Memovelo

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Gilles ZECH

                                                           

 

 

 

 

 Gilles Zech, né le 02/08/1971 à Bayonne,…"sans le casque et les lunettes"...

 

 

                        Voici quelques semaines, alors que mon fils, Dominique,quarante ans passés, emménageait dans son nouvel appartement et que je me trouvais là dans l’espoir d’être utile, je découvrais parmi une équipe de copains venus l’aider, un grand jeune homme que j’identifiais aussitôt comme étant Gilles Zech.

            L’intention, ici, n’est pas de déroger aux limites que s’est fixées « Memovelo » (le cyclisme régional dans les années 50 et 60), mais de répondre à une question, soudain importante à mes yeux : Quel bilan peut esquisser un jeune quadragénaire peu de temps après une carrière de coureur cycliste de haut niveau ?

Jusque-là « Memovelo » s’est attaché à tracer la carrière et à dessiner le portrait de personnes ayant, pour la plupart, accompli leur vie d’homme après celle de coureur. Ces palmarès et ces portraits ont toujours été choisis par l’arbitraire de la passion et de l’amitié. Ce parti pris affiché s’appuie sur l’idée selon laquelle il n’y aurait pas de vraie curiosité sans implication personnelle du chercheur, quitte à rester prisonnier de son « intime conviction ».

            Alors, pourquoi un père – passionné de cyclisme et conscient de ce que cette passion peut avoir de dérisoire ou de ridicule pour certains – ne chercherait-il pas à mieux comprendre (pour connaître) ce que vit et a vécu, en tant que coureur et après, un copain contemporain de son fils ? (Gilles Zech aura 42 ans au mois d’août)

 

 

            . un nom, une famille :

 

 

            Ce grand garçon (1,83 m) porte un nom qui intrigue. En effet, avec le patronyme Zech, nous sommes loin des apports italiens et espagnols dus à l’immigration, dont a bénéficié – particulièrement dans le sud-ouest – le cyclisme régional.

Gilles est le 2 août 1971 à Bayonne. Son nom est d’origine alsacienne et ses grands-parents paternels sont rentrés de Rabat en France en 1956. Il est le fils unique de Marie-Jeanne et d’Alain, qui se sont rencontrés à …Thionville. Alain, le père, aujourd’hui contrôleur des douanes à la retraite, venait d’y être nommé. Marie-Jeanne, qui avait perdu sa mère à 14 ans, avait connu le travail très tôt dans les laminoirs et, à la fin, elle était la secrétaire générale de la mairie de Bassens.

Alain Zech, devenu depuis commissaire F.F.C., a commencé le vélo à vingt ans à l’UFOLEP. Il fut aussi le président du club de Bassens. Le père court donc, mais il tombe parfois… « Il est cassé de partout », dit Gilles. Peut-être, est-ce la raison pour laquelle le fils n’aime pas « frotter » et, pas plus, les « sprints massifs ».

Gilles est aussi le père de deux petites filles : Mila, sept ans et Yaelle, un an, dont la maman, Lucie, enseigne l’histoire et la géographie à Pessac. Pour elles, Gilles a rénové sa maison de Bassens (Sud-Ouest, en 1995 : « un champion bassenais… il est à Bassens depuis l’âge de la maternelle »), découvrant l’univers du travail manuel. Une référence qui, aujourd’hui, semble lui avoir manqué. Plusieurs fois, évoquant dans la conversation tel ou tel de ses camarades coureurs cyclistes, il utilise les expressions « être de la terre » ou « travailler de ses mains ». Et, si on l’interroge sur ces propos, il déclare « être en recherche » par rapport à ces points d’ancrage et confie son intérêt pour « être adroit ».

 

 

            . de l’UFOLEP au CC Marmande et au Mérignac VC :

 

 

            A 14-15 ans, Gilles qui accompagne son père sur les courses, débute à l’UFOLEP. Très vite, il gagne souvent, mais il ne peut être « surclassé » pour courir avec les « 1 ». Et, il reste sur une grande frustration. A St. Pardon, avec les « 2 », on l’arrête un tour avant la fin. On lui remet une coupe mais on le prive du final avec les « grands ».           

