Memovelo

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Daniel DIHARS

                                                           

 

 

 

 

 

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 Charles Bidon à propos de Daniel Dihars  : "… pourvu de ces qualités primordiales : la tactique, la vaillance, l'opiniâtreté".

 

  

 

          . « été 48 », un petit bal dans « l’après-guerre » :

 

 

            C’est en août, après la guerre, du côté de Landerrouat. Un dimanche après-midi, il y a une fête. Daniel et ses copains sont venus en vélo, « personne n’avait de bagnole… » Une petite salle de bal est montée au milieu des champs. Puis, quelqu’un lance dans un micro : « Allez , ne vous dégonflez pas les jeunes ! » Il s’agit d’une course cycliste « sauvage », comme il y en eut tant, heureusement. A peine « libérée », la France a vu, l’été précédent, son Tour repartir et être gagné par un petit coureur breton : Jean Robic.

Le circuit fait environ 4 kilomètres et Daniel se retrouve au départ, les jambes de son pantalon retroussées avec son vélo à pneus demi-ballon. Un gaillard de Sainte-Foy, parfaitement équipé l’impressionne. C’est lui le futur vainqueur. Mais, Daniel finit deuxième et le gaillard en question n’a jamais pu le lâcher.

Le dimanche suivant, Daniel Dihars qui n’a pas eu le temps ni les moyens de s’acheter un vélo est présent au départ, cette fois en short et sandales… Dès cet été, il gagne trois fois, détaché, à Riocaud, Port-Sainte-Foy et Gensac.

            En 1949, Daniel Dihars est un débutant d’à peine vingt ans, qui échappe au service militaire, parce qu’il est « soutien de famille ». En effet, Daniel est l’aîné de sept enfants, dont les parents sont domestiques agricoles, puis métayers à Landerrouat. De justesse, car la loi est abolie en 1950, ce que connaîtront à leurs dépends, Michel Brun et Jacques Vivier.

Il signe sa première licence à la section cycliste du Stade Foyen. Un copain lui enseigne un mécano de Duras qui l’équipe d’une première monte « La Perle », assortie de primes kilométriques.

Les trois premiers succès acquis à la fin de l’été 1948 ont vérifié des capacités déjà entretenues par les « coups de mains » pour le travail de la terre donnés à ses parents. Le père, Robert, bien que métayer est sportif. Il pratique la course à pied sur de longues distances et, acrobate, marche aussi sur les mains. Cette « éducation corporelle » s’accompagne d’un intérêt pour le football tel que, père et fils prennent parfois les vélos jusqu’à Bordeaux pour y assister à un match. Avant de pratiquer le cyclisme, Daniel Dihars joue dans le « 11 » de Landerrouat.

 

 

            . 1949-1951, la période foyenne :

 

 

            En avril 1952, la presse locale ouvre ses colonnes à Jean Leulliot, lequel, après une accroche en première page : « Dihars et Dupré ont juré… de se rappeler les leçons de la « Route de France », tance les deux coureurs dans un article intitulé : « Dupré et Dihars sont décidés à ne plus céder à la facilité… et à se lancer l’an prochain dans le grand bain ». En 1951, J. Leulliot vient en effet de lancer cette grande épreuve par étapes pour les amateurs, sorte de propédeutique au Tour de France pour les professionnels. Daniel Dihars et André Dupré y ont pris part avec des fortunes diverses, bien qu’ayant occupé les deux premières places dès la première étape.

Jean Leulliot, qui possède une résidence secondaire à Sainte-Foy, se met en tête de préciser que « Sainte-Foi-la Grande a un nom pompeux et trompeur… ce n’est qu’une petite ville située sur les bords de la Dordogne entre Libourne et Bergerac ». Ce qui n’empêche que cette ville a « toujours (été) un foyer de cyclisme ». Et, de rappeler qu’  « avant la guerre, Rotinier a été le héros, à 19 ans, d’un Toulouse-Barcelone » et que « le jeune Chouet a été le second  d’un championnat de France derrière Lemarie, après crevaison ». En 1952, il y a donc, « maintenant, deux des meilleurs « indés » du sud-ouest : Dupré et Dihars, tous deux fils d’aisés cultivateurs ayant remporté chacun douze courses cette saison ».

Le club auquel appartiennent ces deux coureurs est celui de la section cycliste du Stade Foyen fondée en 1948 par Bernardini, qui est l’organisateur de Bordeaux-Sainte-Foy depuis 1935. Le club deviendra dans les années 50, l’Etoile cycliste foyenne (ECF).

            Daniel Dihars va vivre cette « période foyenne » entre deux fratries. D’un côté, il y a les frères Gourd (Yves et Yvan) et, de l’autre, les Dupré (Georges, l’aîné, puis André et Lucien). Leur manager est donc R. Chouet, ancien coureur, agent « Royal Fabric » à Sainte-Foy et le directeur sportif, Henri Mercier, un peu plus tard le beau-père de Cl. Mazeaud.

