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Claude MAZEAUD

 

  

 

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 Claude MAZEAUD,  professionnel chez Mercier-BP en 1962 et 1963.

 


 

. Enfance corrézienne, éducation limousine :

 

A Vignols, en Corrèze, entre Pompadour et Objat, l’école est à 5km de la ferme familiale. Claude Mazeaud les parcourt à pied au début, puis à vélo. Sur le chemin de l’école il y a une longue côte. Là, Claude s’aperçoit que les autres ont du mal à le suivre.

Dans cette région rurale de tradition agricole, le paysage est fait de collines, de vallons et de vallées. Au nord du bassin de Brive mais pas encore dans la montagne limousine, ces terres de côteaux bien exposées permettent aussi bien la viticulture que l’élevage. A l’est, coule la Loyre, affluent de la Vézère et, au moulin de Vignols, un ruisseau. Plusieurs viaducs en pierre de taille enjambent les vallées.

« Miroir du cyclisme » en septembre 1961 publie la fiche de Claude Mazeaud, né le 17 janvier 1937 et donne ses mensurations : 1,63 m et 58 kg, puis explique que « le travail de la terre dans la ferme familiale de Vignols lui a donné les reins puissants nécessaires aux grimpeurs et aussi aux sprinters ». Cependant, le père de Claude qui est aussi musicien, appréhende les dangers de ce sport. Claude a un frère qui, lui, est accordéoniste.

De fait, il ne prend sa première licence qu’en 1955, l’année de ses 18 ans. Mais, c’est un « débutant » qui, sur son vélo « demi-course », est déjà « allé voir des courses ». Il est l’admirateur de Jacques Vivier, « un authentique prodige du vélo », dont l’heure de gloire sonne ne 1952, à Limoges, où après sa victoire dans l’étape du Tour de France, il reçoit « l’hommage du campionissimo (F. Coppi) qui l’accompagn(e) pour un tour d’honneur devant plus de 15000 personnes entassées dans des gradins archicombles » (« Méli-Vélo », R. et H. Roucheyrotte, éd. Cheminements, 2005).

 

 

. Directement chez les « indés » :

 

En 1955, Claude Mazeaud commence à courir et, à Orgnac/Vézère où la famille s’est installée dans une exploitation plus importante, il fait la connaissance d’André Comby, un voisin qui court en 1ère catégorie et qui va le guider. Claude dit : « il m’a fait avancer ». 

A un point tel que nous  relevons dans « l’Athlète » du 18/9/1957 ceci : « le 8 septembre à St. Junien… au 38ème tour, un petit coureur du VC Arédien, Mazeaud, attaquant, s’enfuit … » Et, le résultat est le suivant :

1. Maurice Lampre 2.Claude Barmier 3. Claude Mazeaud. En 1965 (1. D. Barjolin 2.JL. Jagueneau) et en 1967, soit dix ans plus tard, (1.JP. Parenteau 2. A. Lopez), Claude est encore troisième de ce Prix Antonin Reix que son fils, Laurent, gagne deux fois en 1988 et 1989.

Grâce à sa licence d’indépendant, Claude peut courir avec et contre les « pros ». Fin avril 1955, il participe aux Boucles du Bas Limousin (1. A Bouvet 2. C. Colette), une épreuve de 260 km, qu’il abandonne à 40km de l’arrivée, mais le dimanche qui suit, « débloqué », il gagne.

En août, il est (déjà) au Bol d’or des Monédières (75 coureurs et 100 000 spectateurs) et, à 18 ans, il est échappé à mi-course en compagnie de Koblet et Roffet. L’épreuve est remportée, pour la grande joie de Jean Ségurel, par le jeune Jacques Anquetil devant le non moins méritant Hervé Prouzet (à un boyau !).

Et, Claude continue à courir avec les « pros ». A Lubersac, il gagne la confiance de Jacques Vivier et se classe 3ème derrière le maître et André Bernard.

En 1956, à St. Sulpice-Laurière, il est encore 3ème derrière Dupré et Rohrbach et, aussi, 4ème du Prix Fernand Latié, derrière Gabard, Vivier et Guitard.