            En 1987, sous la férule de Victor Caneiro, il intègre les cadets FFC au CC Marmande, sur les conseils de P. Galy, en compagnie de  Damien Laforie et Thierry Laborde. La « figure de proue » est alors Damien Laforie, chaperonné par Michel Leblanc. « Impressionnant en juniors », Damien (vainqueur d’un Soulor-Aubisque-Nay) « psychotait », malgré la présence de Victor Caneiro « toujours derrière ses coureurs ».

Gilles Zech, qui a commencé par du vélo « une fois par semaine » (il faisait aussi du basket) considère l’activité plutôt comme « un plaisir et une rigolade ». Il avoue : « j’ai mis du temps à prendre ça au sérieux », à la différence des « juniors d’aujourd’hui qui ont déjà des fiches de « pro ». Pourtant, il lui arrive d’être sélectionné par le Comité, sur la piste et sur la route.

            Parallèlement, Gilles  qui se reconnaît « tellement peu travailleur » est confié à une école privée, deux ans à la Sauque, qui le « remet en ligne ». Et, il obtient un baccalauréat « B » en 1992, alors qu’il est élève du lycée Elie Faure à Lormont. Au cours des années de lycée, G. Zech finit 5ème d’un championnat de France scolaire et universitaire, mais il ne se souvient plus ni de la date, ni du lieu et, pas plus, du vainqueur. Le souvenir qui lui reste, c’est le championnat de l’Académie de Bordeaux, sur le circuit de La Brède et de la « passe d’armes » avec ceux du C.R.E.P.S., Bogdanski et Schaff.

 

            Mais, alors, comment passe-t-on du CC Marmande au Mérignac VC (1993) ?

 

C’est Christophe Bibens, qui est en relation avec la « maison Suire », qui favorise l’arrivée au Mérignac VC de Damien Laforie et Gilles Zech. Ce même C. Bibens permet l’engagement  d’une sélection, composée de lui-même, Bogdanski, Lacomme, Lafaurie et Zech, pour l’  « International Tour Post Classic » en Nelle Zélande, course « open » avec des « pros » américains, autrichiens, allemands et le champion du monde Pedersen. Là-bas, Gilles connaît l’un de ses plus beaux succès en remportant une étape. Dans la région, cette même année, il gagne une étape du Tour du Bourgeais (Douaud, Cyclisme n°1202). G. Zech, qui avait « mis du temps à prendre ça au sérieux » ressent le déclic :  « jusqu’à ce que je sache que j’étais capable de gagner ».

 

 

 

                               . de 1994 à 2003 : 10 ans au « top niveau »

 

 

 

            1. à partir d’octobre 1994, Gilles effectue son service militaire à l’ENORSSA de Libourne, chez les « officiers de réserve du service de santé de l’armée ». il y fait la connaissance de Stéphane Eyquard qu’il considère aujourd’hui «comme le frère que je n’ai jamais eu ».

Son profil de coureur va se dessiner plus précisément :

 - il est meilleur grimpeur du Tour du Tarn-et-Garonne

 -                                        du Tour de Corrèze (8ème au général, 2ème de la 2ème étape)

 -                                            du Prix Leclerc à Tonneins (qu’il remporte)

 - il gagne aussi à Hautefort, Oloron, Badefol d’Ans, au Haillan

 - il est 2ème à Asson et, déjà, 4ème au Mont Pujols.

A cela s’ajoute une victoire sur piste dans l’omnium de Bordeaux-lac, « probablement dans la course aux points ». Mais, Gilles Zech, pourtant formé à l’école de V. Caneiro, sur les vélodromes à Damazan, à Aire/Adour, dans les contre-la-montre et parmi les «  bêtes à rouler », comme son copain Anthony Langella (de trois ans son cadet), « n’aime pas la piste ». Il « déteste les citeriums », ne fera « jamais ou presque de nocturnes » et « adore les courses en ligne ».