 

            En 1949, l’équipe remporte le Challenge du duc de Cazes à Libourne, où Daniel arrive détaché. Cette même année, un certain Maurice Bertrand gagne pour la seconde fois Bordeaux-Sainte-Foy devant A. Dupré, Y. Gourd et D. Dihars. Ce dernier est aussi vainqueur à Riocaud, St. Pierre d’Aurillac, St. Léger, Pessac/Dordogne, St. Pey de Castet et Castelviel.

 

 

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 1949  - L'équipe du Stade Foyen, victorieuse du Challenge du duc de Cazes à Libourne : André Dupré, Yvan Gourd, Daniel Dihars, Yves Gourd.

 

 

            Au début de l’année 1950, l’équipe et D. Dihars renouvellent leur succès de l’année passée dans le Challenge du duc de Cazes et confirment ensuite leur efficacité dans l’exercice collectif en devenant champions de Guyenne des sociétés sur la route, contre-la-montre, avec D. Dihars, les frères Dupré, Yves Gourd et Lucien Arnaud.

Alors que la révélation du championnat de Guyenne disputé à Oloron est « le jeune routier de 19 ans, André Dupré du Stade Foyen » (« l’Athlète », 12/7/1950) ; le vainqueur de Bordeaux-Sainte-Foy est son coéquipier Daniel Dihars (2ème : André Dupré). A cette époque, l’un ne va pas sans l’autre.

 

 

 

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 Daniel Dihars et André Dupré : "à cette époque, l'un ne va pas sans l'autre…"

 

 

 

Ce qui n’empêche pas Daniel Dihars de glaner d’autres bouquets à La Roquille, Eymet et La Réole…

 

 

 

 

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1950 - Bordeaux-Sainte-Foy : Daniel (Rochet) et André (Royal-Fabric) 1er et 2ème , sont bien encadrés !

 

 

            L’année 1951 est celle de la grande confirmation pour Daniel désormais en 1ère catégorie. Au cours de la première partie de la saison, de nombreuses victoires (Trémolat, Coux-et-Bigarroque, Bazas, Fumel, Ste-Foy-la-Grande) mènent le « petit coureur foyen » (1,67m, 63 kg.) à cette participation à la « Route de France ». Début juin (du 2 au 16), 150 coureurs amateurs de toute la France prennent le départ pour 15 étapes entre Paris et Paris, mais en passant par Vichy-Avignon-Montauban-La Rochelle-Dinard-Cherbourg et Caen. Cela commence très fort : lors de la 1ère étape, c’est André Dupré qui l’emporte devant D. Dihars.

Mais, Daniel Dihars ne repart pas d’Avignon. Pourtant, il est, à ce moment-là, 7ème au classement général. Daniel raconte : « les hôtels, c’était parfait, mais la nourriture était toujours la même : beefsteak-épinards… » Alors, bien que d’un naturel timide, il est « le seul à ouvrir sa gueule ». L’organisateur, Jean Leulliot, se moque de lui en lui « offrant » trois bananes…

Cependant, Daniel le reconnaît : « je me battais trop pour une course par étapes ». Dans l’article cité plus haut, Leulliot explique que « par la suite, ils (Dihars-Dupré) abandonnèrent sans aucune raison », pour - un peu plus loin – confirmer qu’il y a bien eu quelque petit problème : « deux garçons (qui ont)… chaque jour le couvert mis devant eux… » Puis, il fait entendre cette litanie, qui n’est (déjà) pas nouvelle : «  ce sont deux indés qui gagnent bien leur vie en courant 3 à 5 fois par semaine ». Pourtant, l’organisateur de la « Route de France » a remarqué ce Dihars, « qui est du genre Robic et Marinelli ».

Le vainqueur de cette 1ère « Route de France »  se nomme Jacques Vivier et son second est un natif de l’île d’Oléron, Marcel Bon. Pendant 5 étapes Daniel a porté le dossard n°56, parmi les André Dupré, Jules Pineau, Pierre Barrière, Ugo Anzile, José Gil, G. Garmendia, S. Perin…

            Au cours de cette saison, D. Dihars va connaître une nouvelle chance qu’il va saisir : les 14-15-16 septembre, il participe et remporte le « Circuit des 3 vallées » organisé autour et à partir de Montréjeau, patronné par la « Dépêche du Midi ».

La première étape comporte pas mal de difficultés : Labarthe-de-Rivière, Cirq, Lourés-Barousse… à St. Béat, 57 coureurs sont encore ensemble, mais dans la dernière côte du parcours Dihars se détache et l’emporte devant Bisetto, 3. Sosa 4. M. Prodoscimi 5. Esposito

La deuxième étape se dispute en deux tronçons distincts : le matin, Pierre Barrière l’emporte à Saint-Lary et, l’après-midi, les coureurs sont confrontés au col de Peyresourde et, même s’il ne passe pas en tête au sommet (3ème derrière Manceau devant Punton), Daniel est dans le sprint à 3 que Bisetto remporte sur le boulevard de la gare à Goudan-Polignan : 1. Bisetto  2. Perin 3. Dihars, dans le même temps. Le journaliste écrit : « Dihars difficile à détrôner aujourd’hui ».

