixante coureurs qui tournaient, il y avait des réunions avec individuelle, élimination, la “Médaille”. »

 

La « Médaille »

 

La course « à la Médaille » qui se dispute au vélodrome du Parc des Sports le dimanche matin, de janvier à avril, depuis 1925, est une épreuve de prospection ayant pour but de rechercher dans la masse des débutants, les jeunes que leurs aptitudes pourraient destiner à devenir des champions sur piste, principalement en sprint. L’origine réelle serait parisienne. Organisée d’abord au Parc des Princes à partir de 1898, cette épreuve adopte en 1921-22 un règlement concernant l’âge (21 ans au plus) et le développement utilisé (22 x 7). Reprise en 1938 par Daniel Brunel, elle est régulièrement organisée même entre 1939 et 1945, dans le vélodrome d’hiver, lequel sera démoli en 1954. Des épreuves régionales qualifient quelques heureux élus pour la grande finale parisienne qui a lieu en ouverture des six jours de Paris.

Les trois fratries Lapébie, Verdeun, Darrigade vont s’y illustrer. Les frères Lapébie gagnent la médaille régionale de Bordeaux (Roger en 1926 et Guy en 1933) et si Roger devient très vite un routier professionnel de premier plan, Guy, champion olympique sur piste en 1936, peut être considéré au début des années 1950, comme le meilleur spécialiste français des courses de Six-Jours. Les frères Verdeun, dont on sait que le père Marcel a été, dans l’entre-deux-guerres, un des meilleurs pistards bordelais (finaliste du championnat de France en 1925), parviennent à remporter la grande finale de la « Médaille » : Maurice en 1948 et Robert en 1954. Entre temps, en 1949, c’est André Darrigade, d’abord découvert sur la piste de Dax avant de s’affirmer à Bordeaux, qui enlève la grande finale malgré l’opposition irrégulière de son adversaire italien Maspès. L’identification au pays (le sud- ouest, les Landes) a joué, puisque l’ayant remarqué, Roger Lapébie fait monter, juste avant la finale, sur le vélo du jeune Darrigade, les roues spécia- les de son pistard de frère, Guy. Roger Darrigade, quant à lui, même s’il ne figure pas au palmarès parisien, a participé aux mêmes épreuves de sélection. Champion de France amateur sur route en 1955, il dispute sa sélection en poursuite sur la piste.

 

Le « routier-sprinter »

 

Il y a donc, à Bordeaux, une école et une culture de la piste. La période de l’entre-deux-guerres que certains jugent comme la plus belle du cyclisme sur piste à Bordeaux, va produire à partir de l’anneau rose où ils ont fait leur premier pas, des sprinters et des « routiers-sprinters ».

Aujourd’hui, il apparaît à l’évidence que la spécialisation du coureur interdit la confusion des genres entre routier et pistard, entre sprinter et grimpeur. Pourtant, commencée avec Roger Lapébie (vainqueur du Tour de France 1937) et achevée par André Darrigade (champion du monde en 1959), l’histoire de ces trois fratries illustre un moment caractéristique de l’évolution du cyclisme. En 1938, il y avait 153 vélodromes recensés en activité en France(5). La plupart des coureurs y débutent dans des épreuves initiatiques et formatrices. On y cultive quelques valeurs jugées fondamentales dans l’apprentissage du cyclisme, au premier rang desquelles : la vitesse de jambes, la détente, les réflexes. Il en résulte forcément un type de coureur plutôt sprinter qu'’endurant.

Maurice Verdeun (champion du monde de vitesse amateur en 1950) est un pur pistard qui ne court pratiquement pas sur la route. Son frère cadet, Robert – après 1956 – entame une carrière régionale réussie sur la route. C’est le combat dans lequel s’engage Guy Lapébie quand, lui le « six-dayman » rencontre le directeur du Tour de France pour obtenir de participer à la « Grande Boucle ». Lui, le « coureur en soie » mais aussi « l’homme de défi » doit vaincre ces deux préjugés : il est le « petit frère de Roger » et, aussi, un « coureur fragile », puisqu’il vient de la piste. Et, pour une première participation, derrière l’inabordable vainqueur Gino Bartali, il aurait pu être le second de ce Tour de France 1948 à la place du Belge Schotte, sans une chute qui le handicape lors des dernières étapes et le relègue à la troisième place. Mais le coureur de Six-Jours, le sprinter aussi, a passé les montagnes très honorablement.