 

            2. Licencié depuis 1994 au FC Oloron, il devient en 1995 champion d’Aquitaine sur le parcours de Biron. Et :

                                    1er à Tonneins, Prix Leclerc (2. Bogdanski 3. Langella)

                                    1er de Bayonne-Bayonne (2. Langella 3. Diemunsch)

                                    1er au Coux-et-Bigarroque

                                    1er à Berson

                                    1er à Listrac de Durèze

                                    1er de Bayonne-Pau (2. Lagière 3. Pavlov)

                                    2ème du Tour de Yougoslavie (1. H. Ané,3 Brkovic)et meilleur grimpeur

                                    2ème de Libourne-Libourne (1. Frutoso… 3.M. Martinez)

                                    2ème à Marsaneix + meilleur grimpeur

                                    3ème du Tour du Pays Basque

 

            3. Après deux saisons à Oloron, G. Zech ré-intégre le CC Marmande en 1996 :

 

            Retour gagnant avec le titre de champion d’Aquitaine par équipes contre la montre à Eymet, la première victoire au Mont Pujols (Gilles réalise un triplé dans cette course emblématique du sud-ouest, en 1996-99-2001) devant Roger et un certain D. Moncoutié. Victoires aussi à Hautefort (Douaud :  « Zech, marquis d’Hautefort ») devant Ludovic Grechi.

"...sous le maillot de Marmande, exactement…"

u Tour de Corrèze, il gagne l’étape Beaulieu/Dordogne-Egletons et termine 11ème au général et meilleur grimpeur. Meilleur grimpeur, il l’est aussi à Castelnau-Montratier (2ème) et au Tour du canton de St. Ciers (3ème derrière le vainqueur J.P. Duracka). En Espagne, au Tour de l’Avan en 5 étapes, il finit à la 10ème place. En fin de saison, au Tour de Nouvelle Calédonie (gagné par Delalande), il « marche très fort » et, peut-être, un peu trop, si bien qu’il se retrouve à terre, « râpé de partout »…

 Nouvelle Calédonie : Gilles "en danseuse" semble moins souffrir que Delalande, pourtant leader...

 

            L’année 1997, par la faute d’un genou « en vrac » que Gilles doit faire opérer, est une année « blanche ». Le classement national le donne 1201ème sur 3000 classés : Langella est 76ème, Bogdanski 243ème, Grechi 381ème (on relève aussi : Toutain 585, Dhinin 627, A. Labbe 666 et G. Dubois 809).

 

            4. l’  « UC Felletin – 23- La Creuse » de la DN2 à la DN1 (1998-2000)

 

            Dans ce club, créé en 1954 par les passionnés organisateurs du célèbre criterium de Felletin où, en août 1961, Rik Van Looy l’emporte sur André Darrigade, sur un circuit qui reçoit le championnat de France sur route en 1967 et devant 40 000 spectateurs, un club qui a terminé 7ème de la DN3 en 1996, dans ce club et cette équipe (« Une région derrière son équipe », Cyclisme n°1171), Gilles Zech retrouve les chemins de la victoire :

 Gilles Zech (au dernier rang ,au centre plutôt à droite sur la photo) dans le groupe réuni par H. Fracasso, où on reconnaît : Eyquard-Rainaud-Magimel-Marot-Destang-Saillour-Champeymont... 

 

            A Bourganeuf, le 7 juin 1998, il devient champion du Limousin devant son « pote » Stéphane Eyquard et ses coéquipiers Champeymont, Marot, Raynaud, Saillour…

            1er du Grand Prix de Montauban

            1er du Tour des Landes

            1er du circuit des Monts du Livradois

            1er d’une étape du Tour du Béarn au sommet de l’Aubisque  (10ème au général)

            1er du Tour du Cubzacais

            1er à St. Barthélémy d’Agenais

            1er du Tour du Blayais

A ces 8 grandes victoires, G. Zech peut ajouter quelques belles places :

 

            2ème au Mont Pujols (1. C. Dupouey)

            2ème du Prix des fêtes de Douzillac (1. Supiot)

            2ème de la Felletinoise-Sud Creuse (1. Peyramaure)

            2ème du Grand Prix de la ville de Montauban (1.Pavlov)

            3ème du circuit des Monts de Blond (1. Saillour 2. Peyramaure)

            4ème du criterium de Caudéran (1. Hervé 2.Chanteur 3. Langella)

 

Au classement « Elite 1998 » de la FFC : 1. L. Jalabert 2. Magnien 3. Virenque…42. Langella

…183. Zech … 701. A. Labbe …756. Toutain …1042. L. Grechi…

 