La troisième étape comporte 128 km de routes escarpées par St. Laurent, Labarthe de Neste, Capvern, Mauvezin. C’est encore Bisetto qui gagne, mais il n’a pu distancer Dihars, « foyen absolument déchaîné et d’un courage à toute épreuve ». Le classement final donne : 1. D. Dihars  2. Bisetto  3. Foucaud.

            Le palmarès de D. Dihars s’orne d’un nouveau titre de champion de Guyenne des sociétés acquis à 4 seulement avec les frères Dupré et Lucien Arnaud. Emile Baudouin dans « l’Athlète » (30/6/1951) s’offusque : « 140 sociétés en Guyenne et 8 seulement au départ… (avons-nous à faire à) des sociétés fantômes ? » et, plus loin : « le plus petit coureur, aussitôt qu’il se découvre la moindre valeur n’aspire plus qu’à gagner de l’argent… et comme il n’y a pas à espèrer… » « Les étonnants petits foyens » l’emportent devant les « Cyclistes Girondins » (J. Rinco-Gavelle-R. Latorre-Vinsonneau-Guibert), les 83 km en 2h 2’ 49’’.

            L’année avait commencé par une belle place de 3ème à Lagorce-Laguirande (1. André Heugas  2. Gavelle… 4. René Latorre), suivie de victoires à Trémolat, au Coux-et-Bigarroque, Bazas, Fumel, Grignols, Pellegrue, le Prix du Planèze à Neuvic/l’Isle… et, encore premier à Lévignac (47) devant Dupré, Micas et Lafargue, et, le 11 septembre, une belle victoire à St.-Cyprien devant : 2. Bermudez à 2’  3. G. Gay à 3’  4. Gavelle à 3’20’’…

Le 20 mai, pour le Prix des commerçants de Ste. Foy-la-Grande, qu’il remporte devant L. Arnaud (2ème à 3’10’’), 3. Fabro 4. Barquero 5. Chaumont, le vainqueur gagne une bicyclette de tourisme. Il choisit une bicyclette de femme pour l’offrir à Pierrette qu’il épouse le 6 cotobre 1951.

 

 

            . 1952-1959 : l’époque bordelaise (ASPTT)

 

 

            « L’Athlète », en date du 19 mars Informe que 27 coureurs du sud-ouest vont porter les couleurs de « Terrot » (directeur sportif : Pierre Dion), parmi lesquels on compte Daniel Dihars et, aussi, Darnauguilhem, Gay, Sabbadini, A. Dupré, Danilo Pin, Julio Alvarez, René Lemaître, Gilnert Ducourneau… C’est la deuxième année que Daniel court pour « Terrot », mais il est désormais licencié à l’ASPTT de Bordeaux. Dans Bordeaux-Cognac en 1950, le jeune Dihars est dans la « bonne échappée » en compagnie de Bidart, Latorre, Prouzet et d’un Bodelais, « peut-être Ledent du VC Lion »  à qui il demande à boire. Celui-ci refuse et se fait désagréable. Daniel attend la côte suivante pour placer un démarrage qui est fatal au coureur en question. A l’arrivée, M. Valls, qui est alors le directeur sportif de « Terrot », entre en contact avec lui. L’année suivante, il est recruté par l’ASPTT de Bordeaux avec qui il a fait le déplacement de Montréjeau, lors de sa participation victorieuse au « Circuit des 3 vallées ».

 

 

 

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  1951 - Daniel Dihars, vainqueur du "Circuit des trois vallées"

 

 

 

            Début avril 1952, immédiatement après sa victoire dans le Prix des journées commerciales de Libourne, Daniel Dihars participe au critérium international de Cenon, sorte de polymultipliée bordelaise avec les ascensions répétées de la côte de la « Vieille Cure » et qui est remporté par Raphaël Geminiani devant R. Berton et R. Remy.

 

 

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1952 - Critérium de Cenon : les "grands" devant, R. Desbats, R. Geminiani, L. Teisseire et les "petits", derrière, D. Dihars. 