 

 

. « Avoir 20 ans dans les Aurès » :

 

C’est le titre du film de R. Vautier qui, en 1972, obtient le Prix de la critique internationale au festival de Cannes. Ce film se situe en 1961 dans le massif des Aurès et il raconte l’histoire d’un commando d’appelés bretons confrontés à un groupe de l’Armée de libération nationale. Comment de « jeunes Bretons antimilitaristes » se transforment en « redoutables chasseurs de fellaghas ». Bien que primé, le film est déjà l’objet d’une polémique, car il est considéré comme « une apologie de la désertion ». Plus de trente ans avant « Indigènes », le film de R. Bouchareb, Prix d’interprétation masculine à Cannes en 2006 attribué Ccollectivement à S. Bonajila, J. Debbouze, S. Naceri, R. Zen et R. Blancan.

 

Claude Mazeaud raconte son histoire. Envoyé en Algérie pour son service militaire pendant 24 mois, il se retrouve « très mal placé » en plein « nid de fellagahs ». Au moment de son arrivée, la compagnie vient de subir des pertes. Au cours d’un accrochage, il y a eu 4 morts et 5 blessés. Claude qui se dit alors « antimilitariste » doit sa chance à un infirmier et au Dr. Grataloup, qui vont protéger le « coureur cycliste », lequel rentre fin juin 1960, après trois étés en Algérie.

Il abandonne sa bicyclette « Captivante » pour les cycles « Rochet » et signe à l’Union Cycliste de Brive. Et, il ne tarde pas à « remarcher » :

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      Allassac, 1960 , arrivée des "Boucles" : 1. Salvador  2. Camillo 3. Mazeaud 4.Scribante 5.Pallu 6.Fournier 7.Fourgeaud 8.Geneste 9. Colette 10. Dejouhannet

  - 3ème des Boucles Allassacoises remportées par Salvador devant Camillo

  - 4ème du Prix Antonin Reix à St. Junien, gagné par Maurice Bertrand et du Prix Melior à Nantiat gagné par V. Sutton.

 

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      Meuzac (Hte-Vienne), juillet 1960, de retour du service militaire, maillot "Rochet", petites miss.

  

 . Le Cyco Club Lindois, le groupe extra-sportif Polirey, la famille Mercier

 

En Dordogne, à Lalinde, C. Mazeaud intégre un club cycliste solidement sponsorisé par l’industrie locale. L’entreprise Polirey fabrique et commercialise des panneaux stratifiés dans toute l’Europe. Sur le maillot et en course, les montures changent, ce sont désormais les cycles « Royal Fabric », sur lesquels J. Vivier s’est déjà illustré. Il s’agit d’une vieille marque stéphanoise qui a été rachetée et, depuis le début des années 30, la fabrication a lieu à Objat, en Corrèze.

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 1961, le Cyclo-Club Lindois est champion du Limousin des sociétés avec Mazeaud,  G. Dupré, Tabanou, Frare, M. Bodin. Avec le béret, à gauche : M. Mercier et, à côté de lui, M. Ventenat, maire de Lalinde.

  

Une solide équipe de coursiers est réunie sous le férule de M. Mercier, le futur beau-père de Claude (Claude Mazeaud épouse Josiane Mercier en 1962 et ils auront un fils, Laurent). Ils remportent le championnat du Limousin des sociétés.

 

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 Chalais, 1961, Claude Mazeaud est venu avec sa troupe (Audibert, Salanier, Dubois…) guerroyer sur les terres charentaises de Guy Epaud. Serrage de main avant le départ... 

 

Mieux, le 22 juillet 1961, à Pau, Claude devient champion de France des indépendants en battant au sprint son dernier compagnon d’échappée : Jean-Claude Lebaube.

 

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 1961, Pau, Championnat de France des "indés" : 3 échappés, J.C. Lebaube, C. Mazeaud, R. Jousset.