André Darrigade, peut-être plus tôt converti à la route mais aussi d’une autre génération, celle des débuts de l’effacement du cyclisme sur piste, bâtit sa réputation de « sprinter qui attaque (6) ». Le panache, qui tient aussi à la chevelure blonde, vient du refus de l’attentisme en course qui caractérise parfois à l’excès les stratèges venus de la piste. Une époque enfin, où la vélo- cité ne cède pas encore devant l’endurance et les gros braquets. Est-ce un signe ou un hasard ? Roger Lapébie, qui est le vainqueur du premier Tour de France (1937) où le dérailleur est autorisé, connaît une carrière trop tôt interrompue par un grave accident en 1939. En 1981, dans une remarquable interview au journal l'’Équipe (7), il raconte comment et pourquoi il n’est pas remonté sur un vélo entre 1939 et 1975. C’est en voyant chez son fils Christian, devenu directeur sportif d’une équipe professionnelle, « des vélos avec des plateaux de 53, 54 dents, 12, 13 dents derrière » que le sexagénaire a « voulu voir si c’était possible de pédaler avec

cela ».

 

Monter à Paris

 

Monter à Paris, c’est le rêve de tout provincial. C’est aussi une nécessité vécue par ces trois fratries, ainsi qu’en témoigne Maurice Verdeun : « Si on ne monte pas à Paris, on reste un régional. » Marcel Verdeun, le père, n’a-t-il pas été selon les propos du journaliste Pierre Dargent : « Le jeune Bordelais d’à peine vingt ans qui monte à Paris disputer une épreuve de vitesse face aux meilleurs amateurs parisiens(8) ? »

 

 

 

Devenu professionnel en 1932, Roger Lapébie s’est installé avec sa mère à Neuilly, chez son oncle. Resté à Talence seul avec le père qui est cheminot, Guy – devenu télégraphiste – fait ses débuts de coureur. Il lui est déjà arrivé d’aller voir son frère comme lors des championnats de France amateurs, en 1930 à Nice. Roger fait entrer son frère Guy au camp d’entraînement du Vélo club Levallois en 1933. Jean Durry(9) qualifie d’« ère classique » la période entre 1919 et 1936 et signale « les succès innombrables des maillots blancs à bande noire du Vélo club Levallois, des Jeux olympiques d’Anvers (1920) à ceux de Berlin(1936), (qui) prouvaient toute l’efficacité d’une méthode », en l’occurrence celle du directeur sportif, Paul Ruinart.

Les clubs parisiens représentent alors les académies qu’il faut fréquenter et, surtout, l’antichambre des carrières professionnelles à venir. L’excellence se déplace pour les frères Verdeun au Vélo club du XIIe où s’inscrit Maurice en 1949 et où Robert, pendant le service militaire, retrouve M. Chicot, le dirigeant qui avait pris en charge son frère. C’est encore lors de son service militaire qu’André Darrigade (conseillé par Roger Lapébie) devient membre du Vélo club de Courbevoie-Asnières dirigé par Marcel Guigne. Dans la galerie des grands clubs parisiens, Roger Darrigade qui, malheureusement pour sa carrière cycliste, n’échappe pas à la guerre d’Algérie, connaît ensuite avec son frère l’ACBB et le VC XIIe.

 

La professionnalisation et le « métier »

 

Dans le Miroir des sports, en 1959, André Darrigade déclare : « Je ne pensais d’ailleurs pas seulement à l’argent en signant ma licence “pro”. Je choisissais un métier qui me plaisait. C’est une chose qui compte pour un homme que de faire un métier qu’il aime : de le faire honnêtement, de tout son cœur. Et j’aime le sport, j’aime l’effort sur la route, la pluie, le vent et le soleil(10). » Dans les milieux cyclistes, l’'expression « faire le métier » n’a pas encore acquis les connotations que les scandales des années 1990 lui ont depuis attribuées. Cette expression est d'’abord la marque d'’un sport, parmi les premiers à se professionnaliser. Et si le débat « amateurisme-professionnalisme » s'’enflamme dès les années trente avec « l’affaire Ladoumègue(11) », le cyclisme qui – avec la pratique sur piste – pourrait avoir bien des points communs avec l'’athlétisme, s’inscrit depuis longtemps dans une autre logique.