 

 

 

Une semaine plus tard, il cueille coup sur coup le Prix des meubles Millias à Tonneins (résultat : 2. Perin 3. G. Dupré 4. Bianco 5. Lafargue 6. Menagazy 7 Prouzet) et le bouquet du vainqueur de Bordeaux-Charente (G.Px. Barouilhet) disputé par un dimanche de Pâques très ensoleillé, dont l’arrivée a lieu dans la plaine de l’Isle d’Espagnac. Un article signé A. Moues relate l’événement : « Cette foule qui attendait le grand Dolhats ou Sabbadini le torse moulé de tricolore a soudain éclaté d’un grand rire étonné en voyant apparaître un minuscule bonhomme, le teint frais et rosé… c’est çà le successeur de Dolhats, le vainqueur de ce terrible Bordeaux-Charente, sans blague ! (…) Mais, lorsqu’elle vit défiler devant ses yeux les Dupré, Pras, Allory, Aubry, Bidart, Mancisidor, Urbaniak, Joulin, Pontoni et  autres Barrière les traits profondément creusés par la grande fatigue, cette foule charentaise comprit très vite qu’elle avait devant elle un vrai champion ». Et, Charles Bidon dans « l’Athlète » conclut : « vainqueur de classe, certes, mais pourvu de ces qualités primordiales : la tactique, la vaillance, l’opiniâtreté ». Daniel vient de remporter « l’une des plus belles classiques du sud-ouest », une course « propice aux petits gabarits » car, avec Dihars (1, 65m) les deux autres grands animateurs ont été Pagotto (1,60 m) et Celebrowsky (1,62 m). Classement :

1. D. Dihars, les 210 km en 5h 58’  2. A. Dupré 3. Allory  4. Roux  5.Aubry  6. Pras 7. Bidart 8. Urbaniak  9. Joulin…

 

 

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   - Bordeaux-Charente 1952 : Allory (3ème), Dihars (1er) et A. Dupré (2ème). 

 

 

 

Après cet excellent début de saison, D. Dihars se tretrouve avec A. Dupré, Joseph Bianco et Tino Sabbadini dans une éqipe de Guyenne alignée au « Circuit des 6 Provinces » (du 18 au 25/5). Les sept étapes partent et reviennent à Lyon. Mais, Daniel, au terme d’un voyage en train au cours duquel il prend froid, n’est pas à la hauteur. Le sort s’acharne et deux crevaisons l’amènent à l’abandon lors de la 3ème étape. L’épreuve est remportée par Roger Rossinelli et au classement figurent entre autres : Roger Walkowiak (6), Tino Sabbadini (7), Joseph Mirando (12), Joseph Bianco (17), Gilbert Bauvin (24), Jean Forestier (27)…

En région, cependant, Daniel Dihars gagne à Montpon, au Fleix, au Monteil, à Villefranche-de-Lonchat et à Cercoux.

Le 21 juillet, il gagne le 17ème circuit des grands vins et des commerçants de Cérons devant « la foule énorme des sportifs du Sauternais » : 2. Rigon  3. Merino  4. Boranero  5. Nardi  6. Dupré  7. Pascal  8. Bidart  9. Bianco  10. Cigano…

Cependant, avec l’équipe de l’ASPTT (en compagnie de Deloche, Casimajou et Merino), il ne connaît pas la même réussite qu’avec le Stade Foyen en 1951. Ils terminent 4ème du championnat de Guyenne des sociétés sur route remporté à Marmande par le Guidon Agenais (A. Lesca-Hostandie-Rabot-Jo. Bianco-P. Barrière).

 

            Mais, en 1953, le titre revient aux postiers à Mont-de-Marsan avec une équipe composée par : les frères Dupré, Daniel Dihars, Y. Brague et J. Deloche.

 

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 Mont-de-Marsan 1953 : l'ASPTT de Bordeaux champione de Guyenne route/sociétés : G. Dupré, D. Dihars, J. Deloche et A. Dupré (manque Y.Brague)

 


Daniel renouvelle sa victoire de l’année passée dans le circuit des grands vins de Cérons (2. A. Dupré  3. P. Barrière  4. P. Pascal  5. Yvon Gourd 6.F. Merino) et il cueille d’autres bouquets à Bédenac, Mirambeau et Segonzac. Il est aussi 2ème du Tour du Bergeracois à Lalinde derrière Y. Gourd et devant L. Rigon.

 

            1954 . Après une première victoire à Cornemps et quelques places de 3ème aux Réaux, à Bourgougnague et à Trémolat, Daniel Dihars échoue à la deuxième place du G.Px. de la Victoire à Libourne, puis il se rattrape à La Roquille et à Bazas. Le 10 mai, à La Roquille, il prend sa revanche sur Virol 2ème, puis 3. A. Dupré 4. Faure 5. Osberg 6. G. Dupré 7. Y. Gourd… Le 16 mai, Daniel gagne, détaché, le 17ème Cicuit du Bazadais, sur un terrain parfois rude mais à une belle allure (à près de 41 km/h). « Echappé à 11km du but, seul contre une vingtaine d’hommes », il inscrit pour la deuxième fois son nom au palmarès de l’ épreuve. Le « vaillant petit bonhomme » qu’est Daniel Dihars termine sous la pluie avec 15’’ d’avance sur : 2. P. Rinco 3. Osberg 4.Cigano 5. A. Dupré 6. Hostandie 7. Gadras 8. Y. Gourd 9. Jean Vivensang…

Malgré d’autres victoires à Montmoreau, Saint-Thomas-de-Conac, Gardonne…, cette saison est dominée par une série de places de second comme :

 - le 30 mars, lors du 2ème G.Px. Dewachter remporté à nouveau par Joseph Cigano, il est celui qui l’accompagne durant les 185 km. d’échappée, qui traversent les vallons de la Gironde à 39 km/h de moyenne (3. Coutant 4. Virol).