 C. Mazeaud gagne aussi le Prix de Bonnat devant Beaufrère et Folch, le circuit des deux ponts à Culan devant Gabard et Chabrier, mais il est aussi :

  - 2ème à Oradour/Glane derrière Stablinski

  - 2ème à Commentry derrière Rohrbach

  - 2ème à Thenon derrière Manzano

  - 2ème à Thizy derrière Tarri, à St. Marial-Lavalette derrière Deloche et à Bessereix derrière Folch,

et, encore, 3ème à Oradour/Vayres (1. Salvador), à Meymac (1. Salvador), à Belvès (1. Ricou) et à Mende (1. Queheille).

Au Bol d’or des Monédières, gagné par Van Looy devant Stablinski et Cazala, il se classe 10ème et à Chanteloup-les-Vignes pour la Polymultipliée, il se classe 7ème d’une course gagnée par Bihouée devant Leborgne et Salvador.

 

 . 1962 : à l’UV Limousine et « pro » chez Mercier-BP :

 

 

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 Deux ex-champions de France des "indés": C.Mazeaud (1961) et C. Vallée (1960)

 

En février 1962, « Miroir du cyclisme » publie un article d’Emile Besson dont le titre annonce : « Hubert Fraisseix, le bûcheron de St. Léonard et Claude Mazeaud, la puce du Limousin… prêts à servir Poulidor en toutes occasions ». Une première photo montre les trois coureurs réunis autour d’une table avec leur directeur sportif, M. Magne.

On apprend qu’Antonin Magne a été invité par les dirigeants de l’Union Vélocipédique Limousine, ce qui lui donne l’occasion de « prendre contact avec trois de ses élèves ». Fraisseix et Mazeaud, nouveaux professionnels, sont présentés. Emile Besson compare Claude à Louis Bergaud dit « la puce du Cantal », ce qui l’autorise à essayer pour Mazeaud « la puce du Limousin ». Au cours de l’interview, Claude avoue : « Ah ! si je pouvais être prêt pour le Tour. Quelle chance de pouvoir débuter avec Raymond… »

 

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 Nice, camp d'entrainement, rassemblement autour du jeu de belote : Fraisseix, Poulidor, Van den Berghen, Manzano, Mazeaud et Le Dissez (de g. à d.)

 

Il n’y aura pas de Tour pour Claude, malgré sa présence dans les épreuves naitonales : 24ème de Nice-Gênes (1. Bailetti), 15ème du Criterium national (1.J. Groussard), 11ème des Boucles Roquevairoises (1.R. Elena), 20ème du Tour de l’Aude (1. Wolfshohl), 78ème des Boucles de la Seine (1.J. Groussard), 88ème de Paris-Tours (1.J. De Roo)…

 

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 1962, Brive, arrivée des Boucles du Bas Limousin : Claude Mazeaud et Manuel Manzano.

  

Cependant, il gagne les Boucles du Bas Limousin (2. Manzano 3. Gestraud), le criterium de Figeac (2. Coulomb 3. Rouel). Et, il commence à courir en Bretagne. A Pontivy, le 27 mai, parti batailler sur le circuit de la demi-lune (2ème derrière Geldermans, mais devant R. Altig) il « rate » la convocation que lui a adressée par la poste A. Magne pour le « Dauphiné Libéré »…

A Pluvignier, le 1er juillet, il est 2ème  derrière Cloarec et devant Letendre et, à Plouay, le 29 août, il se classe 4ème du Grand Prix gagné par J. Gainche.

Dans sa (grande) région, il est 2ème à Lubersac, échappé avec Graczyk « vainqueur d’extrême justesse », à Allassac 3ème (1. Dejouhannet 2. Ruby), 5ème à Commentry (1. Colette), 6ème à Objat (1.Stolker), 7ème à Seignelay (1. Cazala).

 

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 1961, en Charente, le lendemain du Circuit de l'Indre (260 km), sur une grosse prime Manuel Manzano bat Claude Mazeaud (derrière eux Maurice Laforest et Guy Epaud, à droite, accroupi le speaker Marronneaud).

 

En 1963, pour sa deuxième année chez les « pros » et chez Mercier, il n’y a pas de Tour de France, ni de Dauphiné Libéré, ni de Midi Libre pour Claude. Pourtant, il se classe 19ème du Criterium National gagné par Henry Anglade et, en août, il est 2ème derrière J. Anquetil et devant S. Elliott de la Ronde du rasoir Philipps à Vergongheon, puis, en septembre, il se classe 4ème au général du Circuit d’Aquitaine gagné par Maliepaard.