Dominant cette logique, il y a, depuis Henri Desgrange et l'’invention du Tour de France, la figure double de l'’organisateur et du journaliste. Il en est rapidement résulté cette conjonction entre organisateurs d'’événements et producteurs de récits pour la presse(12). Ensuite, vient l'’association entre l’équipement en matériel cycliste et la publicité pour les marques. Mais, peut-être pour des raisons qui empruntent à la même logique, le journaliste peut se faire aussi mentor et directeur sportif. Cela commence certainement avec le fameux ouvrage de H. Desgrange « La tête et les jambes », suivront bientôt les autres figures du milieu : le masseur et le manager.

Dans une première acception, la professionnalisation et « faire le métier » signifient la même chose : il s’agit d’une discipline de vie. Guy Lapébie rapporte les propos du mentor du V.C. Levallois, Paul Ruinart, un jour où Guy, toujours joyeux, plaisantait parmi d'’autres coureurs :  «Rigole Guy, tu rigoleras moins quand tu seras professionnel ! » Et, dans ces académies pari- siennes où l'on apprend le métier dans des camps d'’entraînement, on cultive avec le coup de pédale, le sommeil, la diététique, la propreté et la présentation. Les récits de Guy Lapébie ramènent souvent, après avoir évoqué les souffrances et les sacrifices, à cette formule : « Je vivais à vélo. »

Dans cet univers quelque peu monomaniaque, la femme du coureur (après la mère) joue un rôle déterminant. Dès 1935, Robert Hue, le premier mentor, écrit à Guy : « Une fois de plus j'’insiste sur les aléas de ce métier. Tu dois commencer à comprendre ce que c'’est. Aussi, lorsque la chance se sera mise de ton côté, cela t'’incitera à ne pas faire de bêtises (...) tu auras toujours le temps, après fortune faite, de mener la vie de château. » Et plus loin : « Tu défends ton frère, tu as raison, c'’est ton rôle. Quant à moi, je ne me fais pas d'’illusions sur ce qui l'’attend. » On comprend mieux alors les paroles de Roger Lapébie, répondant aux journalistes quarante-cinq ans plus tard : « Un coureur doit faire abstinence de tout, d’un bout à l’autre de l'’année
 et j'admets que ça peut créer des problèmes avec les épouses»

 

Le service militaire

 

Cependant, « passer professionnel » reste l'’objectif visé par le coureur amateur de talent et, souvent, ce passage qui s'’accomplit par delà le temps du service militaire marque, chez le cadet de ces fratries, les premières hésitations dans la poursuite du modèle et de la réussite de l’'aîné. Champion de France amateur à vingt ans, la même année (1955) que son frère André chez les professionnels, Roger Darrigade va connaître, pendant deux ans, le sort des soldats français engagés dans la guerre d'’Algérie. Cette « épopée des Max » que raconte Ph. Labro(13) voit, entre 1955 et 1962, 2,7 millions de soldats, dont les jeunes appelés nés entre 1932 et 1943, traverser la Méditerranée. À son retour, Roger a « l'’impression d’être un étranger même dans sa propre équipe ».

 

 

Passé professionnel en 1937 au moment de la plus grande gloire de son frère Roger, Guy Lapébie connaît la malchance à ses débuts et, à peine, commence-t-il à s’'affirmer dans Paris-Nice en 1939 que surviennent la guerre et l'’exode de 1940. Guy tente encore de courir, mais les conditions de vie ne le permettent guère, il connaît d'’ailleurs la prison pour avoir pris part à une course en zone non-occupée. Le Tour de France n'est plus organisé entre 1940 et 1946, reste l'’activité sur la piste. Aujourd’hui, Guy peste contre ces cinq ou six années perdues, auxquelles s'’ajoutent désormais les regrets de n'’avoir pu constituer avec son frère cette association qui vaut, selon lui, « dix équipiers ».