 - le 5 juillet, à Lalinde, il est comme en 1953, 2ème du Tour du Bergeracois gagné cette fois par Claude Coutant, et  devant un certain Maurice Jouault.

Sans compter deux belles places de troisième :

 - le 27 mai, dans Bordeaux-Eymet gagné par Settimo Perin devant André Dupré.

 - le 25 juillet, il est le 3ème du championnat de Guyenne route individuel et, le 31 du même mois, 2ème du championnat des sociétés route contre-la-montre.

Fin août, il remporte, seul, sa dernière victoire de la saison à Segonzac.

 

            1955 . La première partie de la saison est marquée par quelques beaux succès :

Péreuil, Archiac, Sainte-Terre.

En avril, D. Dihars s’échappe à 7 km de la banderolle sur le circuit de Péreuil : 1. D. Dihars

2. Micheneau à 1’ 3. Avarez à 2’40’’ 4. Bidart 5. Canlorbe 6. Faure 7. Augustin 8. Guiral 9. Laville 10. Cadet…

En mai à Salles d’Angle, puis en juillet à Archiac et à Sainte-Terre, il conclut une échappée solitaire  menée sous une chaleur torride.

Le 24 août, à Dax, sur l’ancien circuit du Marensin devenu G. Px. de la maison Mourioux-Magsudo, sur un parcours de 180 km et par 38° à l’ombre ( !), les coureurs traversent le massif forestier des Landes. A Hossegor, six coureurs sont devant : A. Dupré, Pagotto, Raoul Vivensang, J. Deloche et « son copain Dihars ». Dans la traversée de Dax, Dihars se détache et rentre sur le vélodrome avec 200m d’avance. Classement : 1. Dihars, 183 km en 5h 5’ 2. R. Vivensang 3. Pagotto 4. Dupré 5. Lesca à 3’ 6. Queheille 7. Punton 8. Lescure…

Le 29 août, lors du critérium international de Pompadour, Daniel termine 2ème derrière Henri Sitek, qui vient de terminer 68ème et avant-dernier du Tour de France.

            Début septembre, à Valence d’Agen, il dispute le « Circuit des marchés de la volaille », épreuve en trois étapes (les 8,9,10). 8ème de la première étape, 12ème de la deuxième et 3ème de la troisième, il prend la 3ème place du classement général derrière : 1. Francis Siguenza  2. Jean Mosello. Au milieu des « pros », il s’est entendu dire : « Roule, petit ! je te mets dans le coup… », mais les alliances peuvent varier d’un jour à l’autre…

            15 jours plus tard, il remporte un « sensationnel Grand Huit Baignois ». Au départ, il y a 82 coureurs, dont Roger Darrigade, nouveau champion de France amateurs, les Danguillaume,  Gonzalez , Merino, Rinco… Les Charentais sont à l’attaque avec Fourgeaud et Urbaniak, puis avec Pailler et Merino. Au troisième passage à Biagnes, il n’y a plus que 30 coureurs en course. Dans la côte de Passignac, Dihars et Buytet se détachent. Et Dihars qui mène « presque constamment dans les 30 derniers kilomètres » l’emporte. Classement :

1. Dihars, 135 km en 3h 26’  2. Buytet  3. Merino à 15’’ 4. Suire à 4’ 30’’ 5.J. Rinco 6. Roger Darrigade  7. Barraud  8. Delreix  9. Marcel Danguillaume  10. Pailler.

            D’autres victoires s’ajoutent à ce tableau : Aillas, Pujols/Dordogne, Aubeterre et Langon.

 

 

            1956 .  Le 1er avril, il gagne à Limeuil devant A. Dupré. Puis, il revient à Trémolat et finit 4ème derrière J. Pineau (1er) et M. Archambaud (2ème). A Péreuil, c’est un peu pareil : 1. J. Pras 2. Pallu 3. Dihars. A Bouniagues, pour le Prix des vins, il fait encore « 3 » derrière :  1. P. Beuffeuil  2. Ja. Bianco.

Mais, il gagne à Léogeats et surtout, le 8 mai, à Libourne, pour le G. Px. de la Victoire, il termine détaché devant J. Alvarez et L. Rigon à 1’30’’.  Les journalistes, G. Bernard et  M. Sousties racontent : « un Dihars transcendant s’évade à Lavignac…(et) le petit bonhomme valeureux (…) fit tourner facilement les choses à son avantage ». Classement : 1. D. Dihars, les 160 km en 4h 6’ 2. J. Alvarez  3. L. Rigon  4. F. Delort  5. P. Rinco  6. Cigano 7. Lalanne 8. Pascal 9. Nebut  10. Buytet…

En juin, il dispute le « Circuit des Plages Vendéennes », qui se court en 4 étapes (520 km). Il y prend la 3ème place au classement général derrière le Vendéen Y. Pauvert et la Charentais J. Pras. Mais, il écope aussi d’une convocation devant le tribunal des Sables d’Olonne pour avoir manifesté sa colère à un agent, alors que celui-ci venait de mettre les échappés, dont il était, sur la mauvais chemin.