 

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                 1962 : Claude Mazeaud, Josiane( Mercier-Mazeaud) et Manuel Manzano

 

 

Dans sa (grande) région, c’est en 1963 que C. Mazeaud gagne pour la première fois à Meymac. Il est aussi vainqueur à Commentry (devant Le Dissez) et à Oradour/Vayres (devant Sedrant). Et, 2ème à Guéret (1.Jousset), à Limoges (1.Anglade), à Montmorillon (1. F. Delort), à Eymoutiers (1.Cazala) et, encore, 3ème à Ussel (1. Poulidor), 4ème à Plouay (1.F. Picot), enfin, 5ème du Bol d’or des Monédières (1.Poulidor).

 

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 1963 : Bordeaux-Saintes, Claude tente l'échappée. La course est gagnée par F. Delort, mais Claude est victime d'un saut de chaîne.

 

 . 1964 : le rebond chez « Margnat-Paloma », toujours pas de Tour…

 

Sans doute avec l’espoir de disputer le « Tour », Claude Mazeaud se laisse embaucher par Raoul Rémy chez « Margnat-Paloma ». Les deux années passées chez « Mercier-Bp » l’ont rendu très critique à l’égard d’Antonin Magne. D’abord, sur le plan de la sensiblité : « il vouvoyait les coureurs… il les toisait … » et « il vivait sur sa renommée ». Certes, il était « droit », mais « il ne pensait qu’à lui… » Quant à l’argent ! mais c’est ici le Corrézien qui parle de l’Auvergnat…

Il rejoint donc « Margnat » comme le font d’autres « Mercier » : Gestraud, Milesi… Une équipe bâtie autour de Bahamontès et Darrigade (qui, cette année-là, gagne enfin l’étape à Bordeaux).

La saison commence bien sur la côte d’azur : à Monaco, le 27 février, Claude fait 4 derrière 1.Zilioli 2.J.Groussard 3.Bellone. Quatre jours auparavant, à Antibes, où la course est gagnée par J. Groussard, il a été l’animateur de l’échappée avec R. Poulidor et Meysenq. Malheureusement,il crève à 10km de l’arrivée. Il croit entendre André Darrigade dire à Raoul Rémy : « Pour Paris-Nice, n’oublie pas Mazeaud ! ». Mais, l’équipe engagée dans Paris-Nice ne comprend pas C. Mazeaud…

Pour le Tour de France (11 coureurs), Bahamontès a fait savoir qu’il n’avait pas besoin de Mazeaud. Pourtant, passé le Tour de France, Bahamontès appelle Mazeaud pour se rendre avec lui à un criterium en Bretagne et, en cours de route, il lui avoue avoir regretté cette décision…

Cependant, deux belles victoires s’incrivent au palmarès de Claude pour la saison 1964 :

                        - le 10 mai, à St. Brieuc (2. Ignolin 3.F. Picot)

                        - le 27 juin, à La Couronne (2. Bingelli 3. Le Her)

Fidèle à son « Grand sud-ouest », Claude se classe 3ème des Boucles du Bas Limousin, en avril, derrière 1. M. Grain 2. C. Le Menn et 2ème du Circuit d’Aquitaine derrière M.Manzano et devant L. Rostollan. En août, au Bol d’or des Monédières gagné par Stablinski devant Adorni, il est 7ème.

 

. 1965-1968 : retour chez les « indés », le débutd’une longue relationavec « Peugeot » :

 

Claude Mazeaud reprend son activité au niveau de la catégorie des « indépendants » (supprimée en 1969), maintenant sous le maillot « Peugeot-BP ». C’est le début d’un bail de plusieurs années, puisqu’à la fin de sa carrière en 1972, il s’installe comme vélociste à Bergerac avec comme enseigne les cycles « Peugeot ».

Cet engagement l’a mis en relation avec René Beillon qui mène, chez Peugeot, une politique de recrutement auprès des amateurs (déjà effective avec le club de l’ACBB) et des « ex-pros ».