 

Le sentiment d’injustice et la fin de carrière

 

Les conditions qui marquent la fin d’une carrière de coureur sont proches du sentiment d’injustice qui, à d’autres moments, oriente ses choix. Chez les Verdeun, le sentiment d’injustice éprouvé par Maurice lors de sa non-sélection lors de l’épreuve de tandem des Jeux olympiques de Londres (1948) paraît un temps effacé par les deux grandes performances de l’année 1950 : dans le championnat du monde de vitesse amateurs et dans le Grand Prix de Paris. Mais en 1951, Maurice Verdeun contracte une maladie du sang qui l’oblige, malgré ses efforts pour revenir, à arrêter sa carrière en 1953 à 24 ans. Le frère cadet, Robert, qui, dès ses débuts, a marché sur les traces de l’aîné, titulaire de l’Équipe de France de cyclisme amateurs sur piste, lors des championnats du monde 1954, 1955, 1956, subit la même injustice d’une non-sélection pour les J.O. de Melbourne(14). Cette déception oriente alors son activité vers la route. Cependant, intronisé à l’âge de 27 ans dans l’équipe Mercier pour Paris-Nice, en 1961, par Antonin Magne, il laisse passer sa chance de devenir professionnel et met un terme à sa carrière en 1962.

Si la carrière d’André Darrigade apparaît heureuse et réussie – il court jusqu’à 37 ans – on sait que le cyclisme laisse à Roger « un goût d’inachevé » et il dit « avoir cherché à oublier le vélo ». 

Vainqueur à la régulière de Paris-Roubaix en 1934 Roger Labépie est déclassé sur réclamation de Francis Pélissier, mais le véritable déclassement il le connaît ensuite. JP Ollivier raconte cette « mauvaise passe » où « désargenté, l’ancien champion pour survivre accepte les plus basses besognes sur un chantier(15) ». En juin 1935, le « Miroir des Sports » réunit en première page les deux frères Lapébie. Roger, l’air grave (on le surnommait le « Pétardier(16) ») vient de gagner la première étape de Paris-Saint-Étienne, et Guy, très souriant, porte la coupe et le bouquet du vainqueur du Grand Prix des Cinq Nations. L’année suivante, en juin 1936, Guy Lapébie remporte à nouveau le Grand Prix d’Europe des Amateurs aux Tuileries. Sur la photo, Guy, hilare côtoie son camarade de club Charpentier (deuxième) qui a un air beaucoup plus maussade. Quelques semaines plus tard, Guy Labépie, sur la deuxième marche du podium de l’épreuve sur route des J.O. de Berlin, a perdu son sourire. Dans le sprint qui désigne Charpentier comme le champion olympique Guy a « été tiré plusieurs fois par le maillot(17) ». Cette injustice et cette déception se sont effacées quand Guy, devenu grand-père, a la douleur de perdre son fils Serge dans un accident de la route en 1991.