            En 1999, « 23 La Creuse-UC Felletin » opère désormais en DN1 et Gilles renouvelle son titre de champion du Limousin à Chaptelat (2. Célarier  3. Marot). Auparavant, il a remporté le Prix Pinel à Montastruc (4. P. Fedrigo), le Prix du Mont Pujols (2. P. Fedrigo 3. S. Canouet), Bayonne-Pampelune (2. Zanico 3. Uzarte…la première fois qu’un Français gagne),

La première étape du Tour de Gironde, Villenave-Villenave (2.S. Augé) et termine 8ème au classement général

 

  Villenave d'Ornon : première étape du Tour de Gironde 1999 (à droite le père du "TG", François Bidou et S. Dagnan, sans son micro..?) 

 

, la 21ème édition de la Ronde du Chasselas à Lusignan-Petit (2.E. Dubray)

 

  

 Comme souvent dans une arrivée "en bosse ou en faux-plat montant", Gilles termine le buste relevé et le ou les bras levés… vainqueur !

 

 et le prologue du Tour de Nelle Calédonie, dont il finit 11ème au général, 2ème au grimpeur et 3 fois 2ème d’une étape.

Il est aussi  2ème de la 1ère étape de la Finale du championnat de France de DN1 (derrière Meneghetti, VC Roubais) dans laquelle l’UC Felletin-La Creuse termine à la huitième place (1. CC Etupes).

S’y ajoutent : 7ème au Gd.Px. des vins du Blayais (1.S. Augé), 10ème à Castillon-la-Bataille (1. Escartin), 4ème au 34ème circuit de Dun-le-Palestel (1. Da Cruz 2.Casper 3. Durand), 9ème au criterium de Bordeaux-Caudéran (1. Langella 2. Brochard), 5ème au Tour du canton de Champagnac de Belair (1.Marchais 2.Magimel 3. Pavlov 4. Kristov).

 

            En 2000, Gilles croit se souvenir d’une fracture de la clavicule lors du championnat du Poitou gagné par un certain Arnaud Labbe. Ceci signifierait qu’il court désormais sous les couleurs du BAC (Bressuire Activités Cyclistes) et cela expliquerait le peu de résultats retrouvés cette année-là :

 - 1er de la 3ème étape (Vauzelles-Clamecy) du 24ème Nivernais-Morvan, dont il termine 2ème au général, derrière Thévenin de Roanne.

Cependant, la revue « Cyclo Passion » (n°69, août 2000) publie un compte rendu de la « St. Emilion Cyclo Tour », dans lequel on peut lire que le vainqueur de cette cyclosportive est bien Gilles Zech de l’UC Felletin-La Creuse, qui a effectué les 183 km en 4h 52’ et qui devance : 2. Toutain…5. Bonnace…8. Dupuytren…10. Malfatti….12. Bellicaud.

Cette fracture de la clavicule donne l’occasion à G. Zech d’évoquer la hantise de certains coureurs qui est la prise de poids (en l’occurrence 8kg !!!) et qui oblige le coureur à l’arrêt à manger moins…

 

 

            4. le B.A.C. (Bressuire Activités Cyclistes) …enfin (2001-2005) :

           

            Le 9 avril 2001, avec l’ami Maidon, nous avons été témoins de la victoire de Zech sur le nouveau circuit du Grand Prix  de Lagorce-Laguirande. Au terme de la 15ème et dernière ascension de la côte de Dizet, nous avons vu Gilles lever et écarter les bras devant ses deux compagnons d’échappée, Yvan Becaas (Blagnac) et Stéphane Laborde (CAM Bx.).

 

Côte de Dizet, à Lagorce (33), 2001, Gilles Zech inscrit son nom au palmarès (cf. "histoire des courses")

 

            En haut du Mont Pujols, Zech lève encore les bras et réussit le « Hat trick » (Petit Bleu du 47, le 11/04/2001), tout comme à Guéret (Gd.Px. de la Trinité),

 

Guéret (23) : victoire de l'UC Felletin en Creuse

sur le tertre d’Espiens pour le Tour des coteaux d’Albret,

En haut du tertre d'Espiens : "il l'a fait !"

à Mérac, à Valence/Baïse (2. Bogdanski 3. Becaas), pour la 3ème étape du Tour du canton de Montendre et, avec ses équipiers du BAC, il termine à la première place du Tour cycliste des Deux-Sèvres (après avoir gagné la 1ère étape : Niort-Parthenay).