En 1965, il accroche à son palmarès deux belles épreuves :

 - le 9 mai, à St. Brieuc où il bat J. Anquetil et J. Thomin

 - le 14 juin, à St. Thomas-de-Conac (2. Wolfshohl 3. Barjolin)

A cela s’ajoutent de nombreuses places d’honneur dont une 2ème place au Circuit Boussaquin et à Meymac, aussi. Puis, il est 7ème de la Poly Lyonnaise (1. P. Gutty) et 9ème du Bol d’or des Monédières (1. Adorni).

En 1966, il gagne à S t. Amandin, le 6 août (2. Mastrotto 3. Rabaute), puis à Lubersac (enfin !) le 22 de ce même mois devant Hubert Fraisseix.

Et, surtout, il inscrit son nom au palmarès du Grand Prix de Plouay, le 30 août, en battant au sprint J. Bourlès et P. Le Mellec, après qu’il aient repris, 400m avant la ligne, Raymond Delisle, échappé solitaire depuis 30 km. Pour les frères Chenillé, auteurs d’une magnifique « Histoire du Grand Prix de Plouay, 1931-2008 », c’est « bien sûr, la plus grande victoire de sa carrière ».

En 1967, il n’y a pas vraiment de grandes victoires mais, surtout, sept belles places de second, dont celle obtenue derrière Luis Ocana au Tour du Béarn. Outre les places acquises dans la « Grande région du sud-ouest » : 2ème à Valence/Baïse, à Chevanceaux, à Culan, il est aussi 3ème aux >Boucles du Bas Limousin, à Bugeat, à Sardent, à St. Junien.

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 Perrotin qui fait "la gueule", Mazeaud, les cheveux en bataille, les deux compères sont en colère : ils viennent de laisser échapper le Tour de la Dordogne … pour  quelques secondes...

 

 

Claude marque sa présence en Bretagne en terminant 2ème à Plessala (1.P. Gutty), 2ème à Plancoët (1.Ignolin) et 2ème à Lescouët-Jugon (1. Le Bihan).

L’année 1968 montre une activité soutenue en Limousin avec deux belles victoires : au circuit des Monts de Blond (2. Daunat 3. Gutty) et à Meymac (2. Daunat 3. Gutty).

Les courses bretonnes lui inspirent une victoire à Guerlesquin (le criterium rival de celui de Callac) devant Matignon et A. Foucher, et il est deux fois deuxième : à Plouha (1.B. Champion) et à Plouec-du-Trieux (1.A. Foucher). Le 27 août à Plouay, il est encore 5ème d’une course gagnée par Jean Jourden devant Lebaube et Zimmerman.

 

 . 1969-1972 : « amateur hors-catégorie » chez Peugeot :

 

En 1969, C. Mazeaud échoue d’un rien dans la conquête d’un nouveau mailot tricolore, celui des « amateurs hors-catégorie » qui est remporté au sprint par le Normand Guy Grimbert devant Claude et le Lyonnais Charles Rigon. La course s’est disputée à St. Priest et la presse locale qualifie Charles Rigon de « héros malheureux de ce championnat ».

C’est encore une bonne et belle saison pour C. Mazeaud, qui commence dans le sud-est par une 2ème place au G. Px. de Grasse derrière Martelozzo et devant Moneyron, puis 4ème en avril aux Boucles de l’Aude gagnées par Parenteau.

 

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 1969, Allassac : Claude gagne (enfin) les "Boucles", 2. Riotte 3. Barjolin 4.Orus 5. Labourdette 6. Bodin 7. Chappe 8. Seurin 9. Desvages

 

Ressortent ensuite les victoires : à St. Yrieix (2. Gestraud 3. Rault), dans les Boucles Allassacoises (2.Riotte 3. Barjolin) et le Tour du Béarn (2. Orus 3. Barjolin). Au mois d’août, en Bretagne, il gagne le 18 Le Quillio (2. Y. Ravaleu 3. Le Bihan) et à Meslan le 25 (2. Bouloux 3. Marcarini). Quelques jours plus tard, à Plouay, il se classe 4ème de la course gagnée à nouveau par Jean Jourden

En 1970, les 26 et 27 juillet, le circuit de Plessala se dispute en deux étapes : la première est gagnée par F. Le Bihan, la seconde par C. Mazeaud, cependant qu’au classement général, le vainqueur est JP. Maho.