La fin de carrière, qui ouvre à un autre mode d’existence, ne se négocie pas facilement. L’accident, l’incident ou la maladie constituent le signal du renoncement et d’un changement obligés. André Darrigade (dans la distribution de presse à Biarritz) et Maurice Verdeun (dans le commerce des jouets et du modèle réduit à Bordeaux) réussissent incontestablement leur recon- version. Guy Lapébie – que la presse en 1949 présente comme « l’un des rares champions qui n’ait pas de souci matériel grâce à ses nombreuses victoires sur piste » – dirige une grande brasserie du « triangle bordelais » au cœur de la ville. Puis, il fait construire un hôtel restaurant au Mourtis, dans les Pyrénées ariégeoises à 1 500 mètres d’altitude au col de Mente pour son fils Serge. Roger Labépie, qui ne se remet jamais complètement de son acci dent à l’arrivée de Bordeaux-Paris 1939, devient commerçant en cycles sur le cours V. Hugo à Bordeaux. Il ouvre en 1949 un autre magasin à Paris avec son frère Guy, mais les aléas de l’industrie du cycle et des déboires conjugaux l’amènent à changer plusieurs fois de métier. Il finit ses jours comme un modeste retraité dans la petite maison de ses parents vivant comme une sorte de moine à vélo. Robert Verdeun qui, avec son frère Maurice, a grandi dans la petite entreprise de cycles de son père cours Balguerie se reconvertit dans le commerce alors florissant des machines et des jeux électroniques. Aujourd’hui, à 67 ans, il lutte pour s’évader des soucis financiers que connaît son entreprise. Lui, le routier-sprinter, nous avoue : « Là maintenant, c’'est un peu comme un col, ça monte et on ne voit pas la fin. » Lorsque Roger Darrigade nous écrit(18), l’enveloppe porte le tampon de l’expéditeur : « Chateaulin 55 » Narrosse, 40180 Dax. En juin 2000, le quotidien régional Sud- Ouest publie un numéro spécial. On y célèbre « André Darrigade (et) une vie de bagarre ». Au cœur de l’article, une photo représente André et Roger « devant la maison offerte aux parents après le titre de champion de France acquis à Chateaulin. Dans son courrier, Roger rappelle le contexte familial : fils d’agriculteurs (métayers) condamnés en principe à continuer le métier des parents. Ce que son frère André confirme : « Mes parents n’étaient pas sévères mais il fallait bosser (...) quand je suis devenu champion du monde en 1959, la nouvelle a atteint mes parents alors qu’ils se trouvaient au milieu des champs. Pour eux la vie continuait(19). »

 

Le secret du frère cadet

 

« Je ne sais si c’est l’écart d’âge qui le veut » écrit Roger Darrigade, « mais dans mes constatations il ressort que l’aîné veut démontrer en toutes circonstances qu’il est le meilleur et accepte difficilement que le cadet lui tienne tête, même en dehors du sport, il veut servir de guide. » J. L. Faure explique que « le précepte idéaliste et moralisateur d’amour “fraternel” ne reflète guère l’ambivalence qui plus encore peut-être que dans les autres liens humains, paraît dans les relations entre frères(20). Le cadet tend à s’aligner sur l’aîné et à “faire comme lui”, ce qui ne manque, tout en le flattant, d’agacer parfois le plus grand ». Ces explications peuvent aider à comprendre, à travers ces trois fratries cyclistes, les destins croisés de l’aîné et du cadet.

Dans chacun des trois cas de « la fratrie cycliste », il n’est pas un journaliste qui n’écrive les formules attendues de « marcher sur les traces » ou de « bon sang ne saurait mentir ». Cependant, l’ombre du frère aîné est parfois évoquée. Que cache donc chez Guy Lapébie ce "sourire ironique au lèvres » ? Pour le journaliste qui le juge « moins athlétique que son frère mais plus racé, plus fin », Guy « est un nerveux qui parfois doute. C’est là son point faible ». Ailleurs, un autre article constate que « cet athlète si bien doué en apparence n’a pas obtenu jusqu’ ici sur la route les résultats qu’on pouvait espérer de lui », et de suspecter « qu’une faille existe dans la structure de notre héros » tout en avouant que « l’on se perd en conjectures sur la nature de ce vice rédhibitoire(21) ». 

Pourtant, un diagnostic est prononcé : « Guy Lapébie souffre, si l’on peut dire, d’être le successeur de son frère Roger. Comme ce fut le cas pour Charles Pélissier, Guy supporte, le poids d’un très glorieux mais très lourd héritage, et la crainte de ne pas assez bien faire l’empêche souvent de donner la réelle mesure de ses possibilités. » À aucun moment, dans les entretiens qu’il nous a accordés, Guy ne doute de la supériorité de son frère, même s’il arrive parfois qu’il aurait pu ou dû faire aussi bien, ce qu’il confirme avec cette confidence : « avec le nom que je portais». Mais, dans le milieu de la course cycliste – peut être plus encore que dans d’autres milieux sportifs – il faut faire ses preuves pour se faire admettre. Ce qui revient à dire qu’il faut « faire mal aux autres » et s’imposer malgré l’adversité même si elle est plus ou moins « organisée ». Et quand Guy Labépie débute chez les professionnels en 1937, son frère Roger gagne le Tour de France ! Les coureurs de la génération de son frère sont encore là et impressionnent, ainsi Magne, Leducq et Speicher, tous trois vainqueurs de plusieurs Tour de France.