En septembre, il revient sur le  « circuit des marchés de la volaille à Valence d’Agen ». Fort de son expérience de l’an passé, il est régulièrement présent aux premières places : 7ème le premier jour (1. Beuffeuil), 6ème lors de la deuxième étape (1.L. Barès) et 5 ème le dernier jour (1. M. Queheille), il figure à la 3ème place du classement final bien qu’ex-aequo avec Nello Lauredi, le « pro » qui vient de prendre la 7ème place du Tour de France. C’est un autre « Tour de France », Pierre Beuffeuil (qui vient de terminer 31ème de ce Tour gagné par « Walko ») qui remporte l’épreuve.

 

 

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 Dès que ça monte : en danseuse et à l'attaque !   une attitude caractéristique chez Daniel Dihars.

 

 

 

Au décompte des victoires figurent aussi des succès à Mussidan, Targon et Soursac. En fin de saison, à Saint-Martin d’Ary, il est le second – pour une fois – de son ami, Georges Dupré.

 

 

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 Saint-Martin d'Ary, 1956 : Georges Dupré a le bouquet du vainqueur et Daniel, le sourire de l'ami.

 

 

 

            1957 . Dès le 25 mars, Dabiel obtient un bon résultat en se classant 2ème du G.Px. de Lagorce-Laguirande gagné par Pierre Barrière. Disputée par 86 coureurs sur une distance de 140 km, cette course est ouverte aux professionnels (2ème catégorie), dont certains comme R. Desbats et Albert Dolhats arrivent du Critérium National disputé la veille. Classement :

 1. P. Barrière 2. D. Dihars à 10’’ 3. J. Vasquez à 30’’ 4. J. Deloche à 1’ 5. J. Cigano 6. Cl. Mazeaud  7. M. Gonzalez 8. L. Rigon…

            Au critérium de Cenon, disputé par 47 coureurs devant 25 000 spectateurs, remporté par Charly Gaul devant Ercole Baldini et Louison Bobet, « l’Athlète » rapporte : « Il ne faut pas oublier pour autant les régionaux. Tous ou peu s’en faut, font leur part de travail, tels Darnauguilhem, Daniel Dihars, Gibanel, Rançon, M. Bertrand, Goya, Sabbadini… Leur course est donc étonnante, la preuve est qu’ils terminent dans les 15 premiers. » (Ducoum)

            4ème à Trémolat (1. J. Pineau), 3ème de Bordeaux-Marmande, 1er à St.-Aulaye, 3ème à Bazas et, le 30 mai, il remporte Bordeaux-Eymet. Au bout des 205 km, il franchit la ligne d’arrivée détaché devant : 2. H. Pontoni 3.L. Rigon 4. M. Archambaud 5. J. Deloche 6. Cazala

Quinze jours plus tard, il prend la troisième place du championnat de Guyenne des « indés » sur route, à Hendaye : 1. A. Lesca  2. Del Picolo… 4. Deloche  5. Planas  6. Raoul Vivensang.

 

 

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Bordeaux-Marmande 1957 : Daniel affiche une nouvelle publicité extra-sportive… celle d'un tailleur.

 

 

            La traversée de juillet se fait par 2 victoires :

 - le 30 juin à Marminiac : 1. Dihars  2. Jugie  3. Jules Pineau

 - le 29 juillet à Langon : 1. Dihars  2. Cigano  3. Nardi

… et une troisième place à Sereilhac : 1. Dory  2. Aymar  3. Dihars.

Mais, le 4 août, après avoir lancé la bonne échappée, il termine 3ème de Bordeaux-Royan derrière : 1. A. Dolhats  2. M. Friou… et devant : 4. Nardi  5. Cigano  6. Trochut…

 

 

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Moment décisif dans Bordeaux-Royan : Daniel a placé un démarrage (en côte, bien sûr…) dans un des talus du bord de l'estuaire. Deux coureurs vont le rejoindre (Dolhats et Friou), mais ils sont plus rapides que lui au sprint. Résultat : 3ème...

 

 

 

 

            La fin de saison se joue du côté des Charentes : 3ème à St. Même-les-Carrières et à St. Martin d’Ary (derrière M. Bertrand et Loiseau), pour une dernière victoire à Montguyon.

 

            1958 .  Commencée en mars avec les traditionnelles courses de classement (2ème du Prix Georges Deloche à Mérignac, derrière Jean Deloche et Maurice Bertrand), la saison compte déjà une première victoire à Touzac, le 13 avril (2.C. Perrotin  3. M. Bertrand).