Puis, le 25 août, dans le Mobihan, « C. Mazeaud réussit la passe de deux à Meslan », « …à 32 ans, c’est son 7ème bouquet de la saison ».

Toujours en Bretagne, il est 2ème derrière Delépine à Poulloualen, 8ème à Callac (1. Guimard) et 5ème à Plouay (1. Marcarini). Dans le  « grand sud-ouest », il termine 2ème du Tour des Landes et 5ème à Meymac.

En 1971, le 28ème Tour du Vaucluse (16-18/4) qui se dispute autour d’Apt est marqué par la domination des « Italiens de la Fiat ». La victoire au général va à Guiseppe Mafféis, « toutefois, le vétéran Mazeaud (34 ans) s’intercale à la deuxième place entre les Italiens », le troisième est Mario Corti (vainqueur de l’épreuve en 1970). Un mois plus tard, encore dans cette région, Claude réussit à prendre en quelque sorte sa revanche en gagnant le circuit du Gard (7-9/5) devant Borgna et Ottaviani.

Une semaine plus tard, à St. Just : « Mazeaud et Le Bihan n’ont laissé aucune chance à André Foucher » (4. P. Matignon 5.G. Marcarini). L’article se termine laconiquement par « un contrôle médical a été pratiqué sur les trois premiers ». 2ème à Sévignac où Le Bihan gagne, 3ème encore à Meymac (1. Labourdette 2. Bellone), Claude doit s’incliner devant S.A.S. Eddy Merckx à La Souterraine, un 31 mai. Le troisième est Yves Hézard.

1972 est la 18ème saison du coureur Claude Mazeaud. Il a 35 ans et a déclaré :  « il faudra bien que je pense un jour à la retraite, mais tant que j’aurai un coup de pédale convenable et que je prendrai du plaisir dans la pratique de mon sport favori, je ne vois pas pourquoi j’arrêterai ». Il gagne la dernière étape du Tour des Alpes de Provence. Après avoir pris la deuxième place derrière Bernard Labourdette à Pommerit-le-Vicomte le 12 juin, Claude est encore à Plouay le 22 août pour une 6ème place dans le Grand Prix gagné par Bouloux devant Besnard et Mattioda.

C’est là, en Bretagne, que Claude décide de mettre fin à sa carrière.

 

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                          Quelques-unes des courses favorites de Claude Mazeaud

 

 . Courses et coureurs en Bretagne :

 

Dans la préface qu’il consacre au livre d’A. Maulavé et M. Le Roux, « Au temps des criteriums » (éd. A. Sutton), Jean Pitallier (alors Président de la F.F.C.) écrit en 2008 : « Il y a bien longtemps qu’il n’y a plus la place pour organiser trente criteriums dans un seul département, fusse-t-il celui des Côtes d’Armor ».

En effet, à l’instar de la Belgique où se multiplient à l’envi les courses de kermesse, la Bretagne, en France, a ses courses de village, « courses de pardons » dès le début du XXème siècle. A partir de 1945, le cricuit de l’Aulne à Châteaulin va servir de modèle (Malauvé et Le Roux). « L’âge d’or, ce furent les années 1960-1970 où l’on ne comptait pas moins de 230 criteriums dans toute la France, dont une centaine en Bretagne, une quarantaine dans les Côtes d’Armor » (cf. « Au temps des criteriums »).

A partir de 1962 et jusqu’en 1972, date de la fin de sa carrière, le Limousin Claude Mazeaud est un assidu des courses en Bretagne, où il connaît au moins dix succès, dont le Grand Prix de Plouay en 1966.