 

 

Certes, l’aîné peut aider à cette intronisation et, d’ailleurs, le rêve jamais vraiment accompli est de courir avec son frère. Dans le cas des Lapébie, la fin prématurée de la carrière de Roger réduit ce dernier au rôle de conseiller- confident. La présence de Roger au côté de son frère parfois contestée ou interdite comme dans le Tour de France atteste du souci manifesté par l’aîné pour la carrière du cadet. En 1942, à défaut de Tour de France, Guy enlève « sous la pluie et contre le vent glacial », la première étape du « Circuit de France ». Jean Leulliot, à la fois journaliste et dirigeant sportif, écrit son article comme une note à transmettre à Roger Labépie : « Mon cher Roger, ne désespère plus. Reprends confiance. Quitte cet air morose et las que tu avais ce matin en accompagnant ton frère au départ. Tu étais venu une fois de plus l’accompagner par devoir, par bonté, par habitude aussi. Et tu te cachais ! Car depuis deux ans tes amis ne perdent pas une occasion de te dire que ton frère n’a ni ta classe, ni ta volonté, et qu’il perd son temps sur la route. Depuis le Tour de France que tu remportas et dans lequel j’eus l’honneur d’être ton conseiller technique, je te connais trop bien pour savoir que ces réflexions te sont extrêmement pénibles. Maintenant, Roger, écarte tes mauvais souvenirs et crois-moi. Ton frère est un Lapébie. Tu peux être fier de lui. » Dans l’appartement bordelais de Guy Lapébie, tout de suite à droite en entrant, dans un cadre sous verre accroché au mur, le regard s’arrête sur un dessin qui représente devant une maison landaise et quelques pins, Guy, courbé sur son vélo et au-dessus de lui, inscrit dans une bulle et portant le maillot jaune, son frère Roger. Le tout est accompagné des quatre vers suivants :

« Et voici maintenant la route qui t’appelle.

Ton chemin est tracé

Roule dans le sillon des traces fraternelles

Et Guy passera bien où Roger est passé(22). »

En ce mois d’août 1950, au lendemain de la victoire de son frère Maurice dans les championnats du monde de vitesse amateurs, alors que le reste de la famille est parti à Liège assister à la victoire de l’aîné, le jeune Robert Verdeun va prendre le départ de la course Bordeaux-Arcachon. Si le journaliste lui promet « de nombreuses marques de sympathie de la part des autres con- currents », peut-on pour autant ignorer, dans ce contexte, les forces menta les qui travaillent une personnalité en train de se construire et de s’affirmer à travers une activité sportive de compétition ?

Roger Darrigade, revenu « abasourdi par son exil » en Algérie, s’aperçoit que « en son absence les médias, les intérêts particuliers du groupe sportif “ACBB-Helyett- Leroux” ont déniché un nouveau frère pour André : Jacques Anquetil ». André Darrigade ne se rend peut-être pas compte alors de la déception de son frère, lui qui déclare en 1955 après sa victoire de Chateaulin : « Nous étions déjà bons copains avec Jacques, mais à ce moment mon cœur fond de gratitude pour lui, il est plus que mon ami, il est devenu mon frère de route(23). »

 

Récits de vie et « illusion biographique »

 

En nous attachant à l’étude de ces trois couples de frères coureurs cyclistes nous ne prétendons pas à disputer sur l’identité des potentialités génétiques héritées des parents. Mais, outre la mise en évidence des conditions culturelles de cette pratique – qui d’ailleurs commencent avec l’enfance et la famille qui, déjà, sélectionnent ou orientent les talents – c’est le rang même dans la fratrie qui nous est apparu comme le point crucial autour duquel se dessinent les trajectoires individuelles. Ces positions, que ni l’aîné ni le cadet n’ont choisies, semblent déterminer ces histoires de vie. Et, si pour P. Bourdieu « l’histoire de vie est une de ces notions du sens commun qui sont entrées en contrebande dans l’univers savant », notre propos ici s’efforce de montrer comment la situation du cadet, dans un sport comme la course cycliste, ne peut échapper au poids de l’exemple du frère aîné, déjà champion.