Le 1er mai, le Grand Prix des vêtements Thiéry traverse toute la Gironde avec à sa tête une échappée à 4 : Jean Ricou, Jules Pineau, Jean Deloche, Daniel Dihars… Et, au terme des 200 km, le classement s’effectue dans cet ordre.

Daniel Dihars est ensuite partie prenante de cette équipe du sud-ouest dépêchée à Reims pour le Tour de Champagne (5 étapes), dont elle gagne finalement le challenge Martini du classement par équipes avec : Jo. et Ja. Bianco, Ben Brahim, M. , J. Deloche et Daniel. C’est Jean Gainche, futur maillot vert du Tour de France (2ème en 1961), qui gagne l’épreuve dont M. Bertrand a été un temps le leader, mais qui échoue à renouveler le succès de Jacques Bianco, l’année précédente.

 

 

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Reims 1958 : la "belle équipe" du sud-ouest remporte le challenge "Martini" par équipes : Ben Brahim, Jo. Bianco, M. Bertrand (en Haut) et Jacques Bianco, Daniel Dihars et J. Deloche (en bas accroupis).

 

 

 

A peine quinze jours après, D. Dihars gagne le 2ème Bordeaux-Marmande après une très longue échappée. Déjà devant dans la traversée de Monségur, avec Lalanne et Chaumont, Daniel se retrouve seul après les côtes de Meilhan et Beaupuy. Le peloton est alors à 3’. Surprise ! dans la deuxième boucle, le peloton, qui s’est trompé de route, est désormais à 300m derrière lui… Néanmoins, Daniel passe en vainqueur et seul la ligne d’arrivée.

Classement : 1. Dihars 180 km en 5h 4’ 2. J. Deloche à 55’’ 3. Abadie  4. Baldasseroni  5. Lalanne 6. Chaumont 7. Ricou 8. Planas 9. Walryck 10. Gibanel.

 

 

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Bordeaux-Marmande 1958 : le "petit bonhomme" est bien fatigué après sa longue échappée, mais son second, "Jeannot" Deloche  a les traits tirés, lui aussi. 

 

 

En juillet, c’est le G. Px. de la Tomate en deux étapes. Daniel remporte la première aux dépends de Chaumont avec lequel il s’est échappé, 20’’ devant le peloton. Dans la deuxième étape, une chute l’handicape et Lesca gagne l’étape devant Gibanel et remporte l’épreuve.

 

 

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 1958 - 1ère étape de la Tomate, toujours à Marmande et, encore une fois, échappé. Mais il y aura une deuxième étape... 

 

 

Deux semaines après, du côté de Chasseneuil, « Dihars l’emporte aux Pins devant Pras ». Au 6èmeet dernier tour, il prend le large et malgré une contre-attaque de Pailler, le « petit coureur Bordelais » parvient, détaché, dans la  « dure côte de l’église ». Classement : 1. Dihars 2. Pras à 15’’ 3. Jarnac 4. Pallu 5. Urbaniak 6. Deloche 7. Avinio 8. Aubert 9. Loiseau…

            La saison s’achève sur une dernière victoire à Cercoux le 16 septembre (2. Loiseau  3. Deloche 4. J. Doret) entre deux participations aux critériums de Bergerac (le 14/9, 1. Cazala  2. A. Dupré  3.Jo. Bianco) et à  Vergt (le 21/8 , 1. M. Poblet  2. T. Sabbadini  3. B. Gauthier ).

 

            1959 .  A 30 ans, le 18 juin, D. Dihars en compagnie de Deloche, Bonnecaze, Loiseau et Pascal, obtient pour la 4ème fois le titre de champion de Guyenne des sociétés sur route.

Auparavant, il a ré-itéré ses victoires de l’année passée à Touzac et à Montignac, avant de collectionner les places de troisième :

 - le 7 mai, dans Bordeaux-Eymet, qu’il a gagné l’an passé, il termine derrière : 1. Colomina

2. Cigano

 - le lendemain, à Agris, derrière : 1. J. Deloche  2. C. Mesnard

 

 

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Daniel Dihars est souvent allé "guerroyer" en Charentes : ici, avec le maillot "Pampre d'or", il mène la vie dure à un Charentais et même à J. Deloche.

 

 - à Lamothe-Montravel, à ST. André du Bois, à Ruelle, il est encore troisième.

La victoire revient à Pellegrue puis à Lisle et à Chassaigne.

 

 

            . 1960 : le début de la fin

 

 

 

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 1960 - avec le maillot de l'Etoile Cycliste Foyenne, "Heureux qui comme Daniel… a fait un beau parcours… et puis, est revenu (plein d'usage et raison) vivre entre les siens…"

 

 

 

            Daniel, qui pense déjà à sa reconversion (le couple a deux petites filles : Monique née en 1952 et Nicole en 1955), revient à Sainte-Foy-la-Grande pour porter le maillot de « l’Etoile Cycliste Foyenne ». C’est son ultime saison.