 


 

1962 : 2ème à Pontivy, 2ème à Pluvignier, 4ème à Plouay

1963 : 4ème à Plouay, 10ème à Hennebont

1964 : 1er à St. Brieuc, 3ème à Boubriac

1965 : 1er à St. Brieuc

1966 : 1er à Plouay

1967 : 2ème à Plancoët, 2ème à Plessala, 2ème à Lescouët-Jugon

1968 : 2ème à Plouha,1er à Guerlesquin, 2ème à Plouëc-du-Trieux, 5ème à Plouay

1969 : 4ème à Plouay, 2ème à Plouha, 3ème à Rostrenen, 1er à Le Quillio, 1er à Meslan

1970 : 2ème à Plouaoulen, 1er à Meslan, 9ème à Plouay, 6ème à Callac, 1er à Cléguerec

1971 : 2ème à Sévignac, 1er à St.Just, 1er à Chateauneuf du Faou

1972 : 6ème à Plouay, 2ème à Pommerit-le-Vicomte


 

. Principaux  résultats de C. Mazeaud en Bretagne. 

 

 Cet attrait pour les épreuves bretonnes tient à deux particularités : d’une part,  les courses sont nombreuses et richement dotées et, d’autre part, la Bretagne offre des reliefs et des parcours semblables à ceux du Limousin, peut-être en raison des circonstances géologiques de formation du sol (cf. la chaîne hercynienne). Pour la plupart, leur place dans le calendrier vient aussi après le Tour de France, fin juillet, en août et début septembre, ce que semble confirmer la création au début des années 60 de la « mi-août bretonne », qui réunit une série de criteriums, peut-être pour « réparer » la disparition du Tour de l’ouest (créé en 1931, dont Joseph Morvan est le dernier vainqueur en 1959).

Habile et véloce sur ces circuits accidentés, C. Mazeaud est assez vite repéré. L’abondance de courses dans un pays définitivement converti au cyclisme par les victoires dans le Tour de France de Robic (1947) et le triptyque de Louison Bobet (1953-54-55) – avant Bernard Hinault, qui permet quelque temps la persistance du phénomène – contribue à l’existence de coureurs professionnels dits de « deuxième catégorie », dont certains se manifestent aussi lors du Tour dans la fameuse équipe de l’Ouest, comme Le Guilly, Barbotin, F. Picot, J. Thomin, J.Gainche…

Mais, les choses ne sont pas aussi simples et, pourtant, il n’est pas encore question de supprimer la catégorie des « indépendants ». Le journal « l’Equipe » publie le 6/9/1959 « une protestation des coureurs professionnels bretons ». A ce moment, ils sont au nombre de 16. Or, le 9 août 1959, il n’y a que six engagés au G.P. de Lanhouarneau, dont deux professionnels. Attaqués dans la presse, les « pros » répliquent par un communiqué dans lequel ils appellent à une meilleure planification des épreuves (à certaines dates, il y a 5 épreuves le même jour, et à d’autres, aucune). Leur statut professionnel dit clairement qu’ils sont là pour « gagner le mieux (leur) vie », que leur « carrière est courte », qu’ils n’ont que « 7 mois dans l’année » pour courir, parfois moins lorsqu’ils sont victimes « d’accidents ».

Presque deux ans plus tard, en 1978, lorsque C. Mazeaud gagne à Guerlesquin (45 coureurs au départ), le même jour a lieu le criterium de C allac où Pingeon « tourne au-dessus du lot… », « devant un public évalué à 18000 personnes » ! En 1965, Poulidor gagne à Callac, pendant qu’Anquetil est à Guerlesquin…

Ensuite, il y a ce que le journal désigne sous le titre : « les tribulations de Maël-Pestivien », endroit où s’est produit une grêve perlée de 46 coureurs laissant partir 17 autres concurrents ayant eu, eux, un contrat… Le comité de Bretagne désigne Mazeaud et Marcarini comme les « meneurs »…

Ce qui montre l’intégration de Claude dans le milieu de ces courses. Cela peut commencer par un « comme tu cours souvent en Bretagne, tu le fais avec nous ? » Le « Nous » ce sera J. Bourlès , F. Le Bihan, F. Le Buhotel et J. Simon. Le petit Limousin sera herbergé en Bertagne chez l’un ou chez l’autre.