La fratrie présente des variantes multiples selon le nombre des individus qui la composent et les différences d’âge et de caractère. Sans doute, d’autres exemples ou d’autres cas peuvent être relevés dans d’autres lieux et d’autres sports(24). Le choix du cyclisme permet néanmoins la mise en évidence de ces figures exemplaires, dont la série commence peut-être avec les Pélissier(25). Nous nous sommes efforcé de ne pas sacrifier à cette « illusion biographique » que P. Bourdieu attribue à « toute une tradition littéraire(26) ». Nous n’avons pas voulu donner à ces existences une cohérence qu’elles n’auraient pas. Les faits, majoritaires, attestent la présence de l’aléatoire.

En focalisant sur des trajectoires parallèles que couperaient souvent des séries événementielles étonnamment semblables, nous avons tenté de nous déprendre de la séduction qu’exerce parfois Shakespeare lorsque, à la fin de Macbeth, il est dit que la vie est « un récit conté par un idiot, plein de bruit et de fureur, et qui ne signifie rien(27 )». Parce que, justement, les acteurs sociaux survivent « en tricotant du sens(28) », nous avons cherché ce que Olivier Dazat décrit ainsi à propos des frères Coppi : « Fausto aime passionnément ce jeune frère moins doué, que la nature a un peu négligé, et qui a vécu depuis l’enfance dans l’ombre gigantesque de son aîné. On est bouleversé par cette photo prise sur le vélodrome après l’annonce de la victoire du cadet des Coppi. Fausto, chaviré de bonheur, étreint contre lui son frère Serse, si peu accoutumé à être fêté. La victoire de son petit Serse procure à Fausto la plus grande joie de sa carrière. C’est étrangement comme s’il s’agissait de sa plus belle victoire. Le campionissimo apaisait envers son cadet déshérité une culpabilité archaïque(29.) »

 

 

photo prise par Michel Chazaud lors de l'inauguration de la piste Lapébie à Créon (2009) et retouchée par nos soins.

 

 

Notes:

1. BELLIARD (G.), Le livre d’or du cyclisme girondin, Bordeaux, Castera, 1934. Nous devons la connaissance de cet ouvrage à J.P. Callède, que nous remercions ici.

2. MARTIN (M.), préface de Le livre d’or du cyclisme girondin.

3.Op. cit., p. 14.

4. DURRY (J.), La véridique histoire des géants de la route, Lausanne, Edita-Denoël,1973, p. 29.

5. Dans « Cyclisme 63 », publié par Les cahiers de l’Équipe en mai 1963. En 1945, il n’y en avait plus que 135, dont certains en mauvais état. En 1959, 52 vélodromes étaient affiliés et, en 1963, 43.

6. MATHURIN (H.), « Le Tour 2000, quatre jours dans la région », numéro spécial du journal Sud Ouest, juin 2000.

7.COUËDEL (N.), « Je voudrais mourir sur mon vélo », entretien avec Roger Lapébie, L’Équipe 11/7/1981.

8. Dans les archives personnelles de Robert Verdeun, année 1956.

9.Op. cit., p. 66.

10. Miroir des Sports, lundi 19 octobre 1969.

11. LASSUS (M.), « L’affaire Ladoumègue », L’Harmattan, Espaces et temps du Sport, 2000.

12. CALVET (J.), « Le mythe des géants de la route », Presses universitaires de Grenoble, 1981.

13. LABRO (P.), « Des feux mal éteints », Gallimard, 1967. 

14. Dans les archives de R. Verdeun, deux articles, l’un signé DUTEIN (R.), « Robert Verdeun, Le Dissez et Gaudrillet injustement évincés de la sélection olympique », l’autre signé ESPRIT (P.), « Monsieur Chicot et Verdeun ont eu tort ! »

15. OLLIVIER (J.P.), « Roger et Guy Lapébie », La véridique histoire, Glénat, 2000.

16. ROSSO(F.), Télérama n° 268, 30 juin 1993. Voir aussi MIQUEL (P.), « 1937, au lendemain du Front populaire », éd. Denoël, 1997, p. 250. 