 La réussite du Bressuire Activités Cyclistes au Tour des Deux Sèvres….

 

 …est totale !"

 

            Cette année 2001, il termine 2ème du Tour de Saône-et-Loire (après avoir gagné la 1ère étape : Le Creusot-Montceau-les-Mines), 2ème du Tour du canton de Matha (1. Becaas) et 3ème des Monts du Livradois.

Le classement FFC-Elite 2 pour 2001 lui attribue la 112ème place (1. Joorma Laukka (Finl.)

 

            2002 : Il gagne le Tour du canton de St. Ciers devant Sharmen (GB) et C. Kern (Vendée U). Au Grand Prix de Puy-l’Evêque, il se classe 2ème derrière Bogdanski et devant un certain Carl Naïbo qui porte aussi le maillot de Bressuire et qui s’est fait souffler la victoire à Lagorce-Laguirande par « l’ancien », Michel Larpe, 42 ans.

 2002 :"l'aviateur Zech" a réussi son survol du canton de Saint-Ciers...

            L’année suivante, en 2003, il est victime à St. Ciers d’une chute grave. En montant à la voiture pour prendre un bidon, malencontreusement déséquilibré, il tombe et se fracture la mâchoire en deux endroits. Malgré cela sont inscrits à son palmarès :

            - le 85ème Gd.Px. de la Trinité à Guéret

            - le Grand Prix de Bruxerolles

 Dans la grande tradition de la presse française : le titre est un jeu de mots (ici, tentant et réussi). Cela vient de l'époque où les journaux étaient vendus dans la rue "à la criée".

  

            En 2004, Bressuire Activités Cyclistes aligne, dans le top 15 de DN1, 21 coureurs sous le maillot orange fluo et vert, dont les chefs de file sont Stéphane Bellicaud, Loïc Herbreteau et Gilles Zech. Parmi eux, Carl Naïbo que certains considèrent déjà comme un « nouveau pro » et qui vient de créer la sensation du début de saison sur la Côte Basque. Gilles, le « mentor », s’apprête à passer la main. Les  deux coureurs se sont préparés ensemble, mais – mis à part une 4ème place au Circuit Méditerranéen, début février – Gilles n’y est plus…

Cette même année, l’UC Felletin a fêté ses 50 ans (comme l’AC Creuse), en même temps que le CRC Limoges ses 100 ans et le VC Aubusson, ses 70 ans. Gilles Zech a appartenu à ce club et il y a connu Hervé Fracasso, un ancien coureur devenu entrepreneur  de BTP. Un passionné de cyclisme qui « n’hésitait pas à financer sur ses fonds propres ». Et, ils se sont retrouvés ensuite au club de Bressuire.

Nous laissons la parole au président de l’UC Felletin, Denis Priouret, quand il explique : « mais le passage de l’ancien champion du monde (Luc Leblanc) a posé tant de problèmes et généré tant d’amertume que l’UC Felletin s’est désolidarisé de tout ça ». Alain Douaud qui a écrit l’article dont nous nous inspirons (Cyclisme n°1417 du 12/12/2006) lui laisse ajouter :

« Je préfère un club à l’ancienne, d’autant que je ne suis pas convaincu que l’on aille dans la bonne direction en étant aussi exigeant envers les structures à mettre en place ». Ceci confirme pleinement l’amertume dont Gilles Zech nous avait fait part, suite à son départ de Felletin.

            « Cyclisme » en date du 9 mai 2005 titre : « Un mariage heureux ! » Il s’agit de la fusion des clubs de Bressuire et de la Pédale St. Florentine. L’équipe ainsi constituée, sous l’appellation « Deux-Sèvres Cyclisme » est entraînée par L. Cosnier (BF 3) et doit être dirigée par P. Duchêne (ex-pro chez Agritubel) et G. Zech (titulaire du Brevet d’Etat). En 1997, Gilles avait passé le BEESAC 1er degré à St. Etienne.