Mais, avant qu’il ne soit trop tard, relisons ce que déclare Marc Madiot (actuel directeur sportif de la « FDJ ») dans un interview intitulé « Le vélo, c’est pas un sport de gentillesse » (dans « Pédale ! », HS. De « So Foot », été 2014) : « Mais on était dans la mafia si on était bon ! (…) c’est là qu’on apprend à courir : autour d’un clocher, à emmener un sprint, à faire une cassure… Et puis, les mafias, elles se font la guerre… »

Aujourd’hui, Claude Mazeaud (77 ans) nous surprend avec l’appellation « Hors Concours », qu’il attribue à celui que beaucoup considèrent comme le chevalier de ces courses : François Le Bihan (1935-1972). Le « chevalier Le Bihan » en quelque sorte : un coureur hors du commun (nouvelle H.C. ! bien avant la triste « hors catégorie »). Suivent les récits d’exploits, où les « pros » n’ont pas toujours le beau rôle. Des sprints massifs avec le vent de face ou des sorties d’entraînement où les coureurs ont vite fait de prendre leurs mesures. A propos d’un Tour des Vosges (1971) qu’il finit à la 10ème place, Claude dit de F. Le Bihan : « il nous a écoeuré ! »

Cependant qu’apparaît nettement un code de valeurs partagées : « tu promets… tu as une parole… » que, parfois, « tout le monde voulait gagner »(ce qui peut paraître normal), mais ce qui ne signifie pas la même chose selon qu’il s’agit de « quelqu’un qui court pour lui » ou d’un autre « qui a toujours été correct », avec qui « il n’y a pas de problème ».

 

 . « L’après-carrière » : le commerçant de Bergerac :

 

Pour ceux qui font la fine bouche au moment d’évoquer « les valeurs », sortons alors de la morale et évoquons ce qui se nomme « le sens de la course ». Là encore, il risque d’y avoir divergence entre ceux qui pensent que cela est inné, pendant que d’autres s’appliquent à montrer que cela s’apprend.

Quand il « raccroche » à la fin 1972, C. Mazeaud achète le magasin de M. Fauvel, dans le centre de Bergerac. Il y reste 25 ans, avant de se reconvertir buraliste. Il est alors le concessionnaire des cycles « Peugeot », maison où il a laissé son empreinte. En 1974, le Criterium National a lieu à Belvès. Les « Peugeot » avec leur directeur sportif Gaston Plaud sont chez Mazeaud et, pendant la course, c’est Claude en habit de mécanicien qui « drive » le « team », avec au bout la victoire de Bernard Thévenet.

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 1974, avant le Criterium National qui se dispute à Belvès, les "Peugeot" réunis dans le magasin de Claude :Bourreau, Ovion, Esclassan, Bouloux, Claude, Thévenet, Maingon et Gaston Plaud. 

Quand il raconte, Claude Mazeaud met en scène le stratège, toujours attentif, sachant attendre le bon moment et, surtout prêt à le saisir sans hésiter quand il arrive.

 

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 Les coureurs de l'EVCCBergerac devant le magasin "Peugeot" de Claude. Parmi eux, le deuxième après Claude en partant de la gauche, c'est Dominique Delort et, le deuxième au deuxième rang en partant de la droite, c'est Laurent Mazeaud.

 

Son fils, Laurent, qui a fait ses premières courses avec l’EVCC Bergerac, où il a eu Dominique Delort, le fils de Fernand, comme coéquipier, a été un excellent coureur amateur des années 80. Obligé de s’exiler à Auxerre où il fut champion de Bourgogne et gagna un Tour de la Manche, il a stoppé sa carrière alors que, selon son père, il était « loin d’avoir tout exprimé ». Dans le monde du cheval, il est devenu jockey puis driver.

 

A Biscarosse, sous les pins et près de l’océan, Claude qui a surmonté un accident vasculaire puis une opération de l’aorte, affiche une mine bronzée. Sur la terrasse du mobil home, il y a un vélo de course de petite taille. Survient un écureuil et Claude lui jette quelques morceaux de biscuit…

 

 

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1961 :le Président Daugé passe la maillot de champion de France des "indés" (un peu trop grand) au petit homme, lequel  était encore militaire en Algérie, un an auparavant.


30/10/2014
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