17. Cf. MONTULET (H.), la France cycliste, n° 2054, 26 mai 2000.

18. Lettre du 28 mars 2001.

19. Sud Ouest, numéro spécial juin 2000.

20. Dans Vocabulaire de psychopédagogie et de psychiatrie de l’enfant, R. Lafon, PUF,1969.

21. Dans les archives personnelles de Guy Lapébie.

22. Le dessin est signé Casamayou et daté de 1941.

23. Cité par OLLIVIER (J.P.), Darrigade, le lévrier des Landes, Éditions Sud-Ouest, 1981.

24. Cf. LALANNE (D.), Le temps des Boni, La table ronde, Paris, 2000.

25. Cf. BASTIDE (R.), LEDUCQ (A.), La légende des Pélissier, Presses de la cité, 1981.

26. BOURDIEU (P.), « L’illusion biographique », Actes de la recherche en sciences sociales n° 62-63, juin 1986.

27. « It is a tale, told by an idiot, full of sound and fury, signifying nothing », dans le Dictionnaire des citations françaises et étrangères , Larousse, 1992.

28. PINEAU (G.), Le GRAND (J.-L.), Les histoires de vie, Que sais-je ? n° 2760, PUF., 1993.

29. DAZAT (O.), L’honneur des champions, éd. Hoëbeke, Paris, 2000.

 

Bibliographie


BASTIDE (Roger), LEDUCQ (André), La légende des Pélissier, Paris, Presses de la cité, 1981.

BELLIARD (Gabriel), Le livre d’or du cyclisme girondin, Bordeaux, Castera, 1934. BOURDIEU (Pierre), « L’illusion biographique », Actes de la recherche en sciences

sociales n° 62-63, juin 1986. CALVET (Jean), Le mythe des géants de la route, Presses universitaires de Grenoble,

1981. COUËDEL (Noël), « Je voudrais mourir sur mon vélo », entretien avec Roger Lapébie,

L’Équipe, 11/7/1981.

« Cyclisme 63 », publié par Les cahiers de l’Équipe, mai 1963.

DAZAT (Olivier), L’honneur des champions, Paris, éd. Hoëbeke, 2000.

DURRY (Jean), La véridique histoire des géants de la route, Lausanne, Edita-Denoël, 1973.

DESGRANGE (Henri), La tête et les jambes, Paris, éd. Richard, 1930.

LABRO (Philippe), Des feux mal éteints, Paris, Gallimard, 1967.

LAFON (Robert),Vocabulaire de psychopédagogie et de psychiatrie de l’enfant, PUF, 1969.

LALANNE (Denis) Le temps des Boni, Paris, La table ronde, 2000.

LASSUS (Marianne), L’affaire Ladoumègue, L’Harmattan, 2000, (Espaces et temps du sport).

MATHURIN (Hervé), « Le Tour 2000, quatre jours dans la région », numéro spécial du journal Sud Ouest, juin 2000.

MIQUEL (Pierre), 1937, au lendemain du Front Populaire, Paris, éd. Denoël, 1997.

Miroir des Sports, lundi 19 octobre 1969.

MONTULET (Henri), dans La France cycliste, n° 2054, 26 mai 2000.

OLLIVIER (Jean-Paul) Darrigade, le lévrier des Landes, éditions Sud Ouest, 1981.

OLLIVIER (Jean-Paul), Roger et Guy Lapébie, Grenoble, Glénat, 2000 (la véridique histoire).

PINEAU (Gaston), LE GRAND (Jean-Louis), Les histoires de vie, PUF, (Que sais-je ? n° 2760).

ROSSO (Flavien), « Les mémoires du Pétardier », Télérama n° 268, 30 juin 1993.

 

Congrès national des sociétés historiques et scientifiques, 126e, Toulouse, L’homme du Midi – Sociabilités méridionales, p. 237-251.

 

 




14/09/2011
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