Une bonne précaution qui lui permet maintenant d’aborder la difficile période de la reconversion, malgré un baccalauréat et un brevet d’état. Et, Gilles a aussi connu la Fac’. Inscrit pendant deux ans en A.E.S. : « on était 700 inscrits dont 300 venaient régulièrement en cours », Zech a surtout fait du vélo et, aussi, du baby-foot avec C. Dugarry… Et, pourtant, Gilles allait à la Fac’ « pour se changer les idées ». Car, il apprécie de pouvoir « parler d’autre chose, sans revenir tout le temps au vélo ».

Cependant, Gilles reconnaît avoir  « idéalisé un peu la profession ». Puis, il a « projeté sur Carl Naïbo » et cela a coïncidé avec la fin de sa carrière.

 

 

                                         « ça ne s’est pas bien terminé… »

 

 

            Cette mâchoire cassée dans la chute à St. Ciers va l’immobiliser. Il  s’efforce de ne pas prendre trop de poids, mais « dans la tête ça avait lâché ». « Le corps continuait… j’allais rouler 5 heures tout seul… je faisais mes 150 bornes à 32 à l’heure… je faisais 600 km par semaine, mais en course je bâchais au bout d’une heure ». Il redoutait la déprime, elle est venue, bien sûr.

Une nouvelle fois, il tombe quelque part en Auvergne… Etait-ce pour la « Dutorcha ».. ?

Tout se mélange : « j’avais peur… j’arrivais plus à prendre le départ… je ne faisais plus de fractionné… plus d’intensité…, j’étais un gros diesel ». Et puis, « j’ai arrêté à la con » .

 

 

                                    « je suis passé un peu au travers… »

 

 

            Le palmarès de Gilles Zech a de quoi intimider. Pour ceux qui connaissent le cyclisme régional, gagner trois fois le Prix du Mont Pujols est un signe fort. Mais, Gilles a fait et refait le bilan. Loin des vélodromes et des criteriums, il estime avoir été « plutôt un puncheur dans les bosses », qui préférait arriver « pour la gagne dans un petit groupe ». « Frotter ? », non, et, pour Bordeaux-Saintes, même si « je marchais pourtant », les bordures .. ? très peu… Il n’était « pas du tout un rouleur », dit-il, même s’il a été à l’école de Victor Caneiro.

            En 1999 (à 28 ans), « ça allait peut-être se faire », des « contacts avec Banesto », mais c’était déjà un peu tard et puis, « je n’ai jamais su me vendre… jamais envoyé un CV ». Ni, « jamais sûr d’être à 100%... »

Ils sont quelques-uns de cette « génération à avoir marché tard ». Cette génération ? oui, ceux de l’après « 98 ». Ce « séisme », pendant lequel la télévision nous donnait à voir Richard Virenque, cheveux décolorés, pleurant dans un bistrot de Gare de Corrèze. Mais, aussi, la FFC mettant en place un « suivi médical longitudinal contrôlé » et les premiers tests d’effort.

Avec son 77 de VO2 max., Gilles, le « puncheur dans les bosses », vivait en bonne intelligence avec ses « lactates », aussi est-il fondé à nous citer Bernard Hinault : « ça sert à rien d’avoir une grosse cylindrée, si elle n’est pas bien réglée ». Puis, à reconnaître : « il n’y a pas que les qualités physiques… j’ai mauvais caractère… j’étais un mec pas facile à gérer… »

 

 

                                                            « l’à-venir »

 

 

            Quand il arrête en 2004, Gilles Zech est déjà devenu le « mentor » de Carl Naïbo.

D’abord à la demande du beau-père de ce dernier, l’ancien coureur, Patrick Audeguil  (vainqueur de Lagorce-Laguirande en 1975 devant P. Bazzo). Passé du Guidon Saint-Martinois au club de Bressuire, Naïbo fait un début « fracassant » : 1er du Tour du Labourd le 19 février, vainqueur du Criterium des Espoirs les 21 et 22, 1er à Montastruc le 29, avant de connaître une première déception au Tour du canton de St. Ciers les 27 et 28 mars (vainqueur de la 1ère étape, donc leader de la course, il perd le maillot dans la seconde au profit de Marino, pour 14’’).

            Mais, Gilles Zech s’est trouvé un autre rôle. Il faut trouver « les bonnes personnes pour exploiter les qualités ». S’appuyant sur son vécu, il est conscient de l’importance des « côtés psychologique et relationnel ». Avec Carl, le courant passe. « Dur au mal et guerrier » certes, mais « il écoutait et il faisait »…  « à la différence des garçons de son âge ».