            Toujours présent en région :  3ème du Prix d’ouverture à Sainte-Foy, 3ème à Langon, 2ème à Bourgougnac et à Monbazillac derrière Pontoni et Chaumont, il termine 6ème du classement général du Prix Ovox-Totaliment à Bordeaux, une épreuve de six étapes sur trois jours (classement final : 1. M. Gonzalez  2. A. Bello  3. C. Mesnard).

            Il gagne encore à Pellegrue (devant Montheau et San Miguel), à Allemans/Dropt (chez ses grands-parents). Et, il mène aussi quelques incursions du côté de la Creuse (5ème à Grand-Bourg : 1. Salle 2. Gabard  3. Réjasse 4. Martin) et du Limousin (5ème de la Ronde du Vigenal à Limoges : 1. Archambaud  2. Tranchant  3. Audibert  4. Hebras).

  

 

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Quelque part en Charentes… encore une attaque qui fait grimacer Christian Mesnard.

 

 

 

            Connu dans tout le sud-ouest, il reçoit quelques propositions d’emploi du côté de Lamothe-Montravel, de Miramont, de Barsac, de Libourne, de Sainte-foy-la-Grande et manque d’être embauché à l’hôpital Saint-André, à Bordeaux. En 1961, c’est son ami Maurice Jouault qui, par l’intermédiaire de M. Mercier, lui permet d’entrer à la papéterie Sibille à Lalinde (le 9/11/1960, exactement), qui est aujourd’hui la paéterie de Rottersac, propriété du groupe Minksjö. Il y fera 29 ans, pour terminer à partir de 50 ans dans les bureaux à l’expédition.

  

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 Août 2016, Daniel Dihars  87 ans, chez lui à Lalinde.

 

 

            12 ans coureur cycliste, un peu plus de 100 victoires, dont quelques belles courses, souvent remportées détaché. La proposition de passer « pro » chez « Mercier », quand il était encore au Stade Foyen est « tombée à l’eau »… et, « oui, ça m’a fait peur… »

Quelques coureurs qui ont été plus que des adversaires ou des partenaires d’occasion sont bien en place dans sa mémoire. Au premier plan, André Lesca, le coureur qui l’a le plus marqué. André Lesca, qui avait surnommé Daniel, « Azor », parce qu’il voyait en lui « le meilleur chien berger du peloton ». Et, aussi, « Jeannot » Deloche, les frères Bianco, Prouzet et Jacques Pras, le Charentais, l’ex- Tour de France, qui, à ses débuts, le voyant en difficulté, lui donne un gâteau de miel.

 

 

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D'un siècle à l'autre : Maurice Jouault (debout à gauche avec sa béquille) a pensé à réunir les Anciens. Ils sont venus, ils sont (presque) tous là :

André Lesca, M. Ben Brahim, Ja. et Jo. Bianco, V. Huot, M. Fedrigo ( tout à droite) et tous les autres… Daniel est le 3ème en bas à droite.

 

 

 

            D’autres souvenirs reviennent, parce qu’ils sont difficiles à effacer, comme cette dernière étape du Tour de l’Orne en 1954, quand l’avion du directeur de la course, M. Rose, en survolant la course, accroche une ligne à haute tension, dont les câbles se détachent… avant de s’écraser un peu plus loin.

            Soudain, Daniel Dihars me dit : « je vais vous parler de mon éducation… »  En 1941, « mon père est fait prisonnier… il est emmené au-dessus de Poitiers… vers Le Mans…

Ils doivent construire leur camp et vont travailler dans les fermes ». Mais, les prisonniers sentent bien qu’ils sont en instance de partir pour l’Allemagne. Alors, son père s’évade avec un copain. En gare de Poitiers, se sentant repérés, ils quittent le train et s’enfoncent dans la nuit, puis dans la campagne. Grâce aux paysans qui les cachent, le père Dihars est de retour à Noël. A ce moment, je ne peux m’empêcher de penser aussi à Claude Perrotin (le « môme » second de D. Dihars au Prix de Touzac en 1958), lorsqu’il me raconte alors qu'il a 6 ans,  juste avant l’aube, il entend gratter à la porte de la maison et qu' il sait que c’est le prisonnier, son père, qui est de retour…

Alors, les Dihars partent à Saussignac. Le père, vaillant et bon jardinier trouve du travail grâce à M. Géraud. Mais, à 12 ans, Daniel n’a pas été beaucoup à l’école. En janvier, à Saussignac, par la grâce d’une institutrice, il comble son retard et obtient à la fin de l’année son certificat d’études avec « mention bien ».

 

            2016, à Lalinde, Pierrette et Daniel Dihars cultivent leur jardin et leur maison est la plus fleurie de leur rue. Il sont fiers de me montrer comment ils ont fêté leurs 65 ans de mariage :  comme souvent, ils sont allés danser aux Milandes…

 

 

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                                                        Essai de bilan de l'activité du coureur cycliste  Daniel Dihars entre 1950 et 1960.

 

 

 

 

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11/09/2016
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