            Entraîneur, est-ce un métier ?  Même pour quelqu’un qui semble avoir compris assez vite que « le vélo est plus une passion qu’un métier », la réponse ne va pas de soi. Aujourd’hui, chargé des juniors route au comité d’Aquitaine, sous la férule du CTS, Ch. Chauvet, il est sûr de lui : «  18 ans, c’est la catégorie charnière, la seule qui m’intéresse… » Pourquoi ? »« parce que c’est le dernier cap...", « dès qu’ils ont plus de 20 ans.. ils sont dans les clubs de DN1… ils ont leur entraîneur personnel…un directeur sportif… »

Gilles Zech est cependant conscient « des difficultés du vélo traditionnel, qui n’attire plus. Sur 20 juniors sélectionnés pour un stage, 8 vont persévérer. Au championnat d’Aquitaine, ils sont à peine 70 au départ… ». Gilles s’interroge sur la « précocité » (nous aussi, cf. ici, le Premier Pas Dunlop). Autrefois, au départ, c’était surtout le « talent » de jeunes qui « roulaient peu ».

Désormais, il y a de  « lourdes charges de travail »  chez les cadets, souvent « deux fois 120 km par semaine… », « ils font déjà du scooter »… C’est pour ça que « la marge de progression est réduite ». Les juniors sont « déjà capables de rouler à 40-42 km/h sur 130 km ».

 

 

            Il est bientôt 18 heures, Gilles va rentrer s’occuper de ses deux filles. Avant de quitter le vélodrome, je monte les marches pour jeter un coup d’œil à la piste. Peu de temps auparavant, un éducateur du CAM a ouvert la porte du bureau où nous étions pour saluer Gilles. Une vingtaine de garçons et de filles s’affairent. Trois par trois, des éducateurs les tiennent au départ, puis ils les lâchent…

 

 


Principales victoires de Gilles ZECH

 

- Champion d’Aquitaine 1994 à Biron

- Champion d’Aquitaine 1996 clm. par équipes 1996 avec le CC Marmande

- Champion du Limousin 1998 à Bourganeuf et 1999 à Chaptelat

 

- 3 fois vainqueur du Gd. Px. du Mont-Pujols en 1996-1999-2001

 

- Tour de Landes 1998

- Tour du canton de Saint-Ciers 2002

- Tour des Deux-Sèvres 2001

 

- Bayonne-Bayonne 1995

- Bayonne-Pau 1995

- Bayonne-Pampelune 1999

 

- Hautefort 1994, 1996

- Montastruc, Prix Pinel, 1999

- Montauban 1998

- Circuit des Monts du Livradois 1998

- Tonneins, Prix Leclerc 1994, 1995

- Coux-et-Bigarroque 1994

- Tour du Cubzacais 1998

- Tour du Bayais 1998

- Ronde du Chasselas, Lusignan-Petit, 1999

- Prologue du Tour de Nouvelle Calédonie 1999

- Lagorce-Laguirande 2001

- Guérét, Gd. Px. de la Trinité, 2001, 2003

- Tour des côteaux d’Albret 2001

- Bruxerolles 2003

- Saint Emilion Cyclo Tour 2000

 

- meilleur grimpeur du Tour de Tarn-et-Garonne 1994

                        du Tour de Corrèze 1994, 1995

                            du Tour de Yougoslavie 1995

                              du Tour du canton de St. Ciers 1996

 

- une étape  de l’International Tour Post Classic (NelleZélande) 1993

-                   du Tour du Bourgeais 1993

-                   du Tour de Corrèze (Beaulieu/D.-Egletons) 1996

-                   du Tour des Landes 1998

-                   du Tour du Béarn 1998

-                   du Tour de Gironde (Villenave-Villenave) 1999

-                   du Tour du Nivernais-Morvan (Vauzelles-Clamecy) 2000

-                   du Tour du canton de Montendre 2001

-                   du Tour de Saône-et-Loire (Le Creusot-Montceau-les-Mines) 2001

-                   du Tour des Deux-Sèvres (Niort-Parthenay) 2001

 


 

 

 

 

 



16/04/2013
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